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Condamnée pour avoir fait passer des migrants en taxi

Mis à jour le 25/03/2016 à 05:12 Publié le 25/03/2016 à 22:00
Le palais de Justice de Nice.

Le palais de Justice de Nice. Photo François Vignola

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Condamnée pour avoir fait passer des migrants en taxi

On savait que les migrants empruntaient les trains, les voitures, les chemins de traverse pour passer la frontière franco-italienne.

On savait que les migrants empruntaient les trains, les voitures, les chemins de traverse pour passer la frontière franco-italienne. Mais depuis le début de la vague migratoire il y a deux ans, jamais, sans doute, un taxi n'avait été condamné à Nice en tant que passeur.

Et ce taxi est une femme, chevelure blonde coupée court, veste beige et pantalon noir à la barre. Annie G., Niçoise de bientôt 70 ans, se dit innocente, et encore moins habituée à jouer les passeurs.

Mercredi soir, le tribunal correctionnel de Nice lui a néanmoins infligé six mois de prison avec sursis pour aide à l'entrée irrégulière sur le sol français. Le 17 février dernier, Annie G. est stoppée sur l'autoroute A8 au volant de son Renault Espace, avec trois passagers à bord.

Deux d'entre eux sont pakistanais, le troisième est bangladais.

Tous trois ont les passeports de leurs pays d'origine, mais leurs titres de séjour italiens ont expiré.

Autrement dit, ils sont clandestins.

« Je n'avais pas mes lunettes... »

Ce sont les policiers italiens qui ont alerté leurs homologues français, après avoir vu le taxi embarquer les trois hommes à l'entrée de Vintimille. « La dame ne nous a rien demandé. Elle nous a fait monter dans sa voiture et nous sommes partis », déclareront les intéressés. Annie G., elle, assure avoir contrôlé leurs papiers.

« Puisqu'ils les avaient, ils avaient le droit de passer. Simplement je n'ai pas vérifié les dates. Je n'avais pas mes lunettes...»

La prévenue affirme que cette course n'était que pure coïncidence, alors qu'elle venait de déposer des clientes venues de Nice. Ses passagers, eux, assurent avoir acheté son numéro de téléphone auprès d'un tiers. Un numéro très couru, reconnaît Annie G. : « Mon numéro a dû être capté par des rabatteurs. Depuis, je suis harcelée nuit et jour. »

Dans ce contexte, le tribunal s'interroge sur ces allers-retours répétés du taxi par-delà la frontière. Annie G. serait-elle habituée à convoyer des clandestins ?

Elle assure que non, maintient « ne pas se sentir coupable de quoi que ce soit ». La présidente Laurie Duca ironise : « Madame, vous avez la télévision, la radio ? Vous n'êtes pas sans savoir qu'il y a un mouvement de migrants important ? Ne pensez-vous pas que vous auriez dû faire particulièrement attention ? »

« On n'est pas dans un dossier de migrant. Dans ce dossier, il n'y a rien », intervient Me Philippe Soussi pour la défense. Le tribunal relaxe Annie G. pour les faits qui ont précédé son arrestation.

Il adoucit, aussi, la peine requise par le procureur Emilie Taligault : dix mois ferme, bracelet électronique, confiscation du véhicule et 20.000 € d'amende. Annie G. s'en sort donc avec six mois avec sursis.

Un avertissement sans frais pour ce taxi qui, à ses dires, « ne roule pas sur l'or »

 


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