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Blessé par un collègue jaloux , un intérimaire conteste son renvoi

Mis à jour le 05/03/2020 à 11:19 Publié le 05/03/2020 à 11:19
« Poussé au sol » par son collègue, la victime a été renvoyée par la suite et réclamait 7 500 euros. (Illustration MM)
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Blessé par un collègue jaloux , un intérimaire conteste son renvoi

Intéressant ce dossier de violences abordé par le tribunal correctionnel.

Intéressant ce dossier de violences abordé par le tribunal correctionnel. Il a mis en lumière l’ombre la plus sombre d’un esprit d’apparence stratège. Celui d’un « petit chef » quadragénaire prêt à se dépêtrer par l’absurde des circonstances conflictuelles avec son potentiel adversaire : un intérimaire. Car l’agent de fabrication, assez dédaigneux, considérait l’autre salarié hiérarchiquement inférieur. Il savait surtout cet employé assis sur un siège éjectable par ses fonctions temporaires.

A la moindre tension au sein de l’équipe de travail, il servirait automatiquement de fusible. Ça n’a pas manqué ! Au matin du 15 octobre 2018, le titulaire du poste provoquait l’altercation afin d’écarter définitivement cet éventuel rival. Considéré trop curieux à son goût par l’intérêt suscité pour les méthodes de fabrication, il pouvait lui prendre sa place...

« Il me harcelait par jalousie »

A la barre, le plaignant expose les faits sur fond de dissension profonde. « Vers 7 h 20, insulté, poussé au sol, ce personnage a essayé de me porter des coups de poing. Je n’ai pas riposté. Par chance, des collègues proches sont venus me relever. Ça faisait des mois qu’il me harcelait, par jalousie. Que pouvait-il me reprocher ? Comme j’ai été renvoyé à la suite de cet incident, j’ai porté plainte... »

L’affaire, traitée par le dialogue à l’origine, pouvait se boucler en quelques minutes si l’on se réfère à la plaidoirie de Me Arnaud Cheynut. « Mon client est pressenti pour lui succéder à ce poste. Alors, il s’instruit sur la pratique afin d’obtenir les connaissances nécessaires. Mais l’intéressé ne supporte pas qu’on vienne le troubler. »

Pour l’avocat, cet énervement brusque et la réaction de la victime qui chute violemment à terre sont autant de symptômes significatifs que quelque chose ne tourne pas rond au sein de l’équipe. « Le doute est impossible sur l’auteur de l’agression. Nous recherchons sa responsabilité pénale. Soit un dédommagement de 7 500 euros. »

Entre autres observations, le président Jérôme Fougeras Lavergnolle (*), logique, se rapporte au certificat médical. Il s’interroge sur les traces et hématomes mentionnés : « Comment peuvent-ils apparaître sans violences ? ».

« Je reconnais l’avoir repoussé »

Ce résident de Roquebrune-Cap-Martin reste dans l’expectative. « Je n’ai donné aucun coup. Je reconnais l’avoir repoussé quand il est venu vers moi. D’ailleurs, j’ai conservé mon emploi... »

Dans ce conflit isolé entre deux personnes, l’employeur l’a traité à la légère pour le premier substitut Cyrielle Colle. « Le prévenu ne reconnaît pas sa responsabilité. On ne s’adresse pas à un collègue avec des insultes. Il est agressif. Actuellement, j’interviens dans les lycées pour expliquer la légitime violence. Dorénavant, j’irai également dans les entreprises. Car il faut réfléchir au moment de commettre des brutalités sur autrui. Cet homme a eu un comportement anormal. » Dix jours assortis du sursis sont requis.

Faut-il encore réfléchir à la nature de l’intervention dans cette guerre ouverte, comme le réclame Me Sarah Filippi dans sa plaidoirie ? Encore clarifier les rôles et les responsabilités de chacun ?

« L’employeur aurait du réagir »

« C’est essentiel ! Ces deux-là vont grimper dans les insultes et les injures quotidiennement. Un témoin aurait vu mon client porter des coups à la victime : il n’en a jamais été question jusqu’à présent. Le certificat médical ? Le plaignant s’est blessé en tombant. Pourquoi tombe-t-il ? Parce qu’il y a son sac à dos au sol. L’employeur aurait dû réagir dans ce climat délétère. Vous écartez la légitime défense ? Alors retenez l’excuse de provocation. Quant aux demandes, elles sont disproportionnées avec 7 500 euros pour deux blessures ! »

Le tribunal condamne le prévenu à 1 500 euros d’amende avec sursis. Il devra également verser au demandeur la somme de 500 euros.


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