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Deux analystes azuréens piratent les réseaux d'une société monégasque

Mis à jour le 10/05/2019 à 09:12 Publié le 10/05/2019 à 09:12
"Ces chevaliers blancs de l'informatique ont soi-disant sauvé les neuf sociétés mises en péril par la SARL Uriel en violant la loi!", s'est exclamé le premier substitut Cyrielle Colle.

"Ces chevaliers blancs de l'informatique ont soi-disant sauvé les neuf sociétés mises en péril par la SARL Uriel en violant la loi!", s'est exclamé le premier substitut Cyrielle Colle. Photo AFP

Deux analystes azuréens piratent les réseaux d'une société monégasque

Un Cagnois de 45 ans et un Niçois de 38 ans écopent de 2.000€ d’amende par le tribunal correctionnel pour avoir pénétré de manière frauduleuse les réseaux d’une société monégasque.

Vol de données numériques sensibles, fraude, malveillance… Les attaques des pirates informatiques prennent de l’ampleur en Principauté. Un directeur de société est venu conter les faits commis par deux anciens salariés de sa boîte devant le tribunal correctionnel de Monaco. Après leur départ de la SARL Uriel Conseil, en 2016, le gérant constate l’hémorragie d’une grande partie de ses clients au cours de l’année 2017. La situation est ubuesque.

Intrigué de voir ses fidèles habitués rejoindre la startup innovante créée par les ex-employés, le gestionnaire se lance dans une sorte de sondage-qualité. Les retours sont unanimes: "La société monégasque est incapable d’assurer les capacités de service comme auparavant…" Très affecté par ce défaut d’efficacité reproché, le directeur soupçonne rapidement ses précédents collaborateurs de malversation.

Tout le système est examiné à la loupe : disques durs, unités centrales et autres périphériques. La démarche n’accouchera pas d’une souris…

Démasqués grâce aux adresses IP

"Tout est parti, révèle le plaignant, de la désactivation de l’antivirus et de nombreuses manipulations frauduleuses. Grâce aux traces des adresses IP du réseau, nous sommes remontés aux auteurs…" Mais "ces deux individus ont nui à la SARL, poursuit amèrement le demandeur. J’ai été obligé de vendre mon affaire à un prix inférieur…"

Au cours de l’instruction, le président Jérôme Fougeras-Lavergnolle s’intéresse de très près aux deux prévenus: un Cagnois de 45 ans et un Niçois de 38 ans. Il les questionne, les cuisine avec insistance sur leurs véritables intentions et démarches afin de forcer l’accès au traitement de l’information. Les analystes réfutent tout piratage et intrusion frauduleuse.

"Les clients nous ont fourni leurs mots de passe. Sans ces sésames nous n’aurions jamais pu effectuer les opérations reprochées. En fait, qui sont les vrais propriétaires des données révisées?"

Une perte de 288.000€

Réfractaires aux prestations qui périclitaient, ils ont préféré "quitter la société monégasque pour offrir une meilleure qualité de service". Me Thomas Giaccardi, conseil de la partie civile, intervient pour recadrer le prévenu le plus impliqué.

"Il déclarait spontanément la vérité devant les services de police. À cette audience, il essaie de minimiser sa participation. Son collègue va nous servir plusieurs versions. Le code d’accès fourni par le client? La personne ne le connaissait pas elle-même… C’est une intrusion et la simple consultation des données est constitutive de l’infraction. Les deux rompent leur contrat de travail le 31 décembre et constituent leur société le surlendemain: c’est un projet mûri! Le préjudice de mon client est considérable : une perte de 288.000€…"

Dans ses réquisitions, le premier substitut Cyrielle Colle souligne "des circonstances aggravantes. Les prévenus ont bien entravé le système en modifiant les données frauduleusement pour “contenter les clients”. Ces chevaliers blancs de l’informatique ont soi-disant sauvé les neuf sociétés mises en péril par la SARL Uriel en violant la loi! Or, dans ce monde de requins sans scrupule, il faut la respecter. Ils ont commis un délit dans un contexte d’appât du gain. Une peine d’amende de 7.000€ à 8.000 les fera réfléchir à l’avenir."

"Mauvaise ambiance"

En défense, pour obtenir la relaxe, Me Arnaud Cheynut bat toutes les accusations en brèche. Leur démission d’Uriel Conseil? "C’est à cause de la mauvaise ambiance."

L’intrusion? La modification? Les nuisances? "Tout était transparent. Mes clients n’ont rien fait en cachette. Ils n’auraient pas pu accéder au système sans connaître les mots de passe."

Leur unique faute? "C’est d’être passé par la SARL afin de modifier leurs propres données au sein de leur startup Eurocap. Non pour la ruiner. Ni nuire." Une perte de 280.000€? "Rien n’est établi au niveau du préjudice."

Le tribunal condamnera chacun des prévenus à 2.000€ d’amende et au versement de 1.500€ à la partie civile.


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