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Dérangé par sa voisine en plein acte sexuel, il la menace de mort

Mis à jour le 02/03/2018 à 12:10 Publié le 02/03/2018 à 12:10
"Je n’ai jamais eu de contact direct avec ces personnes", s’est défendu le prévenu.

"Je n’ai jamais eu de contact direct avec ces personnes", s’est défendu le prévenu. Photo Patrice Lapoirie

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Dérangé par sa voisine en plein acte sexuel, il la menace de mort

Insupportée par les gémissements, la femme enceinte a tapé sur le mur jusqu’à provoquer la colère de son voisin… qui a été encore plus loin après la naissance de l’enfant. Il écope de 10 jours ferme.

On nage en pleine phallocratie avec cette affaire jugée, en ce début de semaine, par le tribunal correctionnel de Monaco.

Le prévenu, un Français résident de la Principauté, a été condamné à dix jours d’emprisonnement ferme, 600 euros d’amende et au versement de 15.000 euros à la partie civile, pour menaces verbales de mort envers une jeune femme enceinte.

Venons-en aux faits. Si gémissements et cris accompagnent logiquement les rapports sexuels, certains partenaires s’avèrent particulièrement bruyants au cours de l’acte.

Ce besoin de s’exprimer à très haute voix, n’était pas du goût du voisinage. D’autant que dans l’immeuble "L’Edelweiss", théâtre des opérations, l’isolation phonique semble bien insuffisante!

Le 26 avril dernier, en effet, râles sibilants et cris d’orfraie perturbent une future maman dans l’appartement mitoyen. Décemment, elle tape plusieurs fois avec sa main sur le mur afin de sensibiliser le couple sur leur comportement inconvenant.

apeurée, elle reste cloîtrée

La plaignante croit obtenir satisfaction en ayant mis fin à l’agréable récréation. Erreur! Dans les secondes suivantes, l’homme sort dans le couloir et hurle de colère d’avoir été interrompu dans ses impulsions sexuelles. Les insultes et menaces sont proférées…

Au point de voir les policiers arriver pour remettre de l’ordre à l’étage. Encore plus furieux après l’intervention des agents, le quadragénaire invective à nouveau la voisine.

Apeurée, elle reste cloîtrée dans son appartement et rappelle à nouveau les fonctionnaires de la Sûreté publique.

dans une rage folle

Cette fois, les représentants de l’ordre public se glissent discrètement dans l’immeuble.

Ils sont surpris d’entendre l’individu, dans une rage folle, menacer de mort la jeune femme et son fœtus! Ils interviennent pour mettre à l’abri la victime chez sa belle-mère. Un dépôt de plainte suit…

Bien plus tard, le 17 septembre 2017, l’enfant est né et comme tout bambin âgé de quelques jours, il braille "à faire sourd un chantre", dixit Victor Hugo.

enregistré à son insu

Ce soir-là, vers 20 heures, le voisin irascible ne supporte plus les cris et pleurs du nourrisson. Il frappe sur la cloison à son tour.

Est-ce parce qu’il vient justement de recevoir la convocation pour se rendre dans les locaux de la rue Suffren-Reymond afin de répondre à la première plainte?

Décidée d’en finir avec ce malotru, la famille enregistre, à son insu, les propos et menaces vociférés pendant quatre minutes.

"L'introduction
de la raquette dans l'anus"

Le mari, qui est un joueur de tennis de table, se voit ainsi proposer "l’introduction de la raquette dans l’anus"...

Le lendemain, un médecin prescrit des médicaments et trois jours d’ITT à la jeune femme tombée en déliquescence. S’en est trop! Avec la nouvelle plainte, le parquet qualifie le flot d’insultes et de menaces en violences.

Entretemps, le jeune couple se rapproche du service de l’Habitat afin d’obtenir un autre appartement. Enfin, le dossier est parvenu sur la table du tribunal correctionnel.

"oui, je parle
un peu fort"

Le président Morgan Raymond rappelle les faits et se montre assez ferme envers le prévenu.

"Pourquoi menacer de mort une jeune femme enceinte? Vous êtes même mécontent et irrespectueux avec les policiers. Vous n’arrivez pas à vous contrôler? Vous avez été condamné plusieurs fois pour outrages et conduite en état d’ivresse. Expliquez-vous!"

Le fautif pensait "ne jamais en arriver à cette attitude. Car je n’ai jamais eu de contact direct avec ces personnes. L’intervention des policiers était disproportionnée. Car je n’ai jamais été menaçant ni voulu nuire. Oui, je parle un peu fort!"

"provocation inacceptable"

La partie civile, par la voix de Me Arnaud Cheynut, va rappeler les faits de harcèlement, de menaces et de violences continuelles, avec des conséquences importantes pour une femme en état de grossesse.

Le couple a déboursé des sommes importantes pour se reloger et l’avocat réclame 15.000 euros de dommages et intérêts.

Le premier substitut Olivier Zamphiroff trouve également "cette attitude de provocation inacceptable. L’infraction est caractérisée. Vous devrez condamner ce personnage à une peine de prison ferme de dix jours et une forte amende."

Pour essayer de redonner du lustre à son client, Me Thomas Brezzo le décrit "comme un brave type, haut en couleurs. C’est un artiste, un épicurien qui aime la vie. Certes, il est dérangé en plein ébat par sa voisine et il ne supporte pas les pleurs du bébé. Mais le trouble n’est pas à l’origine du déménagement. C’est une volonté de trouver un logement plus grand. Il n’y a pas de nécessité d’enfermer le prévenu. Peine et préjudice sont exagérés."

Le tribunal suivra les réquisitions du ministère public.


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