“Rhôooooooooo!”

Vous utilisez un AdBlock?! :)

Vous pouvez le désactiver juste pour ce site parce que la pub permet à la presse de vivre.

Et nous, on s'engage à réduire les formats publicitaires ressentis comme intrusifs.

Je veux bien mais j'ai la freebox

Connectez-vous

pour sauvegarder mes filtres et personnaliser mon flux

continuer sa lecture

lire le journal

Dépouillée, la prostituée accuse son client de viol

Mis à jour le 14/01/2017 à 05:08 Publié le 14/01/2017 à 11:55
Le tribunal de Monaco.Illustration Palais de Justice de Monaco

Le tribunal de Monaco.Illustration Palais de Justice de Monaco Photo Michaël Alesi

Dépouillée, la prostituée accuse son client de viol

Parce qu'il lui aurait piqué sa recette dans son sac à l'issue d'une prestation tarifée, le client roquebrunois a été condamné à 1 500 euros d'amende par le tribunal correctionnel de Monaco

La péripatéticienne et l'homme à tout faire. Cela n'a rien d'une fable ! L'affaire, évoquée devant le tribunal correctionnel, est plutôt liée à un rapport tarifé qui ne s'est pas conclu comme prévu. Au final, en avouant le vol de 800 € dans le sac d'une prostituée, le client écope 1 500 € d'amende. Le tout dans un contexte d'accusation de viol…

La scène se déroule dans la nuit du 10 mai 2015, dans la chambre 123 d'un hôtel monégasque. À l'issue d'une soirée festive bien alcoolisée, un jeune agent de maintenance fait la connaissance d'une demi-mondaine prête à satisfaire tous les appétits charnels contre rémunération. Quelques regards aguicheurs à l'entrée du bar du palace, puis le couple file en se tenant par la main et en s'embrassant langoureusement. Quand la prostituée lui présente la note, 300 €, ce smicard de Roquebrune-Cap-Martin s'affole…

"Je ne savais pas que c'était une prostituée"

Plus aucune information ne filtre ensuite sur cette aventure. Jusqu'à 13 h 30 où des policiers arrivent dans le hall. Une dame se plaint d'avoir été violée dans une chambre. Elle constate également qu'on l'a délestée de sa recette de la soirée. Soit deux prestations respectives à 1 000 € et 400 €.

Le voleur aurait même fait main basse sur le pourboire : 30 €. La vidéosurveillance, hors la chambre évidemment, avait en mémoire le chemin parcouru par le couple dans l'hôtel. Le coupable est identifié.

À la barre, le prévenu n'a pas de mal à réfuter le viol. Mais il est un peu candide. "Vous n'aviez pas d'argent et vous allez avec ce genre de femme?" demande le président Jérôme Fougeras Lavergnolle.

"Je ne savais pas que c'était une prostituée, assure le prévenu. Elle ne me l'a jamais dit et elle était habillée très chic."

Le magistrat poursuit : "Vous reconnaissez lui avoir pris de l'argent?" L'homme de 28 ans avoue : "Après l'étreinte je ne voulais pas m'attarder. Alors, pendant qu'elle était sous la douche, je m'aperçois qu'elle a des espèces dans son sac. J'ai pris quatre billets de 200 €. C'est tout ! Je n'aurais jamais dû ! Je le regrette ! J'ai eu une réaction de gamin…"

Le président y voit "un moyen de vous rembourser et même plus. Car c'était bien vous qui aviez payé la chambre. Vous étiez gagnant sur les tous les tableaux. Mais quand vous avez été arrêté le lendemain, les policiers ont trouvé 1 300 € sur vous…"

Le prévenu assure qu'il allait "visiter un appartement à Carnolès et les billets servaient à payer une éventuelle caution". Le magistrat est sceptique. "Le lendemain, le 11 mai vous offrez un déjeuner à un ami étonné, qui vous considère comme un radin. Si on fait le compte de l'argent sur vous, plus le prix du repas, on arrive au montant de la somme déclarée volée dans son sac par la plaignante."

Le prévenu campe sur sa position.

La thèse du "coup de foudre"

"Pourquoi Monsieur aurait-il pris uniquement 800 € alors qu'il avait l'intégralité de la somme à portée de main ? s'étonne le procureur Alexia Brianti. Il gagne quelque 1 500 € par mois, il est rarissime d'avoir autant d'argent dans ses poches quand il est interpellé. Il n'en explique pas la provenance. C'est donc bien 1 430 € qu'il a dérobés. Alcool, rapports sexuels, argent… On ne peut pas avoir le beurre et l'argent du beurre. Avec un précédent pour des faits similaires, ce n'est pas un novice. Prononcez une peine d'amende conséquente : 1 500 €."

La défense sortira ses armes. "Pendant les quarante-huit heures de garde à vue, constate Me Déborah Lorenzi-Martarello, la version de mon client est invariable. Celle de la plaignante est incohérente. Alors, pourquoi ne pas apprécier la vérité du prévenu ? Ne donnez pas autant de crédit à une menteuse ! Ce jeune homme est immature et croit encore au coup de foudre. Soyez clément!"

Le tribunal suivra les réquisitions du ministère public.


La suite du direct