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Affaire "mains propres": promoteurs et élus à la barre de la cour d'appel d'Aix

Mis à jour le 16/01/2018 à 14:33 Publié le 16/01/2018 à 14:32
Le maire de Beausoleil Gérard Spinelli (à gauche) et ses avocats (au premier plan à droite) ainsi que les frères Marzocco (au second plan), les promoteurs de la tour Odéon à Monaco.

Le maire de Beausoleil Gérard Spinelli (à gauche) et ses avocats (au premier plan à droite) ainsi que les frères Marzocco (au second plan), les promoteurs de la tour Odéon à Monaco. Photo Franz Chavaroche

Affaire "mains propres": promoteurs et élus à la barre de la cour d'appel d'Aix

Un éprouvant jeu de chaises musicales s’est mis en place ce mardi matin à la barre de la cour d’appel d’Aix-en-Provence. A l’invitation du président Vincent Turbeaux s’y succèdent tour à tour Gérard Spinelli, le maire de Beausoleil, Claudio et Paolo Marzocco, les frères promoteurs de la tour Odéon à Monaco, ainsi que "Lino" Alberti.

Personnage truculent, à l’accent italien appuyé et au langage fleuri. C’est lui qui aurait servi d’intermédiaire entre les Marzocco et Gérard Spinelli, son ami le maire de Beausoleil comme il s’en vante à longueur d’écoutes téléphoniques.

Le président en a sélectionné quelques-unes. Comme lorsque dans le cadre d’un projet immobilier, un autre, les protagonistes annoncent qu’Alberti va "toucher son oz", autrement dit sa commission et qu’ensuite "ils feront moitié - moitié avec son copain". Parce qu’ils en auront "besoin pour les permis de construire".

Spinelli: "Je n’ai jamais accepté l’argent d’Alberti"

Faut-il comprendre qu’il est question de permis de construire et que le "copain" est donc le maire qui est susceptible de les délivrer? Gérard Spinelli s’en défend. Le premier magistrat de Beausoleil en veut pour preuve qu’il n’a délivré qu’un seul permis entre 2008 et 2009, et encore parce qu’il y était contraint.

Mais il y a aussi les agendas d’Alberti. Sur l’un d’eux, à la date du 24 décembre 2006, il est écrit "retour Spinelli 5.000 euros". Du coup le président l’interroge:
- "L’avez-vous aidé financièrement?"
- "Ça m’est arrivé", reconnaît l’entrepreneur, cette fois du bout des lèvres.
- "En liquide?", poursuit le président.
- "Je n’ai jamais fait de chèque", répond de manière elliptique le prévenu.

Mais là encore le maire de Beausoleil réfute en bloc. "J’ai toujours refusé l’argent liquide de M. Alberti". Mais le magistrat insiste: "Pour le financement de votre campagne en 2008, il vous a donné combien?"

Face aux dénégations de Gérard Spinelli, le président Turbeaux fait remarquer "qu’il y a quand même des billes" dans ce dossier.

Accoucher de la vérité... quitte à secouer un peu

Du côté de la défense, on insiste sur le fait que ces éléments matériels s’appuient surtout sur l’interprétation qu’en a livrée Lino Alberti lors de sa garde à vue. Une interprétation qui serait à géométrie variable.

"Pourquoi avoir donné trois versions différentes?", l’interroge Me Eric Dupond-Moretti. L’entrepreneur met cela sur le compte d’une garde à vue éprouvante: "C’était un cauchemar", explique Lino Alberti quand son avocat, Me Franck de Vita, lui demande de raconter comment les choses se sont passées.

Le président écoute stoïquement. "Nous sommes des accoucheurs, a-t-il rappelé plus tôt. Le souci des enquêteurs comme des juges, c’est la vérité. Et qu’on vous secoue un peu pour l’obtenir, cela ne me choque pas."

L’humour acide du président Turbeaux

Le ton est donné. Même si sur le fond, on n’a pas encore entamé la partition. La cour s’est surtout intéressée au contexte de cette affaire ce mardi matin. Allant jusqu’à décortiquer le montage financier du projet Odéon.

Le président Turbeaux questionnant les frères Marzocco sur les intérêts que pouvait y détenir l’Etat monégasque, s’interrogeant aussi sur la raison pour laquelle ils avaient privilégié Vinci sans mettre en concurrence les autres poids lourds du BTP...

Et titillant les deux entrepreneurs sur le bénéfice qu’ils avaient tiré de cette opération d’envergure. "Environ 45 millions d’euros à ce jour", finissent par lâcher les frères Marzocco après quelques contorsions. "C’est pour calculer l’amende au cas où nous révisions le jugement", assène le président de la cour d’assises à l’humour manifestement acide.

Mais pour cela encore faut-il pouvoir entrer en voie de condamnation. Or, il y a tout juste un an, le tribunal correctionnel avait estimé qu’il n’y avait pas lieu de le faire et avait relaxé les protagonistes du volet Odéon de cette affaire.


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