"C’était compulsif": il télécharge et diffuse 250.000 fichiers pédopornographiques

En détention provisoire depuis le 22 juillet dernier, l’homme a été condamné à trois ans de prison ferme avec suivi socio-judiciaire pendant cinq ans.

Jean Stierlé Publié le 02/09/2022 à 08:03, mis à jour le 02/09/2022 à 15:49
Légende 5 (encadré). (Photo xxxxxxxxxx)

En décembre 2021, un renseignement des services britanniques à l’adresse de leurs homologues français a permis d’identifier un individu suspect, soupçonné de télécharger et de diffuser sous le pseudo "depraved777" des fichiers pédopornographiques, en utilisant notamment l’application Wire.

Le bon travail des enquêteurs

Cette messagerie instantanée, cryptée et sécurisée, est une application qui permet notamment des transferts de fichiers, des appels de groupes, etc.

C’est en exploitant une de ses conversations sur ce réseau, que les forces de l’ordre ont pu remonter vers Chyriel Binda, "un citoyen Néerlandais de 49 ans, d’origine Indienne", tel qu’il se définit lui-même lors de ses échanges numériques.

Il ajoute "qu’il se sait pervers et est animé de sentiments pédophiles depuis 25 ans"

Une personne qui converse avec lui serait "une mère de famille qui agresse sexuellement ses deux fillettes" et avec laquelle il partage aussi un certain nombre de fichiers.

 

Il éprouve aussi "l’envie de toucher à la sœur de sa compagne", une mineure de 14 ans.

Des montages photo-vidéo de l’adolescente, à partir de prises de vues anodines, dont il détourne le contenu pour lui donner un caractère sexuel, renseignent sur le degré de perversité de ce répugnant personnage.

C’est d’ailleurs par un travail remarquable des enquêteurs que ceux-ci sont parvenus "à le loger", en diffusant des photos de l’enfant dans les établissements scolaires, partout en France, jusqu’à ce qu’un collège ne fasse un signalement. Un nom est associé à la photo, et permet de remonter la piste, jusqu’à la grande sœur qui est la compagne de Chyriel Binda.

Appréhendé au domicile Cannois de cette dernière le 21 juillet 2021, il tente de s’enfuir sans succès.

En perquisitionnant l’appartement, les gendarmes mettent la main sur un matériel informatique impressionnant.

 

En détention provisoire depuis le 22 juillet 2021, il était jugé mardi devant le tribunal judiciaire de Grasse. La présidente Lauri Duca décrit avec émotion l’innommable contenu de ces fichiers.

"C’était compulsif"

Des enfants de 1 à 12 ans en situation de viol – par des hommes ou des femmes adultes – en état de souffrance et de sidération et aussi des scènes de zoophilie, avec des chiens! Le prévenu avait tenté d’effacer certains des plus de 250.000 fichiers de son "Cloud", par l’intermédiaire d’un codétenu.

"Les choses ont débuté de manière fortuite en cliquant sur un lien il y a 4 ans et je suis tombé dans un cercle vicieux, c’était compulsif, par curiosité" avoue-t-il.

Terme qui fait réagir la présidente qui indique "qu’a ce niveau-là, il ne s’agit ni de curiosité, ni de hasard"

Le procureur Thierry Bonifay insiste sur "le caractère ignoble des faits et la vision d’enfants torturés par des agresseurs sexuels qui alimentent ces réseaux"

Il requiert 4 ans de prison. Me Sophie Rebaudengo à la défense tentera de convaincre les juges "que son discours a évolué pendant sa détention et qu’il a entrepris un long parcours de soins"

 

Il sera condamné à 3 ans de prison ferme avec un suivi sociojudiciaire pendant 5 ans.

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