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Blessée au visage "pour un simple regard"

Une nouvelle nuit trop agitée à la Darse Sud finit au tribunal. Un homme a écopé de deux mois de prison avec sursis pour avoir jeté une bouteille sur une jeune femme à La Rascasse

Nicolas Hasson-Fauré Publié le 12/05/2016 à 05:10, mis à jour le 12/05/2016 à 05:10
Photo DR

Ils connaissent bien la Darse Sud. Chaque mardi ou presque, le président du tribunal correctionnel de Monaco et ses assesseurs se penchent sur un dossier dans lequel il est question des établissements de nuit du Port Hercule.

À chaque fois, l'histoire suit la même trame. Une soirée s'étire et quelques heures après minuit, les excès de testostérone et d'alcool se mélangent. Souvent, le cocktail explosif conduit à des échanges musclés. Après le dépôt de plainte, l'enquête et l'instruction, un ou plusieurs individus se retrouvent face au président Jérôme Fougeras-Lavergnolle pour répondre de violences ou voies de fait.

Comme lors de la dernière audience. Ce jour-là, le prévenu qui s'avance vers la barre du tribunal correctionnel est un jeune homme. Il est âgé d'une vingtaine d'années, a des traits fins, une petite voix et l'air un peu impressionné. Et puis au moment de revenir sur les faits qui l'amènent ici, il gagne en aisance. On reproche à cet apprenti de Beausoleil d'avoir envoyé une bouteille en verre sur une jeune femme. C'était en novembre dernier, vers 2 heures du matin, à La Rascasse.

« Il m'a regardé mal »

Pendant la nuit en question, le ton monte entre Carlos, le prévenu, et Diego, un autre client. « Pour une histoire de mauvais regard », lâche le président. Le prévenu confirme à sa manière : « Il m'a regardé mal. » Des insultes suivent. Et puis les deux hommes en viennent aux mains.

 

À un moment, Carlos avise une bouteille. Il la jette. « Elle (la bouteille) était destinée à ce qu'il (Diego) me lâche », précise le prévenu. L'objet finit sa course en l'air à cinq mètres de là. Sur la partie civile. Elle a notamment « l'arcade sourcilière ouverte et du sang partout », précise la substitut du procureur Cyrielle Colle.

Conséquence pour la jeune femme : cinq jours d'incapacité temporaire de travail. Dans une photo du dossier, sur une page que le président tourne, un large pansement barre une partie de son visage.

« Pour un simple regard, ma cliente se retrouve lourdement blessée », laisse tomber Me Christophe Ballerio, le conseil de la partie civile. Plusieurs mois après, « elle souffre encore de vertiges à répétition et de maux de tête chroniques ».

 

Cyrielle Colle, la voix forte, évoque des « jeunes hommes qui ne sont pas capables de sortir sans faire les coqs ». La représentante du ministère public requiert une peine de trois mois d'emprisonnement, potentiellement assortie d'un sursis en forme d'« épée de Damoclès ». Carlos, lui, assure sa propre défense. Le dos bien droit, le regard vissé sur le président, il dit avoir tenté de se rendre au chevet de la partie civile. Il écope de deux mois de prison avec sursis.

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