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Dénoncé pour usage de drogue, il tombe pour trafic de voitures et de GPS

Mauvais « cavalier » lors d'une soirée, un Monégasque avait été accusé par deux femmes de leur avoir proposé de la cocaïne. Après enquête, un commerce illicite de GPS et de voitures a émergé

JEAN-MARIE FIORUCCI Publié le 09/06/2017 à 05:22, mis à jour le 09/06/2017 à 10:50
Le prévenu a prétendu faire semblant de sniffer mais a avoué pour les voitures. Photo d'Illustration Ph. Bertini

Dans ces mêmes colonnes, nous évoquions, le samedi 21 janvier 2017, une affaire de dégradation de véhicule volontaire. Brièvement, un Monégasque fortuné avait invité deux jeunes femmes au "Sass' Café". Au moment de payer l'addition, l'homme leur demandait de régler leurs consommations. Outrée par la goujaterie du mufle, l'une d'elles se vengeait en rayant la Bentley de son "hôte" avec une clé. Elle était condamnée par le tribunal correctionnel à une peine d'amende de 500 euros avec sursis. Plus le remboursement de la facture du carrossier : 6.237 euros.

Mais l'histoire n'était pas pour autant terminée. En représailles, les impertinentes racontaient aux policiers que le "cavalier" leur avait proposé de la cocaïne. Aussitôt les enquêteurs mettaient l'individu suspecté sur écoute.

En guise de drogue, ils découvraient un trafic de GPS pour véhicules Smart, volés dans la région parisienne et transportés par un photographe français résidant en Principauté. Interpellés, les deux magouilleurs étaient incarcérés… Puis libérés ! Sans oublier l'activité artisanale très lucrative de vente de voitures "au noir"!

 

Mardi, à l'audience, le Monégasque se défend, d'emblée, d'avoir offert de la drogue aux deux filles. "Vous dites qu'elles mentent, relève le président Jérôme Fougeras Lavergnolle, mais bien d'autres personnes vous accusent de consommer de la coke!"

Le prévenu prétend qu'à chaque fois il faisait semblant de sniffer… "On vous reproche aussi d'acheter des véhicules d'occasion en passant des annonces sur le site leboncoin.fr, poursuit le magistrat. Vous les faisiez remettre en état par un copain garagiste de Roquebrune-Cap-Martin et vous les revendiez trois mois plus tard avec un gain! De 500 euros à 1.000 euros pour les petites autos et de 3.000 euros à 5.000 euros pour les grosses berlines. Tout cela sans autorisation administrative."

Et de soulever: "Pourtant, votre banquier et votre assureur vous avaient mis en garde sur la multiplicité des dépôts en chèques et en espèces. Entre 2012 et 2015, vous avez déposé sur le compte de la Société Générale 252.000 euros et vous en avez retiré 77.500 euros. Vous avez fait immatriculer 96 voitures en quatre ans auprès du Service des Titres de Circulation de Monaco…" Au passage, le président trouve bizarre que cette administration n'ait jamais réagi face aux nombreuses demandes de plaques minéralogiques…

Sans scrupule, le prévenu estime qu'il n'a rien fait "de grave. J'achetais des voitures. Je les retapais et j'en profitais." Réaction presque brusque du magistrat: "Vous êtes monégasque! Il n'y a pas besoin d'autorisation pour se lancer dans une activité commerciale. Une simple déclaration suffit. Alors, pourquoi ne pas avoir créé une société avec toutes les facilités offertes? Vous préfériez ne pas payer les taxes ni la TVA…"

 

Le coupable ne s'est jamais "senti hors-la-loi. Car pour obtenir des locaux, il faut investir une somme énorme et payer en plus l'argent des loyers…"

Progressivement, une vérité judiciaire émane de ce dossier pour le procureur général Jacques Dorémieux. "L'un comme l'autre, ils connaissaient la provenance douteuse des GPS. Le photographe était en relation avec les fournisseurs de la région parisienne. Donc ce n'était pas qu'un simple transporteur. Quant aux véhicules, on est face à une entreprise à but lucratif et non une passion pour l'automobile avec une fraude à la TVA. Ce business aurait prospéré grâce aux connaissances. Reste à étalonner la peine pour le Monégasque : un an d'emprisonnement avec sursis. Pour le photographe, aucun intérêt non plus à le renvoyer en prison : trois à quatre mois avec sursis."

Pour ce dernier, Me Sarah Filippi reconnaît que son client "s'est fait prendre au jeu. Il va payer la marchandise sans faire le moindre bénéfice. Son incarcération a été traumatisante. Soyez indulgents!"

Pour Me Christophe Ballerio, défenseur du principal responsable, "cette procédure aura eu le bon côté d'apprendre le droit à mon client. Pour la drogue, les accusations sont mensongères et émanent d'une simple vengeance. Pour les véhicules, il avait pris le soin de les immatriculer et de les assurer. S'il avait su qu'une simple déclaration suffisait, il aurait réagi aussitôt. Soyez clément pour cet homme de trente ans qui n'a aucun antécédent judiciaire."

Le tribunal a mis sa décision en délibéré jusqu'au mardi 20 juin prochain.

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