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À Monaco, on ne plaisante avec ceux qui traitent les policiers de "guignols"

Mis à jour le 18/01/2018 à 08:45 Publié le 18/01/2018 à 08:45
L'agent s'inquiétait d'une voiture en stationnement à l'état d'épave.	Le propriétaire a dérapé.
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À Monaco, on ne plaisante avec ceux qui traitent les policiers de "guignols"

Quand on dérape verbalement, surtout face à un policier, il faut savoir répondre de ses faits et gestes, en subir les conséquences et réparer le tort causé à autrui.

Ces obligations ont été rappelées, une nouvelle fois, à un récidiviste qui comparaissait, mardi, devant le tribunal correctionnel de Monaco, pour avoir traité un policier de "guignol"!

Ce pouvoir de provoquer, un exploitant de société de la Principauté l'a encore dépassé, le 20 juin dernier, vers 13 heures, sur l'esplanade du théâtre Princesse-Grace.

Résumé des faits. Comme un membre de la famille souveraine est attendu sur ces mêmes lieux, l'observation d'un agent de la Sûreté publique se porte sur l'analyse des conditions de sécurité.

Il remarque sur le parking une voiture en stationnement à l'état d'épave.

Il s'enquiert de connaître le propriétaire afin de le prévenir sur le danger de circuler avec pareil véhicule.

Le quinquagénaire arrive, mécontent, et des propos acerbes sont très vite échangés… Jusqu'à l'outrage!

"Je n'ai jamais dit que j'étais avocat"

Interrogé par le président Jérôme Fougeras Lavergnolle, le prévenu donne sa version. "J'étais très surpris de voir autant de policiers autour de mon auto que je devais remettre au tôlier. C'est vrai, dans mon énervement je me suis emporté devant des agents zélés. J'étais sur un emplacement privé. J'ai souvent réclamé la présence des fonctionnaires pour rassurer mes clients qui assistaient aux projections dans les périodes troubles vécues récemment. Ils ne sont jamais venus! Je confesse mes propos tenus. Toutefois, je n'ai jamais dit que j'étais avocat, comme vient de la répéter la victime. J'ai seulement déclaré que j'avais fait du Droit…"

Le magistrat, lui, rappelle qu'en novembre dernier, il avait déjà eu les mêmes ennuis. "Oui, parce que je suis très inquiet, angoissé! Ma situation professionnelle n'est pas pérenne et mon établissement est menacé…" 

Si la partie civile comprend les problèmes du fautif, Me Hervé Campana, son conseil, estime que le stress ne peut pas tout excuser. "Comment peut-il considérer que la police ne fait pas son travail quand il demande de sécuriser sa salle de spectacle? Il s'est emporté sans réfléchir. Nous réclamons la somme de 500 euros!" 

"Mettez une épée de Damoclès sur sa tête"

Du côté du Parquet général également, ce comportement impérieux n'est pas justifié. "Le tribunal, proclame le procureur Cyrielle Colle, doit sanctionner ce personnage et lui indiquer qu'à la prochaine réitération ce sera de la récidive légale. Toutes les personnes en difficulté doivent-elles insulter les agents? Mettez une épée de Damoclès sur sa tête avec une peine d'emprisonnement de dix jours avec sursis afin que le prévenu soit vigilant!"

La défense affirmera que son client n'a aucun souci avec l'autorité. "C'est une réaction épidermique qui va le faire dérailler, annonce Me Arnaud Cheynut. Le dialogue se noue mal, certes ! Mais est-il porteur de violences pour autant? Je ne pense pas! C'est celle d'un homme qui se soucie de sa clientèle: en période d'attentats, il a réclamé une protection policière pour rassurer la foule des spectateurs sans avoir satisfaction. Alors, faut-il entrer en voie de condamnation jusqu'à une peine d'emprisonnement? La victime a-t-elle subi un véritable préjudice?"

Le tribunal a semblé sensibilisé par les éléments de la plaidoirie. Il a condamné le prévenu à une peine de 1.200 euros d'amende et au versement d'une somme de 200 euros au policier.

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