Rubriques




Se connecter à

Après la manifestation contre le pass sanitaire à Nice, un manifestant devant la justice

La manifestation contre le pass sanitaire, contre le vaccin et contre le Président de la République avait réuni 6000 personnes samedi à Nice. Tout s’est déroulé dans le calme sauf aux abords de l’hôtel de Ville dont l’accès était barré par des CRS.

Ch. P. Publié le 26/07/2021 à 20:45, mis à jour le 26/07/2021 à 20:58
La manifestation de samedi qui a réuni des milliers de personnes, s’était déroulée dans le calme, hormis l’incident aux abords de l’hôtel de ville qui a valu à un Niçois de 58 ans d’être placé en garde à vue. Eric Ottino / Nice Matin

Les policiers ont essuyé des insultes et des jets de projectiles divers avant de répliquer avec des gaz lacrymogènes. Enervé, Pascal L., 58 ans, sans emploi, a alors jeté une chaise en direction du cordon de sécurité. Il voulait ensuite se saisir d’une table quand d’autres manifestants l’ont ramené à la raison.

La police n’a pas voulu l’interpeller tout de suite pour éviter d’envenimer la situation. Elle a attendu la dispersion du cortège et ont cueilli en douceur Pascal L. place Garibaldi. Son comportement lui a valu deux jours de garde à vue et une présentation, lundi, en correctionnelle, en vue d’une comparution immédiate. Il est poursuivi pour "violence volontaire avec arme par destination sur personnes dépositaire de l’autorité publique".

Originaire du Nord, l’homme n’a pas le profil d’un "black block" mais plutôt d’un paisible retraité. Il a d’abord nié avoir commis cet acte de violence avant d’être confronté aux images de vidéosurveillance. Il prétend n’avoir jamais été condamné mais le président Alain Chemama lui ravive la mémoire avec des affaires, anciennes il est vrai, de filouterie et de violence sur conjoint. "Je suis quelqu’un de tranquille", affirme cet homme qui dit avoir succombé à "l’effet de groupe". Par chance, aucun policier n’a été blessé.

 

Libéré sous condition

Pascal L. aurait voulu être jugé immédiatement mais les trois CRS qui ont déposé plainte contre lui n’ont pas tous été informés de la tenue de ce procès. Me Christel Mathieu, conseil du manifestant, ironise sur le choix de procédure rapide: "Il faut aller vite, vite, mais j’espère que la justice sera mieux préparée pour la manifestation de samedi prochain."

Le président décide d’examiner le fond de cette affaire le 11 août. Faut-il libérer d’ici là le prévenu? Tel est l’objet du débat. La procureure Joëlle Casanova ne s’oppose pas une libération sous contrôle judiciaire de Pascal M. A condition qu’il soit interdit de manifestation à Nice, qu’il pointe une fois par semaine au commissariat et qu’il justifie de ses recherches d’emplois ou de formation. Des réquisitions qui satisfont Me Christel Mathieu, en défense; même si l’avocate trouve "qu’il y a décidément beaucoup d’interdictions ces derniers temps!" Le tribunal suit les réquisitions et libère sous condition Pascal L. Pas question pour lui de rejoindre un cortège d’ici là à Nice. En revanche, il est invité à venir son procès: "J’ai fait mon service militaire. J’ai appris le respect", affirme-t-il. Le président ose un commentaire: "Ce que vous dites paraît en décalage avec les images de samedi."

Offre numérique MM+

...

commentaires

Les insultes, les attaques personnelles, les agressions n'ont pas leur place dans notre espace de commentaires.
Tout contenu contraire à la loi (incitation à la haine raciale, diffamation...) peut donner suite à des poursuites pénales.

“Rhôooooooooo!”

Vous utilisez un AdBlock?! :)

Vous pouvez le désactiver juste pour ce site parce que la pub permet à la presse de vivre.

Et nous, on s'engage à réduire les formats publicitaires ressentis comme intrusifs.