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D’où provenaient les 350 faux billets de 100 € misés au casino ?

Mis à jour le 14/03/2019 à 10:18 Publié le 14/03/2019 à 10:18

D’où provenaient les 350 faux billets de 100 € misés au casino ?

Condamné en son absence à deux ans de prison ferme en avril 2018, le prévenu, qui se dit richissime, continue de clamer son innocence. Jugement le 26 mars

Un aristocrate indien, accompagné d’une assistante russe, a déposé le 2 juin 2015, sur les tapis verts du casino de Monte-Carlo, 350 billets de 100 e contrefaits, mêlés à 156 coupures authentiques de la même valeur. Il récupérait en retour plaques et jetons ! Une alchimie facile pour convertir à la caisse la monnaie de singe en espèces sonnantes et trébuchantes. Alors, est-il innocent, comme le prétend ce quinquagénaire vivant à Dubaï, victime d’une ténébreuse machination ?

Absent à l’audience du 17 avril 2018, le tribunal l’avait condamné à deux ans de prison ferme par défaut et obligation d’indemniser la partie civile, avec mandat d’arrêt. Extradé d’Allemagne le 26 novembre dernier, il arrivait en Principauté pour être incarcéré. Le détenu faisait aussitôt opposition au jugement. Laissé en liberté sous caution, avec interdiction de sortir du territoire en attendant sa prochaine comparution, le prévenu s’est enfin retrouvé devant le tribunal.

« J’ai une fortune personnelle »

Les faits débutent avec le dépôt de plainte d’un commissaire de la SBM. Sur les tables du Sun Casino, il a découvert des faux billets de médiocre qualité. Les caméras de vidéosurveillance montrent un joueur suspecté par la somme déposée sur le tapis vert : 74 000 e en espèces. Puis, deux jeunes femmes changent l’équivalent de 35 000 e en cash pour son compte.

Fin décembre, ce même homme, « étiqueté bon client au casino » est de retour à Monaco. Il est interpellé. Au cours de la longue instruction, le président Jérôme Fougeras-Lavergnolle rappelle : « Il vous est arrivé des ennuis identiques au casino de Salzbourg, en Autriche, avec 450 faux billets de 100 e. Le tribunal a considéré que vous connaissiez l’origine des fausses coupures. »

Le prévenu est presque indigné des infractions reprochées. « Pourquoi me reproche-t-on des faux billets ? J’ai une fortune personnelle. J’ai assez de sang royal et de liquidités disponibles pour ne pas tremper dans ce genre d’affaire. C’est ma collaboratrice qui s’est occupée de changer les francs suisses en euros. D’ailleurs, elle n’est plus à mon service depuis qu’elle m’a volé. J’ai porté plainte. Je ne sais donc pas d’où proviennent ces billets contrefaits. »

Pour le premier substitut Cyrielle Colle, « des éléments prouvent sa culpabilité. A la table de jeux, il mise directement avec les billets sans passer par le caissier. Quand il change les jetons récupérés, l’argent remis n’est pas réintroduit dans le circuit. Même procédé en Autriche ».

« Nous espérons la relaxe »

Et de poursuivre afin de battre en brèche une soi-disant richesse : « Il oscille entre contradictions et mauvaise foi. Il dit être immensément fortuné avec de nombreuses sociétés. Or, il est administrateur d’une seule. Tous les autres documents fournis ne le concernent pas. Ses cartes bancaires sont de 2008 et 2009. Il y a aussi une procédure de chèque sans provision aux États-Unis datée de 2015. » Il sera requis six mois d’emprisonnement ferme et en cas de sursis le tribunal devrait prévoir une forte amende.

En défense, Mes Nino Parravicini, du barreau de Nice, et Hervé Campana plaideront la bonne foi de leur client.

« Il a dépensé à Monaco 300 000 e. La somme ne donne-t-elle pas l’ampleur de son addiction au jeu ? Quant aux 35 000 e en faux billets, il a tenu à indemniser la SBM dès qu’il a eu connaissance de l’affaire. Il a également payé la caution de 100 000 e dans la journée. Enfin, pourquoi tirer prétexte du dossier autrichien alors qu’il a été classé sans suite pour un délit qui n’est pas constitué ? A aucun moment l’intéressé s’est comporté comme un délinquant. Notre client n’est pas responsable et nous espérons la relaxe de votre tribunal. »

L’affaire a été mise en délibéré jusqu’au 26 mars.


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