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Au bord de l’hystérie, elle crie, menace et vilipende à son procès

Condamnée pour outrage et rébellion, une quinquagénaire apparaît à la barre du tribunal très agressive, vociférant sa haine contre la justice et l’exécutif.

JEAN-MARIE FIORUCCI Publié le 27/03/2021 à 17:33, mis à jour le 27/03/2021 à 17:34
À la limite de l’hystérie, la quinquagénaire s’est défendue d’une "privation de liberté". (Photo Jean-François Ottonello) Photo archives Monaco-Matin

C’est une furie qui a comparu devant le tribunal correctionnel pour outrage aux agents de la force publique! La quinquagénaire n’avait pas supporté d’être dérangée, les 11 et 12 avril 2020, en plein confinement, au cours de sa promenade sur l’avenue Princesse-Grace, à Monaco. Condamnée une première fois par défaut, le 10 novembre dernier, à 1.500 euros d’amende et 1.200 euros pour les parties civiles par cette même juridiction, elle avait fait opposition au jugement.

Pour son nouveau procès apparaît à la barre cette fois une véritable mégère, un brin à la limite de l’hystérie, que les magistrats n’ont pas réussi à apprivoiser, tant elle était remontée contre "une privation de liberté".

"Votre gouvernement est dictatorial"

Impétueuse à l’audience, elle vocifère sa répulsion de la justice "parce qu’elle crée un monde de peur!"

À la manière d’un tribun à l’éloquence frénétique, la quinquagénaire fait appel aux bas instincts de haine contre l’exécutif: "Votre gouvernement est dictatorial. Il rend la vie qui m’entoure agressive…"

 

Puis c’est au tour des quatre policiers qui l’ont verbalisée d’être voués à l’exécration publique, vilipendés: "Ce sont des menteurs. Ils étaient en train de m’attendre. J’étais cernée par six gardes en uniforme. Ils m’ont carrément agressée verbalement. Ils se moquaient de moi. J’étais choquée que l’on me contrôle. Cette histoire de masque est une mascarade ridicule."

Policiers injuriés et PV en confettis

Le président Jérôme Fougeras Lavergnolle, impassible, conserve son calme, comme ses assesseurs Florestan Bellinzona et Aline Brousse. Mais recadre au passage la prévenue, avec autorité.

"Calmez-vous. Soyez correcte! Il faut respecter la loi. Vous avez été interpellée une première fois, vers 10h30, au Larvotto, sans papiers. Vous vous énervez et insultez des fonctionnaires qui essaient de vous calmer. En réponse vous déchirez la contravention en petits morceaux. Le lendemain on vous retrouve sur la même avenue et vous recommencez avec d’autres agents: injures et P.V. en confettis. Il faut respecter les décisions prises pendant cette crise sanitaire…"

Rien n’y fait. Elle repart dans ses dénégations formelles, hurle et tend son bras vengeur, menaçant, à la manière des révolutionnaires.

 

"Je suis en contact avec des influences célestes"

"J’ai un comportement honnête. Mais vous essayez de me dominer parce que vous avez le pouvoir. Moi, je n’ai pas de pensées négatives. Je suis en contact avec des influences célestes. Je ressens que tout le monde à peur. On est dans un cycle équivalent à la Seconde Guerre mondiale. Il va y avoir une lutte armée. Un conflit qui entraînera cataclysme et calamité. D’entendre la vérité ça fait mal…"

"La police m’appelle une fois par semaine depuis vingt ans que je vis en Principauté. On veut me détruire. J’essaie d’améliorer les choses, de vivre en bonne liberté. Mettez-moi en prison! Mais je ne paierai ni les contraventions, ni l’amende et encore moins les policiers."

Le problème de communication est évident. Il est toutefois étonnant qu’à ce stade l’expertise psychiatrique pratiquée n’a décelé aucune faille cérébrale…

Le président fait intervenir le brigadier plaignant. "Dès le début, raconte-t-il, on a su que l’on avait en face une personne récalcitrante. Au niveau de L’Estoril, on a demandé à Madame de respecter les règles du confinement. On n’a jamais été agressifs. En revanche, on s’est fait copieusement insulter. D’autre part, on travaille en binôme et non par équipe de six…"

 

Le président, sur un ton sévère: "Vous mentez devant les juges? Il vous suffit de regarder la vidéo pour vous en apercevoir. Vous avez été condamnée deux fois pour outrage et rébellion."

Dans ses réquisitions, le premier substitut Julien Pronier a du mal à comprendre la logique de la prévenue. "Que d’agressivité! Comparez Monaco à une dictature? C’est insensé! Rapprocher la situation actuelle d’une guerre mondiale? C’est aberrant! Si le système du pays où elle réside ne plaît pas à Madame, qu’elle quitte la Principauté. Or, elle continue pourtant de semer le trouble. Confirmez la décision, ce n’est pas cher payé."

Le tribunal suivra les réquisitions du ministère public, n’ayant perçu aucune diminution de culpabilité.

"Je ne paierai pas", confirme à nouveau cette femme en grande colère à l’annonce de la sanction.

Dernière remarque du président: "Vous avez quinze jours pour faire appel".

Affaire à suivre?

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