“Rhôooooooooo!”

Vous utilisez un AdBlock?! :)

Vous pouvez le désactiver juste pour ce site parce que la pub permet à la presse de vivre.

Et nous, on s'engage à réduire les formats publicitaires ressentis comme intrusifs.

Je veux bien mais j'ai la freebox

Connectez-vous

pour sauvegarder mes filtres et personnaliser mon flux

continuer sa lecture

lire le journal

Déjà condamnée une vingtaine de fois, une voleuse en série à nouveau arrêtée pour avoir subtilisé un sac Versace à... 1.490€

Mis à jour le 10/01/2019 à 08:52 Publié le 10/01/2019 à 09:00
C’est dans l’une des boutiques du Métropole Shopping Monte-Carlo que le vol a eu lieu.

C’est dans l’une des boutiques du Métropole Shopping Monte-Carlo que le vol a eu lieu. Photo d’archives Cyril Dodergny

Déjà condamnée une vingtaine de fois, une voleuse en série à nouveau arrêtée pour avoir subtilisé un sac Versace à... 1.490€

Une vingtaine de condamnations en France, quatorze années passées derrière les barreaux... En juin 2017, cette Niçoise de 39 ans a récidivé à Monaco en volant un sac d’une valeur de 1.490€.

Elle se tient bien droit à la barre des prévenus. Ne bégaye guère lorsqu’il faut répondre de ses actes devant le président du tribunal correctionnel de Monaco.

Au premier abord, difficile d’imaginer que cette Niçoise de 39 ans possède un casier judiciaire long comme le bras, de l’autre côté de la frontière. Une vingtaine de condamnations depuis 1995 – principalement pour vols et escroqueries – et presqu’un tiers de sa vie passé derrière les barreaux (14 ans!).

Ce mardi, encore, cette mère de sept enfants, dont quatre encore à charge, devait répondre d’actes similaires, cette fois-ci commis sur le territoire de la Principauté.

Était-ce une pulsion?

Ce 19 juin 2017, malgré une mesure de refoulement depuis de nombreuses années, elle se rend en Principauté pour "faire des courses". Dans l’une des boutiques du Métropole Shopping Monte-Carlo, à 16h16 très précisément, elle subtilise un sac Versace à 1.490 euros.

Avant de continuer son tour dans la galerie où elle se procure, légalement cette fois-ci, une paire de lunettes à 305 euros.

Entre-temps, la vendeuse du magasin précédent se rend compte du vol et alerte la Sûreté publique pour déposer plainte. Laquelle identifiera la prévenue qui sera entendue quelques mois plus tard par la gendarmerie française.

"Auriez-vous eu une pulsion? Ou bien êtes-vous venue à Monaco pour voler un sac?", questionne le président Jérôme Fougeras-Lavergnolle.

Réponse de l’intéressée: "Je ne sais pas si je suis cleptomane. J’ai eu des condamnations à des soins obligatoires. Je vois un psychiatre. Oui, c’est un problème et c’est plus fort que moi", répond-elle, avançant le fait "qu’il fallait que ça s’arrête".

"Pas de laxisme!"

Peu après les faits, en novembre 2017, la prévenue a créé une entreprise d’événementiel, notamment en organisant des mariages.

Alors, réelle rédemption? Ou habile posture dans le cadre de l’audience? Le premier substitut Olivier Zamphiroff opte pour le second scénario. Celui-ci n’a guère goûté aux propos de la prévenue qui avançait que sa personnalité serait due à son parcours judiciaire.

"De mon point de vue, je vois plutôt qu’elle se reconstitue une carapace qu’elle va présenter au tribunal. Il y a beaucoup d’escroqueries dans ce casier judiciaire. Il y a certaines façons de se présenter au tribunal qui m’inquiètent! Je ne vais pas dire qu’on voudrait obtenir par escroquerie un jugement de relaxe mais je suis impressionné par tant de talent! Elle est oublieuse complètement de ce passé judiciaire. Aujourd’hui, on a droit à une “psychiatrisée” et une cheffe d’entreprise. Non! Délinquante, au premier chef! Pas de laxisme! On ne peut pas avoir d’autres possibilités qu’un emprisonnement ferme. Je réclame six mois."

La défense, représentée par Maître Xavier-Alexandre Boyer, tente de désamorcer les choses. "Je ne pense pas que ma cliente ait voulu dire que c’était la faute du système judiciaire mais que c’était de sa faute. Depuis son dernier séjour en détention, elle avait enfin pris conscience que son comportement était grave et que cette spirale de délinquance devait cesser pour elle et ses enfants. Il n’y a pas de pathologie, ce sont des vols! Elle a cédé à la tentation. Je ne pense pas qu’elle ait créé une entreprise pour les besoins de l’audience. C’est un projet qui la met en valeur. Il y a une vraie volonté de tourner la page. Dans l’éventualité d’une peine ferme, je solliciterai le fractionnement pour qu’elle puisse continuer à avoir une activité professionnelle et puisse s’occuper et garder le lien avec ses enfants. Sinon, cela aura des conséquences dévastatrices."

Exécution fractionnée

"Oui, c’est une vraie entreprise. J’y prends beaucoup de plaisir et je le fais avec mon cœur, renchérit la prévenue. Oui, je suis en train de régler mes soucis par des démarches médicales. Je gagne de l’argent, je n’ai pas honte de le dire."

Le tribunal prendra en compte l’absence du père et la nécessité pour la mère de s’occuper des enfants et de faire tourner son business, en la condamnant à deux mois ferme avec une exécution fractionnée. La presque quadragénaire ne passera que les week-ends derrière les barreaux.

Une vue de Monaco.
Une vue de Monaco. Photo Cyril Dodergny

La suite du direct