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Deux ans de prison pour un chèque en bois de 636.400 €

Mis à jour le 02/03/2018 à 14:03 Publié le 02/03/2018 à 14:00
Avant de donner un chèque en bois au commerçant, l'homme lui avait montré un relevé  bancaire factice faisant état d'un solde d'un million d'euros.

Avant de donner un chèque en bois au commerçant, l'homme lui avait montré un relevé bancaire factice faisant état d'un solde d'un million d'euros. Photo d'illustration JFO

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Deux ans de prison pour un chèque en bois de 636.400 €

Un joaillier transalpin, appâté par les boniments d'un escroc italien, avait cédé 636.400 euros de montres et bijoux contre un chèque… sans provision! Le prévenu absent à la barre a été condamné à deux ans de prison ferme.

Dans notre édition de Monaco-Matin du lundi 27 mars 2017, nous avions titré: "Il risque un an de prison pour avoir réglé 636.400 euros avec un chèque en bois".

La peine requise à l'époque par le ministère public concernait une affaire d'escroquerie. Dans ce dossier, le plaignant était un commerçant transalpin.

Rassuré par les boniments d'un aigrefin italien, il avait cédé pour 636.400 euros de montres et bijoux sans rien recevoir en échange: la provision était largement insuffisante sur le compte!

Pourtant, le gérant de la SARL Vitale, installée dans le Carré d'Or de la Principauté et spécialisée dans la joaillerie, avait pris toutes les garanties possibles afin de ne pas tomber dans un piège…

Avant de se prononcer, le tribunal avait préféré reporter sa décision à une prochaine audience. D'une part, il invitait le parquet à se rapprocher des autorités italiennes pour connaître l'issue des procédures menées contre le prévenu.

D'autre part, il avait demandé de convoquer à nouveau la victime, absente. Tout comme le Transalpin mis en cause.

"Cet homme n'a jamais été très clair"

Aux fins de complémentarité, le dossier est revenu, mardi, sur la table du tribunal correctionnel, en présence du plaignant, mais sans l'escroc! Les juges ont repris l'affaire à partir du 19 janvier 2015, quand l'arnaqueur ouvre un compte à la SMC pour s'installer en Principauté, afin de mettre en place son stratagème.

Comment gagner la confiance du lapidaire? Le carambouilleur va montrer un faux relevé bancaire sur son iPad où apparaît une somme de 1.000.000 euros.

À la vue de cette provision largement suffisante pour garantir le paiement de la transaction, le gérant acquiesce. En vérité, il n'y a jamais eu autant d'argent déposé sur le compte! Peut-être quelques centaines d'euros tout au plus.

Quand le chèque est remis à l'encaissement, c'est déjà trop tard! Le filou a filé avec pierres et montres sans aucune rétribution en compensation!

"Interrogé, cet homme n'a jamais été très clair, relate le président Florestan Bellinzona à l'audience. D'ailleurs, les policiers italiens ont émis les plus sérieux doutes sur la véracité de ses propos. Il aurait porté plainte à San Remo le jour où il aurait remis les précieux bijoux à un certain Hamed. Il se serait fait agresser et on lui aurait tout volé…"

"On continue dans le burlesque"

Et de poursuivre: "Une décision montre qu'il y a eu d'autres victimes, car il a déjà été condamné dans la Péninsule en 2006 et 2007 pour son implication dans des détournements de bijoux. Puis à Monaco en 2016."

Me Arnaud Cheynut, pour la partie civile, sera plus acerbe.

"Ce personnage a constitué une société à Monaco afin d'obtenir indûment de grosses sommes d'argent. Ces manœuvres frauduleuses ont dupé mon client. On continue d'ailleurs dans le burlesque: faut-il croire le prévenu victime d'un vol avec violence où tous les diamants auraient été dérobés? Au nom de la SARL, il est réclamé 636.400 euros pour réparer le préjudice subi."

"Le prévenu cherche à se soustraire à la justice"

Dans son réquisitoire, le procureur Alexia Brianti évoque, entre autre, un escroc qui sévit dans le Nord de l'Italie, bien connu des services de police transalpine, et revient sur la plainte déposée à Sanremo.

"Cet individu s'en est servi afin de se créer un alibi. Il continuera, le 14 mars 2015 au cours d'une estimation pour des diamants, volés évidemment! Il prendra l'argent et ne remettra jamais les pierres précieuses. On ressent également le caractère réfléchi des autres escroqueries. Sans oublier le préjudice très lourd pour la victime présente qui n'a aucune chance de retrouver son bien. Comme le prévenu cherche à se soustraire à la justice, je propose une condamnation d'un an de prison ferme avec mandat d'arrêt."

Le tribunal doublera la peine requise par le ministère public.


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