Déjà condamné plusieurs fois pour abandon de famille, un père obtient un dernier sursis de la justice à Monaco

Le père de famille a obtenu un sursis des juges jusqu’en 2024 pour régler sa dette, sous peine de finir en prison. Son ex-femme invoque un dû de 320.000 euros.

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Jean-Marie Fiorucci Publié le 07/11/2022 à 16:00, mis à jour le 07/11/2022 à 10:20
S’il veut éviter la prison, le prévenu devra s’acquitter de sa dette avant juillet 2024. Sébastien Botella

Un père de famille britannique, résidant en Principauté, avait l’obligation d’affronter une nouvelle fois la justice.

Le 22 juin 2021, le tribunal correctionnel avait déjà condamné ce quinquagénaire pour abandon de famille à une peine de deux mois d’emprisonnement assorti du sursis et placement sous le régime de la liberté d’épreuve pendant trois ans.

Autre astreinte : l’exécution du paiement de la pension alimentaire de 600 euros à son enfant et verser à son ex-épouse la somme de 3 000 euros de dommages.

La sanction aggravait les précédents jugements rendus depuis 2010 par cette même juridiction. Sans oublier un arrêt de la Cour d’appel qui avait évalué le montant total de la prestation compensatoire à 60 000 euros.


Certes, en grande majorité divorce et argent vont de pair. Mais c’est surtout un père indigne et apparemment irresponsable à la barre. Il est toutefois très attentif dès le rappel des faits par le président Jérôme Fougeras Lavergnolle (*).

Une dette de 320.000 euros invoquée


"Deux enfants sont nés de cette union. Un est majeur. La fille cadette est encore mineure. À part quelques rares versements partiels sur la part contributive, a insisté le magistrat, à ce jour 2 900 euros sur l’année, aucun apport est venu solder la pension alimentaire, pourtant avec un salaire de 5 300 euros. Sur votre casier monégasque, figurent quatre mentions pour non-paiement des cotisations sociales et abandon de famille."


À l’époque, ce designer avait toujours feint une situation précaire temporaire. Jusqu’à affirmer de nouveau à l’audience qu’il était "dans l’impossibilité matérielle d’assurer l’ensemble de ses obligations". Quant à son ex-femme, aujourd’hui domiciliée en Allemagne, elle estimait déjà à l’époque un montant de 320.000 euros à lui devoir et elle a toujours dénoncé le plus grand désarroi depuis des années à cause de la négligence du père de ses enfants.

"Faut-il envoyer cet individu en prison ?"


L’insolvabilité prétendue a irrité le premier substitut Valérie Sagné. "C’est le non-respect d’une décision judiciaire ! Faut-il révoquer le sursis et envoyer cet individu en prison ? Cela entraînerait des conséquences énormes, sanctionner tout de même cette certaine légèreté dans le comportement du prévenu."


Le message de la parquetière est clair si l’intéressé ne veut pas faire un stage à la maison d’arrêt.
Le tribunal a abondé dans le sens des réquisitions du ministère public. Avec l’obligation faite au prévenu de payer intégralement sa dette, au plus tard le 14 juillet 2024.

 

* Assesseurs : Florestan Bellinzona et Geneviève Vallar.

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