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Coup de feu, gymkhana: 2 ans de prison pour une folle course-poursuite à l'est de Nice

Onze policiers et gendarmes, un coup de feu, une bagarre, des tirs de taser et un gymkhana à l’est de Nice. C’est une folle course-poursuite de quarante minutes qu’a provoquée, le 3 octobre, Augustine E., 24 ans, d’origine nigériane.

Grégory Leclerc Publié le 25/11/2021 à 21:00, mis à jour le 25/11/2021 à 22:06
L’homme, sous l’effet des stupéfiants, a mis en danger des automobilistes et la vie de onze policiers et gendarmes. (Photo N. M.)

En France depuis septembre 2020, il se dit sans profession, sans formation et ne parle pas le français. Il était jugé ce jeudi soir devant le tribunal correctionnel de Nice présidé par Marion Menot.

Le jour des faits, le prévenu vole une Citroën C1, avenue Denis-Semeria, vers 16h50. Ce jour-là, il a consommé de la "weed", du cannabis, reconnaît-il en langue anglaise. Au niveau de la commune de la Trinité, il est contrôlé par une première patrouille de gendarmerie. Il s’arrête mais prend la fuite sous le nez d’une deuxième voiture de la brigade de la Trinité qui passait là, pile au bon moment.

Onze gendarmes et policiers vont alors le pourchasser durant quarante minutes. À deux reprises, l’homme percute les véhicules de patrouille. Chemin de la Lauvette, boulevard de l’Ariane, pénétrante, il zigzague, grille des feux, traverse des terre-pleins, manque des dizaines de fois d’emboutir des usagers de la route.

À plusieurs reprises, les forces de l’ordre pensent le coincer. Mais, usant de sa voiture comme un bélier, il reprend la route. Il manque de les écraser en accélérant subitement et en les frôlant de quelques centimètres.

 

Pris en étau

C’est finalement sur la pénétrante du Paillon, alors qu’il roulait vers la ville, que deux voitures de la Brigade anti criminalité (Bac) réussissent à le prendre en étau. Refusant d’obtempérer, le forcené se jette alors sur la banquette arrière. Un policier le voit se saisir d’un objet sombre et le pointer vers lui. Le fonctionnaire tire une balle qui ira se loger dans la portière.

Dans un état "d’excitation extrême", l’individu replonge à l’avant du véhicule, distribue coups de pied et coups de poing. Les policiers usent de matraques télescopiques pour casser les vitres et tirent au taser. En vain. Plusieurs policiers sont blessés. Un, grièvement, au doigt en intervenant sur la vitre. Un autre à la main, tandis qu’un policier est mordu à la cuisse. Il sera finalement menotté, ce qui ne l’empêchera pas de cracher sur les forces de l’ordre.

Le prévenu affirme ne plus se souvenir de rien. Il a déjà fait des séjours en hôpital psychiatrique. Valérie Bothy, Jordan Haddad et Rudy Cohen, avocats des forces de l’ordre, parties civiles, souligneront son "extrême dangerosité". L’homme nie avoir commis des violences, affirme être en dépression. "Quand on est en dépression, on vole une voiture?", interroge la présidente.

"Je ne sais pas ce qui s’est passé." Son avocat, Me Nasser Azeri, tentera de jeter le trouble sur les déclarations des policiers, s’interrogera sur la réalité de l’état de légitime défense du fonctionnaire qui a tiré, et plaidera la relaxe.

Augustine E. a finalement été condamné à deux ans de prison ferme, avec maintien en détention. Le tribunal, retenant une altération du comportement, a insisté sur la et la des faits. Il devra indemniser les parties civiles, dont le propriétaire de la voiture volée, qui avait fait l’effort de venir à l’audience.

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