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À sept dans une Ferrari : 18 mois ferme réclamés

Mis à jour le 29/09/2016 à 05:11 Publié le 29/09/2016 à 05:11
Sept fêtards avaient pris place dans une Ferrari California cabriolet noire, telle que celle-ci. L'un des passagers avait fait une chute très lourde sur la route du Jimmy'z. Il est toujours dans un état grave.	(DR)
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À sept dans une Ferrari : 18 mois ferme réclamés

Dans la nuit du 28 au 29 mai 2016, le conducteur d'une Ferrari cabriolet avait embarqué six passagers. L'un d'eux avait été gravement blessé en chutant. Le conducteur a été jugé mardi

Un Finlandais de 40 ans, résidant en Principauté, était jugé ce mardi par le tribunal correctionnel de Monaco pour avoir conduit le samedi 28 mai, la veille du Grand Prix de F1, sa Ferrari avec un taux d'alcool de 2,08 g par litre de sang. La justice lui reproche également d'avoir commis des blessures involontaires sur un quadragénaire Russe, aujourd'hui hospitalisé à Saint-Pétersbourg et toujours dans un état préoccupant. Mais aussi d'être reparti avec sa voiture et d'avoir omis de lui porter secours. Enfin, d'avoir accepté un nombre de passagers, sept au total, dépassant très largement la capacité du chargement (lire notre édition du 4 juin).

Le ministère public a requis une peine de dix-huit mois de prison ferme et la confiscation de la Ferrari. L'affaire a été mise en délibéré au mardi 4 octobre.

« Tout le monde était heureux »

Dans le box, menotté, ce consultant financier, détenu depuis le 30 mai dernier, essai de minimiser les faits et d'atténuer sa responsabilité. Quand il part du Méridien, où il a consommé plusieurs verres de rosé, il est accompagné de deux couples. Le conducteur prend la direction du SAS Café où il boira de la vodka. Puis, le groupe décide de poursuivre au Jimmy'z. La voie du Larvotto est tellement embouteillée en cette période que la Ferrari s'arrête souvent. Un Russe et son épouse profitent de l'immobilité du bolide de course pour monter à l'arrière…

Le président Jérôme Fougeras Lavergnolle s'interroge sur les raisons de cette décision. Les allégations du prévenu étonnent : « Je ne sais pas ! Je ne les connais pas ! » Le président surpris : « Ils sont montés sans demander votre autorisation ? » Aplomb imperturbable du détenu : « La musique était très forte ! Tout le monde était heureux ! Je ne m'en suis pas aperçu… » Il montre ensuite l'arrière de son cou pour indiquer qu'il a subi une intervention. Cela lui empêche de tourner la tête. La partie civile lui opposera la présence de rétroviseurs, comme dans tout véhicule…

« La faute à l'alcool. Je regrette… »

À l'arrivée au Jimmy'z, c'est le drame. Dès que la barrière se soulève, le conducteur donne un coup d'accélérateur et provoque la chute brutale de la victime qui était allongée à l'arrière, sur le coffre.

À nouveau, le prévenu est mis en cause. Mais il réfute le moindre reproche. Son accélération était maîtrisée, il ne s'est pas aperçu de la chute. Jusqu'à nier aux policiers, à l'époque des faits, avoir conduit sous l'emprise de l'alcool. D'où son refus de se soumettre au test et de signer le PV. Et de déclarer qu'il était « propriétaire d'une Nissan ».

« C'était une blague, reconnaît-il à l'audience, car je ne savais pas de quoi il s'agissait. Aujourd'hui, je regrette beaucoup, c'est la faute à l'alcool… »

Me Yann Crespin, du barreau de Nice, qui représente la partie civile, estime : « Après quatre mois de détention, le prévenu n'a pas pris conscience de ses actes. Lui seul détient la bonne version. Rien n'est crédible. Tout est mensonges et on persiste ! Est-ce qu'un jour la victime pourra sortir de l'établissement spécialisé russe ? On se le demande. Aujourd'hui, à cause de ce drame, sa famille est coupée de toutes ressources financières. » La provision sera évaluée à quelque 1 250 000 €.

« Il conteste mais il sait »

Le procureur Cyrielle Colle fera une pertinente analyse des faits en mêlant tous les éléments et témoignages en sa possession ou évoqués à l'audience. Et de conclure : « Il conteste mais il sait… Ce récidiviste ne peut plus bénéficier du sursis avec sa condamnation antérieure du 18 août 2014. Il faut mettre un frein à ce comportement alcoolisé : au moins dix-huit mois ferme et la confiscation de la Ferrari. »

En terme d'une longue audience de cinq heures, Me Raphaëlle Svara, après avoir décortiqué tous les faits évoqués, plaidera la relaxe.

« C'est le comportement de la victime qui a provoqué sa chute. Et personne n'en a eu connaissance. La responsabilité de mon client doit être atténuée. Préférez au moins la mise à l'épreuve et l'interdiction, jusqu'à cinq ans, de fréquenter les débits de boisson, de conduire, et l'obligation de se soigner… »

Réponse ce mardi 4 octobre à 9 heures.


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