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A Monaco, il écope de 15 jours de prison ferme pour avoir (encore) roulé un joint

Un chômeur de 35 ans a été interpellé sur le Rocher, porteur de 0,40 g de cannabis et prêt à fumer un joint. Récidiviste, il a récemment été condamné à quinze jours ferme par le tribunal correctionnel de Monaco.

Jean-Marie Fiorucci Publié le 07/04/2022 à 05:03, mis à jour le 07/04/2022 à 12:42
L’homme n’était plus accessible au sursis après plus de trois infractions commises à Monaco. Photo d'illustration Sébastien Botella

Faudra-t-il apposer un panneau afin d’interdire de fumer du cannabis dans les jardins Saint-Martin? La question peut se poser après l’interpellation, le 28 décembre 2021, d’un accro à la marijuana. Vers 15h30, une patrouille en surveillance sur le périmètre de Monaco-Ville remarquait un homme de 35 ans en train de rouler un joint.

Contrôlé par les policiers, ce chômeur détenait 0,40 gramme de cannabis. Une petite quantité qu’il avait achetée quatre jours auparavant dans le quartier Riquier, à Nice.

Troisième interpellation identique en Principauté

À l’audience, le prévenu a reconnu consommer du haschich depuis cinq ans. Il essaie bien de réduire sa dépendance à la drogue. Mais sa détermination n’est pas très convaincante: c’est la troisième fois qu’il se fait pincer en train de commettre une infraction identique en Principauté. Il faut ajouter à son casier judiciaire une condamnation en France pour outrages.

Il n’y a pas de fumée sans feu pour le président Jérôme Fougeras Lavergnolle. "Depuis le mois de juillet 2018, vous avez récidivé trois fois. N’est-ce pas le moment de mettre en pratique cette volonté rabâchée à chaque comparution? Ne pensiez-vous pas vous exposer à des poursuites en fumant un pétard en pleine journée à Monaco?"

Le geste est tellement devenu banal pour cet adulte qu’il a perdu depuis longtemps toute notion de prudence: "Ce n’est pas facile de m’arrêter…". Le magistrat, presque à bout d’argument pour éclairer la conscience du chômeur addict à la barre, lance: "Vous provoquez presque les services de police. Vous avez été condamné, incarcéré! Qu’est-ce qu’il faut faire pour que vous convaincre d’arrêter? Que fait-on aujourd’hui?"

 

Le substitut Emmanuelle Carniello confirme la détention dans ses réquisitions. "Vous n’êtes plus accessible au sursis. Prononcez une peine d’un mois de prison ferme, l’obligation de soins avec liberté d’épreuve."

"Il n’arrive pas à s’arrêter"

Pour défendre son client, Me Roland Tamisier, du Barreau de Nice, rappelle la sévérité monégasque pour cette infraction, alors qu’en France la répression est moins forte avec une amende de 200 euros. Jusqu’à souligner la vente libre avec un suivi médical en Uruguay.

Ces allusions ont surtout l’espérance d’éviter l’incarcération au prévenu. "Elle n’aura aucun effet, affirme l’avocat. J’ai l’impression que cet homme s’est jeté dans la gueule du loup pour lancer un appel au secours. Il est venu à Beausoleil pour visiter ses parents, et se retrouver en Principauté est presque logique. Il travaille de façon erratique dans le théâtre. Avec la crise sanitaire et plusieurs contrats précaires, il s’est retrouvé au chômage. Il n’arrive pas à s’arrêter. Une mesure nuancée et utile l’obligerait à entamer une démarche sérieuse afin qu’il cesse de faire du mal à lui-même."

Le tribunal réduira à quinze jours ferme les réquisitions du ministère public. Mais il refusera la liberté d’épreuve. Le prévenu n’est plus accessible à cette mesure au-delà de la troisième infraction.

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