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Deux aides-soignantes soupçonnées de maltraitance dans un Ehpad de Nice

Mis à jour le 20/04/2021 à 18:54 Publié le 20/04/2021 à 16:25
Le tribunal correctionnel a rendu son délibéré à la nuit tombée, lundi soir, renvoyant l’affaire entre les mains du parquet.

Le tribunal correctionnel a rendu son délibéré à la nuit tombée, lundi soir, renvoyant l’affaire entre les mains du parquet. Photo: Christophe Cirone

Monaco-Matin, source d'infos de qualité

Deux aides-soignantes soupçonnées de maltraitance dans un Ehpad de Nice

Deux quinquagénaires ont répondu, ce lundi 19 avril, de mauvais traitements, voire de violences sur les résidents d’un Ehpad à Nice. Le tribunal correctionnel a demandé un supplément d’enquête.

"Jamais je ne l’ai secouée, jamais je ne l’ai frappée! Comment imaginer frapper une femme de 100 ans? J’aime mon métier. On ne peut pas faire ce métier si on n’aime pas les gens." Mireille ne cède rien, à la barre du tribunal comme en garde à vue. Face à une rafale d’accusations de mauvais traitements, sa réponse fuse invariablement: "C’est faux!" Carole se révèle moins à l’aise à l’oral.

Mais ces deux aides-soignantes ont en commun "le mérite de la constance et de la simplicité" dans leur ligne de défense: "Je n’ai rien fait de mal".

Le président du tribunal correctionnel, Alain Chemama, dresse ce constat avec un agacement perceptible. Car les faits reprochés sont graves. Lundi soir à Nice, deux aides-soignantes répondaient de maltraitances dans un Ehpad niçois. Des faits qu’elles nient en bloc. Elles vont pouvoir continuer à clamer leur innocence: l’affaire est renvoyée devant un juge d’instruction. Un fait rarissime.

"Un oeil quasi crevé!"

A l’origine de l’affaire, une plainte émanant du directeur de l’Ehpad Oreadis. Ce dernier rapporte divers signalements visant Carole, 53 ans. Elle était surveillante depuis 2017 dans cette petite structure de 24 lits, située avenue de Brancolar, quartier Cimiez. Une collègue se retrouve mise en cause à son tour. Mireille, 59 ans, douze ans de services chez Oreadis dont huit de nuit, est pointée du doigt par d’autres employés et anciens salariés.

Ces deux femmes sont inconnues de la justice. Les voilà placées sous contrôle judiciaire et suspendues dans leurs fonctions. Carole est même licenciée.

Bousculades, coups sur la main, cris, insultes, agressivité, brimades, gestes brusques, scalps réguliers (déchirures de la couche supérieure de l’épiderme)... Le tableau est atterrant. Durant 2h30, le président Chemama lit les témoignages accablants recueillis par les enquêteurs. Ils ont recensé une douzaine de victimes potentielles de harcèlement moral. Soit la moitié des résidents de l’Ehpad.

Pour l’une d’elles, les accusations sont plus graves encore. Cette dame âgée de 101 ans, d’esprit toujours alerte, a perdu l’usage d’un œil. Elle a nommément accusé "Carole". Cette dernière lui aurait asséné un coup de coude. Alain Chemama résume, en s’adressant à l’intéressée: "On vous met en cause, rien de moins que pour lui avoir porté un coup qui lui aurait quasiment crevé un œil!"

"Complot", "lynchage"...

Carole le jure: elle n’y est pour rien. Selon elle, la centenaire a pu se blesser toute seule. Tétanisée, elle se défend maladroitement jusque dans le choix des mots - "Je ne m’en occupais pas", répète-t-elle, comme on parlerait d’un objet. Son avocat l’admet: cette attitude la dessert. Mais Me Thierry Pierre Berthelot décrit une femme "totalement ravagée" par cette histoire.

Car Carole, comme Mireille, crie au "complot". A une cabale orchestrée par une employée, qui aurait fédéré contre elles une partie du personnel. "Toutes les aides-soignantes se sont liguées contre moi, déplorait Carole en garde à vue. Mais j’aime mon travail. Je n’ai rien à me reprocher!"

Mireille parle de "lynchage". Elle s’estime "très professionnelle". Comment expliquer, alors, que des résidents n’osent plus solliciter d’assistance la nuit, quand Mireille est de permanence? "Tous les résidents m’apprécient", rétorque-t-elle. Difficile d’avoir un autre point de vue: aucune victime, aucun proche, aucun témoin n’est présent dans la salle.

Prison avec sursis requise

Professionnelles, Mireille et Carole? Sans doute, concède le procureur Marie-Eve Parant. Mais "des professionnelles qui arrivent en bout de course, en tout cas pour la gériatrie. Elles ne sont plus capables de faire ce métier qui demande beaucoup d’humanité".

Voilà pourquoi le parquet requiert une interdiction définitive d’exercer cette activité - en plus d’une peine de 8 mois de prison avec sursis pour Carole, et 4 mois avec sursis pour Mireille.

Cette dernière fond en sanglots. "Je n’ai jamais fait ce dont on m’accuse. Jamais, jamais! J’ai peut-être mon franc-parler, mais je ne suis pas méchante..." Carole persiste et signe: "J’ai fait de mal à personne. Je n’ai jamais eu de geste déplacé."

Le tribunal a demandé un supplément d'information

Leurs avocats vont faire basculer le procès. Me Kevin Graziani, conseil de Mireille, dénonce "des rumeurs de village", les "inventions d’autres salariés", "un pseudo interrogatoire orienté". Me Berthelot relève "l’absence totale d’éléments objectifs", une "enquête plus que lacunaire", la négation "du principe d’un procès équitable".

Tous deux plaident pour un supplément d’information. Le tribunal les suit. Il estime que "la complexité de l’affaire nécessite des investigations supplémentaires approfondies". Retour à la case départ. La suite est entre les mains du parquet. Carole et Mireille quittent l’audience soulagées. Elles restent présumées innocentes.

Offre numérique MM+

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