“Rhôooooooooo!”

Vous utilisez un AdBlock?! :)

Vous pouvez le désactiver juste pour ce site parce que la pub permet à la presse de vivre.

Et nous, on s'engage à réduire les formats publicitaires ressentis comme intrusifs.

Je veux bien mais j'ai la freebox

Connectez-vous

pour sauvegarder mes filtres et personnaliser mon flux

continuer sa lecture

lire le journal

Affaire "mains propres": jusqu'à 5 ans requis

Mis à jour le 06/12/2016 à 05:14 Publié le 06/12/2016 à 05:14
Ont été requis hier 2 ans avec sursis contre les promoteurs monégasques, les frères Marzocco; trois ans avec sursis contre le maire de Beausoleil (ici avec ses avocats) et cinq ans dont  trois ferme contre Lino Alberti (à droite).

Ont été requis hier 2 ans avec sursis contre les promoteurs monégasques, les frères Marzocco; trois ans avec sursis contre le maire de Beausoleil (ici avec ses avocats) et cinq ans dont trois ferme contre Lino Alberti (à droite). Photos F. Chavaroche

Affaire "mains propres": jusqu'à 5 ans requis

Ce sont les peines réclamées hier par, fait exceptionnel, deux procureurs de la République. Certaines faiblesses du dossier n'ont pas simplifié la compréhension du rôle des onze prévenus

Hier à Marseille, à l'occasion des réquisitions dans l'affaire "mains propres", on aura effectué plusieurs tours de la planète. Dépaysant. Tobago, Panama, les Îles vierges britanniques, la Suisse, le Delaware. Une véritable géographie des paradis fiscaux. Là étaient hébergés les comptes utilisés par la famille de René Vestri, feu le sénateur maire de Saint-Jean-Cap-Ferrat. Olivia, la fille, Lucette, la veuve, y géraient un patrimoine à faire tourner les têtes. Certains comptes dépassaient allégrement le million d'euros.

Fait inhabituel, deux procureurs, Ludovic Leclerc et Sophie Mercier, se sont réparti la tâche hier à la 6e chambre du tribunal correctionnel. Pour clarifier les choses ? Dans ce cas, le but est raté.

Car cette affaire "mains propres" est au-delà du dossier à tiroirs. C'est un dressing sombre et encombré, plein à craquer de linge sale. "Il y a un certain nombre de difficultés, a admis le procureur, Ludovic Leclerc, dans son préambule. Beaucoup de portes ont été ouvertes et jamais refermées." En d'autres mots, un dossier mal ficelé. Il dit donc vouloir s'appuyer sur un  "faisceau d'indices".

Audience électrisée

Goguenard, Me Eric Dupond Moretti, l'un des trois avocats des frères Marzocco, entrepreneurs monégasques, lui adresse un pouce ironiquement tourné vers le haut. Le ténor du barreau s'est appliqué à électriser l'audience, maugréant, affichant un air consterné, créant l'incident en fin de réquisitions de Ludovic Leclerc. Réquisitions il est vrai psalmodiées à voix basse, et donc parfaitement inaudibles. Le procureur refusera ostensiblement de répéter les peines encourues malgré la demande furibarde de Me Dupond Moretti.

Plus en voix, le second procureur, Sophie Mercier, a tout de même extirpé un homme de ce fatras : Lino Alberti. De ce septuagénaire à la crinière grise flamboyante elle dit que c'est un personnage de roman. En fait la clé de voûte de l'affaire.

"Il a contribué au pourrissement de l'économie de Beausoleil et de Saint-Jean-Cap-Ferrat", lâche la procureure de la République. Sophie Mercier dépeint un homme dangereux, fréquentant volontiers les caciques locaux de la mafia et du grand banditisme.

Les deux procureurs se sont attachés à décrire le pacte de corruption qui liait selon eux les onze prévenus, requérant jusqu'à cinq ans dont trois ferme au maximum. On découvre un univers fait de petits arrangements entre amis, d'apporteurs d'affaires, de valises de billets, de relation à tu et à toi entre politiques et affairistes.

Gérard, oui, mais lequel?

Gérard Spinelli, maire de Beausoleil, était-il au rang des corrompus? "Oui", affirme l'accusation. Pour le ministère public, le premier magistrat était bien le "Gérard" mentionné à la main sur une des enveloppes d'argent liquide retrouvées chez Lino Alberti.

"En rien!" s'est insurgé son avocat, Me François-Xavier Vincesini. Et de rappeler que, dans sa comptabilité occulte découverte par les enquêteurs, Lino Alberti désignait toujours le maire de Beausoleil par "Spinelli".

Et donnait du "Gérard" à un autre homme du dossier, non mis en examen (NDLR : nous ne pouvons en publier le nom).

« Alberti versait régulièrement à ce Gérard-là plusieurs centaines de milliers d'euros." À tel point, affirme l'avocat, que quand un rendez-vous réunit les deux « "Gérard", Lino Alberti écrit dans son agenda: "rendez-vous Gérard-Spinelli". Distinguant ainsi les deux hommes. "Vous n'avez donc rien contre Gérard Spinelli!", plaide l'avocat, demandant la relaxe.

Que restera-t-il de ce dossier à la fin? C'est toute la question qui flottait hier soir sur l'audience où, excepté le cas de Lino Alberti, n'ont été requises que des peines avec sursis. "Un aveu de faiblesse", assure Me François-Xavier Vincesini en coulisses. Les plaidoiries se poursuivent aujourd'hui.

Il va falloir au tribunal beaucoup de discernement pour faire le tri dans le dressing…


commentaires

Les insultes, les attaques personnelles, les agressions n'ont pas leur place dans notre espace de commentaires.
Tout contenu contraire à la loi (incitation à la haine raciale, diffamation...) peut donner suite à des poursuites pénales.

La suite du direct