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Alcoolisé, un jeune Monégasque menace de mort un policier et prend deux mois ferme

Au moment des faits, en plus des menaces, ce jeune Monégasque était alcoolisé. Il n’a pas saisi la deuxième chance que lui avait donnée en juillet dernier la justice.

JEAN-MARIE FIORUCCI Publié le 16/12/2021 à 11:04, mis à jour le 16/12/2021 à 17:19
En juillet dernier, le jeune Monégasque était appréhendé par un agent de la Sûreté publique alors qu’il venait de se disputer avec sa compagne. Il a alors insulté et menacé de mort le fonctionnaire. Photo Jean-François Ottonello

"L’affaire est renvoyée au 7 décembre pour décider de la sanction pénale à votre encontre. Entre-temps vous devez vous faire soigner pour vos addictions à la drogue et à l’alcool. Saisissez la main que l’on vous tend. Il n’y aura plus aucune clémence…"

C’était en juillet dernier. Le président Jérôme Fougeras avait mis en garde un jeune Monégasque au cours de sa comparution devant le tribunal correctionnel pour menaces de mort et outrages envers un fonctionnaire de police.

Premier substitut à l’époque, Cyrielle Colle requérait six mois à la maison d’arrêt.

Mais ce jeune homme de 23 ans n’aura finalement pas profité de l’ultime chance offerte par la justice. Il a été condamné il y a quelques jours à deux mois de prison ferme.

 

Un personnage bipolaire

L’infraction? Le prévenu avait eu le 24 mars 2021, pour la énième fois, un comportement inconvenant. En fin d’après-midi, ce personnage bipolaire se disputait avec sa compagne au carrefour Wurtemberg. Un policier venait les séparer. Aussitôt, comme possédé, les yeux pleins de haine et de rage, allergique à l’apparition du moindre uniforme, il insultait et menaçait de mort le fonctionnaire…

Niveau de l’alcoolémie: 1,23 mg/l après avoir bu, sur la plage Marquet, une bouteille de vodka avec des cachets. Au point de vouloir mourir tellement le jeune homme se sentait mal.

Il reconnaissait d’ailleurs qu’il était incapable de renoncer à son addiction à la boisson. Chaque excès de consommation le rendait rapidement asocial et bestial.

Alors, agrippé à la barre, il lançait un appel à l’aide aux juges. "La prison ne me servira à rien ou à empirer. Laissez-moi une dernière chance avec une injonction de soins sur le long terme. Il faut que je parte de Monaco pour rejoindre un établissement spécialisé dans le Jura."

Antécédents judiciaires depuis 2016

Qu’en est-il à ce jour? Le président Florestan Bellinzona feuilletait le dossier, mardi, en l’absence de l’intéressé à l’audience.

 

"Le prévenu entendait, par l’ajournement, se plier à une hospitalisation indispensable. Mais il a commencé sa thérapie tardivement, en novembre. Ses antécédents judiciaires débutent en 2016 avec des condamnations pour stupéfiants, rébellion, outrages, menaces verbales, jusqu’en 2021."

Le premier substitut Julien Pronier requiert, très brièvement, "deux mois! Il y a beaucoup trop d’éléments négatifs dans ce dossier pour faire preuve de clémence."

Sans transition, Me Sarah Filippi s’exclame d’étonnement et d’indignation: "Mais aussi des choses positives. Certes, conscient de sa pathologie, mon client avait six mois pour engager une cure de désintoxication. Mais le calendrier ne nous était pas favorable au résultat escompté. Ce sont les conséquences néfastes d’un mal-être. Oui! Ce jeune homme a toutes les difficultés du monde à se sortir de ses addictions. La violence fait aussi partie des rechutes et de sa candidature au suicide. Aller sur l’incarcération? Cela n’a aucun sens. C’est le condamner une seconde fois, le mettre dans une situation d’échec et le retrouver à la case départ. Optez plutôt pour une peine de travail d’intérêt général à Monaco. Là, il pourrait démontrer à la justice sa volonté de s’en sortir. Car il n’a pas la possibilité d’assurer un emploi à plein temps."

Malgré l’appel poignant de la défense pour convaincre le tribunal, plus aucun report n’est accordé: deux mois ferme.

Offre numérique MM+

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