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Bilan provisoire, cimetières dévastés, enquête "hors norme"... Ce qu'il faut retenir de la conférence de presse du procureur de Nice après le passage de la tempête Alex

Mis à jour le 14/10/2020 à 17:33 Publié le 14/10/2020 à 12:40
Le procureur de la République de Nice, Xavier Bonhomme, a tenu une conférence de presse ce mercredi, sur le traitement judiciaire de la tempête Alex dans les Alpes-Maritimes. Cinq victimes ont été identifiées à ce jour. Mais le bilan final pourrait être bien plus lourd.

Le procureur de la République de Nice, Xavier Bonhomme, a tenu une conférence de presse ce mercredi, sur le traitement judiciaire de la tempête Alex dans les Alpes-Maritimes. Cinq victimes ont été identifiées à ce jour. Mais le bilan final pourrait être bien plus lourd. Photo C.C.

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Bilan provisoire, cimetières dévastés, enquête "hors norme"... Ce qu'il faut retenir de la conférence de presse du procureur de Nice après le passage de la tempête Alex

Le procureur de la République de Nice, Xavier Bonhomme, a tenu une conférence de presse ce mercredi, sur le traitement judiciaire de la tempête Alex dans les Alpes-Maritimes. Cinq victimes ont été identifiées à ce jour. Mais le bilan final pourrait être bien plus lourd.

Pour évoquer cette enquête pour "recherche des causes de la mort" et "recherche des causes de la disparition", le procureur s'est entouré de son adjointe Parvine Derivery, du lieutenant-colonel Cochois, chargé de la police judiciaire au sein du groupement de gendarmerie des Alpes-Maritimes, et du colonel Thiburce, responsable du détachement identification des victimes de l'IRCGN. Voici ce qu'il faut retenir de leur intervention.

Cinq victimes identifiées

En préambule, le procureur avertit : ce bilan peut évoluer, et impose "la prudence". "A ce jour, nous avons un bilan de cinq personnes dont nous avons retrouvé les corps, et dont nous avons la certitude qu'il s'agit de décès consécutifs à la tempête." Quatre de ces victimes ont trouvé la mort dans la Vésubie, la cinquième dans la Roya.

Sept corps ont, à ce jour, été remis aux autorités judiciaires françaises. "Pour deux autres corps, nous avons un doute", explique Xavier Bonhomme. Analyses et autopsies sont en courps pour établir s'il s'agit de victimes de la tempête ou de sépultures provenant des cimetières dévastés.

13 disparus, 7 corps en Italie

Le parquet de Nice est par ailleurs saisi de 13 disparitions inquiétantes. Par "disparus", le procureur entend précisément : "Des personnes dont la disparition a été signalée dans des cicrconstances telles que nous pensons fortement que leur disparition est liée à la tempête."

Par ailleurs, sept corps ont été découverts en Italie. Xavier Bonhomme invite à "l'extrême prudence. Je n'ai pas la certitude que ces sept corps proviennent de chez nous. Ni que ces corps proviennent de la tempête ou des cimetières." D'autant que l'Italie déplore, elle aussi, des victimes de la catastrophe. Ce bilan potentiel d'une "trentaine de corps" n'est bien sûr pas figé.

Une situation inédite

"Nous sommes en présence d'un événement totalement hors norme." Xavier Bonhomme martèle cette expression à plusieurs reprises. A une "tempête exceptionnelle, dont on savait qu'elle allait être terrible", s'ajoute une problématique "qu'on n'avait pas imaginée, car c'était difficilement imaginable : que deux cimetières allaient être totalement dévastés." Les cimetières de Saint-Martin-Vésubie et Saint-Dalmas-de-Tende comptaient près de 400 tombes.

"La totalité a été dévastée et déplacée dans les vallées", précise le procureur. "Ce qui complexifie considérablement la tâche des enquêteurs. Le temps qui passe ne nous facilite pas le travail." D'après les éléments rapportés au procureur, "c'est la première fois qu'un cimetière était aussi lourdement endommagé".

Une enquête "hors norme"

Des moyens considérables ont été déployés par la gendarmerie. 130 à 140 gendarmes mobilisés sur chacune des grandes vallées. 400 militaires en renfort. Une cellule de huit enquêteurs chargée de recouper les signalements et d'orienter les recherches. Tel est le dispositif décrit par le lieutenant-colonel Cochois, pour un "bassin de trois vallées avec 8.000 personnes et 1000 km2 de zones en eau".

Le temps joue contre les enquêteurs

"On n'a jamais connu ce genre de situation", constate le colonel Thiburce. Le délicat travail de distinction entre victimes des intempéries et sépultures est inédit. Et de plus en plus compliqué, surtout en milieu aquatique. « Le temps qui passe ne nous aide pas, explique le procureur. Plus le temps passe, plus il est difficile de faire le distinguo entre un "décès climatique" et une sépulture".

Des centaines de personnes accompagnées

"Hors norme", l'affaire l'est aussi "car il a fallu mettre en place des mesures de soutien pour les victimes et les ayant-droits", explique le procureur de Nice. C'est l'association Montjoye qui est chargée d'assurer soutien psychologique et conseils. "Plusieurs centaines de personnes ont été reçues". La délégation interministérielle à l'aide aux victimes (DIAV) est mobilisée aussi. Montjoye et la DIAV avaient déjà été mobilisées en 2016 après l'attentat de Nice.

Pas de pillages connus

Des pillages ont-ils été recensés dans les habitations dévastées? A cette question, le procureur répond par la négative. "Aucune procédure de cette nature-là ne nous est remontée. On est souvent sur de la rumeur. J'ai vécu l'ouragan Maria qui a dévasté l'île de Saint-Martin en septembre 2017: les premiers pillages provenaient de la rumeur... même si ça a peut-être donné des idées à d'autres."

Xavier Bonhomme n'exclut pas ce scénario pour autant dans les Alpes-Maritimes. "Si c'était le cas, nous serions d'une fermeté exemplaire."


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