“Rhôooooooooo!”

Vous utilisez un AdBlock?! :)

Vous pouvez le désactiver juste pour ce site parce que la pub permet à la presse de vivre.

Et nous, on s'engage à réduire les formats publicitaires ressentis comme intrusifs.

Je veux bien mais j'ai la freebox

Connectez-vous

pour sauvegarder mes filtres et personnaliser mon flux

continuer sa lecture

lire le journal

Coup de tonnerre à Monaco: Edouard Levrault, le juge de l’affaire Rybolovlev, sur le départ

Mis à jour le 26/06/2019 à 13:36 Publié le 26/06/2019 à 13:36
Edouard Levrault, en août 2013, lors de son arrivée au palais de justice de Grasse avec sept autres  magistrats.

Edouard Levrault, en août 2013, lors de son arrivée au palais de justice de Grasse avec sept autres magistrats. Photo Nice-Matin

Coup de tonnerre à Monaco: Edouard Levrault, le juge de l’affaire Rybolovlev, sur le départ

Selon une information de nos confrères de Mediapart, le contrat du juge Edouard Levrault, qui instruisait l’affaire la plus médiatisée de la principauté, opposant l’homme d’affaires russe au marchand d’art Yves Bouvier, n’a pas été renouvelé. Une information que confirment des sources officieuses à Nice-Matin. Son détachement de trois ans arrivait à échéance en septembre.

Limogé ou non renouvelé? Tout se jouera dans l’appréciation de la situation.

Selon nos confrères de Mediapart, le juge s’est vu annoncer son non renouvellement ce lundi. Toujours selon Mediapart, le contrat de trois ans du juge devait être reconduit, mais les autorités de la Principauté auraient changé d’avis.

Laurent Anselmi, directeur des services judiciaires, contacté par Nice-Matin, n’a pas souhaité commenter.

En févier 2018, il déclarait dans Monaco-Matin, sur la question du renouvellement des magistrats français en détachement: "Edouard Levrault sera concerné en octobre 2019. D'ici là, il aura largement le temps de terminer son instruction. Sans compter que l'instruction est également menée par Morgan Raymond, un juge monégasque inamovible."

Et d’ajouter, en septembre 2018 : "(...) à la suite de la prochaine commission mixte de coopération franco-monégasque, en février prochain, une négociation devrait s'engager sur le sujet afin d'établir une période unique pour le détachement des magistrats. Elle pourrait se situer entre quatre et cinq ans. En attendant, je n'éprouve aucun souci sur d'éventuels renouvellements…"

Cette décision est en tout cas un véritable coup de tonnerre sur le Rocher.

Rybolovlev, l'ancien garde des sceaux, sûreté publique

Les méthodes du juge Edouard Levrault ont-elles déplu en haut lieu? Car le magistrat français avait frappé fort. Dans le dossier qui oppose l’homme d’affaires russe au marchand d’art, il avait inculpé le premier. Tout comme il avait inculpé l’ancien garde des Sceaux, Philippe Narmino (directeur des services judiciaires), précipitant son départ, mais aussi sa femme et son fils.

Autre inculpé, l’ancien ministre de l’Intérieur (conseiller de gouvernement-ministre), Paul Masseron. Tous poursuivis pour trafic d’influence, corruption passive et violation du secret de l’instruction.

Edouard Levrault avait également provoqué une crise profonde, qui couve toujours au sein de la police monégasque, en inculpant Christophe Haget, patron emblématique de la police judiciaire monégasque et son adjoint, Patrick Fusari. Même sort pour Régis Asso, ex directeur de la Sûreté publique. Fait inédit en principauté, plus d’une centaine d’agents de la Sûreté monégasque avaient manifesté devant le palais de justice pour soutenir leurs collègues.

Dans un portrait que Nice-Matin avait consacré à Edouard Levrault, il était décrit par ceux qui le connaissent comme un juge compétent, "mais chevalier blanc".

Un ancien collègue magistrat grassois, commentait: "Dans le métier de juge d'instruction, le côté cabotin est dangereux. Le danger qui guette, à ne pas se tempérer? C'est d'aller trop loin."

Edouard Levrault est-il allé trop loin? Ce tableau de chasse impressionnant n’a pour l’instant pas débouché judiciairement, ouvrant la porte à nombre d’interrogations sur la solidité des charges retenues. Selon Mediapart, d'autres inculpations étaient dans les tuyaux. Le juge n’aura en tout cas pas le loisir de mener son instruction jusqu'au bout.

"Ça va provoquer un tollé"

En novembre 2018, dans une interview accordée à Monaco-Matin, le prince Albert II s'était exprimé sur l'affaire : "Au-delà de l’indépendance des juges, l’indépendance de la justice est une des conditions d’un État de droit. C’est une réalité en Principauté, j’y ai toujours veillé et je continuerai à le faire. J’ai beaucoup de respect pour cette institution, il faut qu’elle puisse faire son travail dans la plus grande indépendance et la plus grande sérénité. Parfois il y a beaucoup de passion, comme dans cette affaire, mais il faut absolument préserver cette indépendance."

Contacté, le bureau du juge Edouard Levrault indique que le magistrat est "injoignable pour le moment".

L'affaire fait en tout cas déjà beaucoup parler en principauté. "Ça va provoquer un tollé et encore donner une drôle d'image de Monaco", se désole un avocat.


commentaires

Les insultes, les attaques personnelles, les agressions n'ont pas leur place dans notre espace de commentaires.
Tout contenu contraire à la loi (incitation à la haine raciale, diffamation...) peut donner suite à des poursuites pénales.

La suite du direct