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Affaires mains propres: malaise à l'audience

Mis à jour le 07/12/2016 à 05:14 Publié le 07/12/2016 à 05:14
Une semaine et demie de procès et une impression mitigée.

Une semaine et demie de procès et une impression mitigée. Franz Chavaroche

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Affaires mains propres: malaise à l'audience

L'absence du « pacte de corruption », grand absent des réquisitions du ministère public, a jeté un trouble. Une faille dans laquelle se sont engouffrés hier l'ensemble des avocats

Polyphoniques. » D'un adjectif assassin, avec son inénarrable sens de la formule, Me Eric Dupond-Moretti a ainsi qualifié et flingué les réquisitions des procureurs Ludovic Leclerc et Sophie Mercier au tribunal correctionnel de Marseille. Il défend Claudio et Paolo Marzocco dans le dossier de l'affaire « mains propres ».

Deux procureurs de la République ce n'était déjà pas banal pour les réquisitions. Deux voix, quatre mains. Cette "polyphonie" n'a guère servi la clarté de l'accusation à l'audience, comme nous l'écrivions hier. Créant au contraire le malaise.

La raison ? Elle tient à l'étonnant grand absent des réquisitions : le pacte de corruption. Le renvoi d'une partie des onze prévenus devant le tribunal correctionnel tournait pourtant autour de ce qui constitue l'alpha et l'oméga de ce dossier judiciaire.

Un pacte sur papier, retrouvé chez Lino Alberti. Intitulé "Accord du 13 mars 2009", il établit une liste de dix points sur lesquels il eut fallu faire pression pour faciliter la construction de la tour à Monaco, bâtie par les Marzocco. Accablant à première vue.

Le pacte démoli par la défense

Selon l'accusation, ce document serait la preuve de la collusion entre les frères Marzocco et Lino Alberti, bellâtre apporteur d'affaires, pour corrompre Gérard Spinelli, maire de Beausoleil.

Ce document si important a-t-il fait l'objet de vérifications sur sa crédibilité? "Non", explique Me Jean-Luc Szepetwoski, avocat du maire. Il s'est attaché hier à démolir le pacte. Pas un point dedans, a-t-il essayé de démontrer, dans lequel son client Gérard Spinelli aurait pu intervenir en tant que premier magistrat s'il avait réellement été corrompu.

"Ce document approximatif est la marque de quelqu'un qui ne connaît pas le dossier. Et le silence de l'accusation est assourdissant. Plutôt que de se ridiculiser en l'abordant point par point, le procureur préfère ne pas en parler!"

Le malaise donc, relayé par l'ensemble des avocats dans une rare unanimité. Me Marie-Alix Canu Bernard évoquera des « réquisitions d'ambiance ».

La mafia ? Le procureur lui-même s'était empressé d'évacuer ce qu'il qualifie de "fantasme". Dans le casting judiciaire des « milliardaires, de l'élu et de la mafia », un acteur passe l'arme à gauche. "Ce dossier? Des supputations, des suppositions", dénonce fermement Me Denis Del Rio, avocat de Christophe Marty.

"Bureaucratie judiciaire"

Me Eric Dupond-Moretti évoque une "bureaucratie judiciaire". "Face à un tel fiasco, vous vous honoreriez à requérir la relaxe." Avec Me Luc Brossollet, il a d'ailleurs rappelé que l'instruction s'est comme arrêtée après les interpellations.

"Claudio et Paolo Marzocco espéraient une justice humaine. Rappelons qu'ils ont été bafoués dans leur honneur par ce procès. Comment pouvaient-ils imaginer se retrouver là alors que leur père avait quitté l'Italie pour ne pas céder à la mafia? Ils n'ont pas revu un juge depuis juillet 2012! Comme s'il n'y avait aucune explication à demander? Même vous, durant cette audience, vous ne les avez jamais regardés dans les yeux lors des réquisitions, et à peine interrogés à l'audience", a reproché le ténor du barreau au procureur avec véhémence.

Gérard Spinelli, pourtant incarcéré trois mois en préventive aux Baumettes n'a lui non plus en six ans jamais été réinterrogé, ni même invité à la confrontation avec les corrupteurs présumés, comme le rappellera son avocat.

Me Franck De Vita, qui concluait les plaidoiries à la défense de Lino Alberti a enfoncé le clou, dénonçant un dossier constitué de toutes pièces.

"On décrit mon client comme dangereux? Il ne pense qu'à rendre service. Il n'a pas de casier. C'est un seigneur, un flamboyant. Pas un corrupteur."

Le procès a pris fin hier soir après que l'ensemble des avocats a plaidé la relaxe. Le jugement a été mis en délibéré. Il sera rendu le25 janvier.

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