“Rhôooooooooo!”

Vous utilisez un AdBlock?! :)

Vous pouvez le désactiver juste pour ce site parce que la pub permet à la presse de vivre.

Et nous, on s'engage à réduire les formats publicitaires ressentis comme intrusifs.

Je veux bien mais j'ai la freebox

Connectez-vous

pour sauvegarder mes filtres et personnaliser mon flux

continuer sa lecture

lire le journal

Découvrez l’offre abonnés numérique > J’en profite

Bijouterie Zegg & Cerlatti : le 3e braqueur à la barre

Mis à jour le 14/06/2016 à 05:13 Publié le 14/06/2016 à 05:13
Le procès se poursuit aujourd’hui avec les réquisitions du procureur général et les plaidoiries des avocats.

Le procès se poursuit aujourd’hui avec les réquisitions du procureur général et les plaidoiries des avocats. Photo Cyril Dodergny

Soutenez l'info locale et Monaco-Matin

Bijouterie Zegg & Cerlatti : le 3e braqueur à la barre

Le troisième membre du gang des Estoniens est jugé depuis hier devant le tribunal criminel. Il est accusé du vol à main armée de 28 montres de luxe

Configuration « bunker » depuis hier matin au palais de justice pour la comparution devant le tribunal criminel (équivalent de la cour d'assises en France) du troisième et dernier membre du « gang des Estoniens ».

Rauno Kuklase avait participé, le 2 mai 2008, vers 12 h 20, au braquage de la bijouterie Zegg & Cerlatti sise au 24, avenue de la Costa, à Monte-Carlo.

Quarante secondes plus tard, cet homme au visage anguleux et physique d'armoire à glace emportait avec ses coauteurs, Tanel Kull et Sander Sarik (1), un butin composé de 28 montres de luxe estimées à quelque 74 000 €. Soit plus du double à la revente.

À leur habitude, les trois individus ont agi à visage découvert. Un premier sonne à la porte du magasin.

Proches de réseaux mafieux

Dès qu'il pénètre dans la bijouterie, deux autres s'engouffrent aussitôt dans l'ouverture. Une fois à l'intérieur, un gangster tient en respect les quatre employés sous la menace d'une arme de poing. Les deux autres bandits brisent les vitrines à coups de marteau et font glisser les montres dans des sacs. Puis ils partent tranquillement à pied.

Proches de réseaux mafieux, ces voleurs écouleraient la marchandise par le biais de transporteurs internationaux.

Grâce aux traces ADN laissées sur les lieux de leur méfait, les limiers de la Sûreté publique ont pu les identifier.

Car leurs empreintes génétiques correspondaient aux prélèvements effectués lors de braquages en Angleterre, en Suisse, en Belgique et en Italie.

La police monégasque a tout de suite pensé « à la filière des Balkans, indique un inspecteur à la barre. Mais la violence employée, la jeunesse des recrues essentiellement sans ressources nous ont conduits sur la piste des Estoniens. Il ne pouvait pas s'agir des Pink Panthers… »

« Livré à Monaco »

La présidente Virginie Sand va alors tenter de cerner les intentions et la personnalité de Rauno Kuklase.

« Qui vous envoie ? », interroge-t-elle.

L'accusé, avec un léger sourire évoque, sans dévoiler le moindre nom, « des personnes établies en Estonie. Si j'en parle, on me tirera dessus. Ils nous emploient pour une période de deux années ».

Il poursuit : « J'ai eu une jeunesse difficile. Viré de l'école à 16 ans, j'avais un père alcoolique et violent. Une mère qui devait travailler en usine pour m'élever. Je n'ai jamais eu d'éducation. J'ai commencé à me droguer aux amphétamines. Puis j'en vendais pour avoir de l'argent.

À 20 ans, j'avais une dette de 10.000 €. Comme je n'arrivais pas à rembourser, ils m'ont intégré dans un réseau où l'on m'indiquait tout pour voler. J'ai fait de la prison en Angleterre de 2008 jusqu'à mon extradition en Italie, en 2011, pour un vol à San Remo. À ma sortie en 2016, j'ai été livré à Monaco… »

La présidente s'inquiète : « Votre avenir sera toujours la prison ? »

L'Estonien évoque alors une formation de maçon, l'apprentissage de plusieurs langues et la volonté de s'engager sur un parcours différent.

Le braqueur répondra également qu'il est « désolé d'avoir fait du mal », précisant qu'il n'a « jamais eu recours à la violence ».

Quant aux bénéfices retirés du crime, « c'est 10.000 € par braquage et par personne. Et le prix de la liberté, c'est le silence ».

À l'issue d'une confrontation avec Tanel Kull, détenteur de l'arme factice lors du braquage et détenu à la maison d'arrêt pour la même affaire, la version de l'endettement et de l'enrôlement de force, soutenue par Rauno Kuklase, se transformera en pure fiction.

En vérité, il était proposé à ces hommes une sorte de « travail rémunéré avec une promesse de récupérer 30 % du prix de vente. Si, après Monaco, on a recommencé en Italie, c'est à cause de butin insuffisant… »

Les débats se poursuivent aujourd'hui avec les réquisitions du procureur général et les plaidoiries des avocats.


commentaires

Les insultes, les attaques personnelles, les agressions n'ont pas leur place dans notre espace de commentaires.
Tout contenu contraire à la loi (incitation à la haine raciale, diffamation...) peut donner suite à des poursuites pénales.