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A la tête d'un trafic de drogue sur la Côte d'Azur, une mère de famille condamnée à de la prison ferme à Monaco

Mis à jour le 02/03/2021 à 08:08 Publié le 02/03/2021 à 08:07
Sous forme de cristaux, le shabu est une variante d'amphétamines

Sous forme de cristaux, le shabu est une variante d'amphétamines Photo DR

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A la tête d'un trafic de drogue sur la Côte d'Azur, une mère de famille condamnée à de la prison ferme à Monaco

Une ressortissante philippine résidant à Beausoleil, considérée comme consommatrice et organisatrice d’un trafic d’amphétamines à Monaco, sera incarcérée si elle ne fait pas appel.

L’ultime volet judiciaire de la filière du shabu a été évoqué devant le tribunal correctionnel. On a évidemment reparlé des "mules" venues en Principauté depuis la région parisienne, de 2012 à 2018, pour livrer leurs cargaisons d’amphétamines dans un appartement du "Victoria".

Une longue et fastidieuse instruction avait conduit à l’arrestation des têtes du réseau et à leur condamnation, le 5 janvier dernier, à des peines de prison ferme et avec sursis.

Toutefois, au cours de cette même audience, une disjonction du dossier permettait à une ressortissante philippine de contacter un avocat pour assurer sa défense.

"Ils pensent que je suis une balance…"

Cette fois la quinquagénaire est à la barre et dûment assistée de son conseil. Mise en cause comme consommatrice et organisatrice du trafic de stupéfiants, la pourvoyeuse beausoleilloise reconnaît partiellement les faits.

"Oui! J’étais connue pour être dépendante au shabu. Mais les personnes qui m’accusent d’autres fonctions sont des menteurs. Je ne connais pas les raisons de cette médisance. Ces calomniateurs ne s’imaginent pas combien je les ai protégés. Ils pensent que je suis une balance. C’est faux! Sachez qu’en 2013, tout le monde en vendait…"

La présidente Françoise Barbier-Chassaing peut comprendre d’éventuelles représailles. "Mais je retiens surtout votre position au sein du trafic. On vous désigne comme la principale intermédiaire à Beausoleil. Pourquoi ces gens mentiraient-ils? Vous avez replongé dans cette substance synthétique pour des raisons économiques: vous l’achetiez directement aux protagonistes."

La prévenue s’en tient uniquement à une mission de partage, de dépannage. "Le reste, c’est de la pure invention. Les têtes du réseau sont à Paris, à Lisbonne, en Italie…"

La magistrate ne lâche rien. "Quel est l’intérêt des gens qui ont reconnu leur responsabilité de vous balancer alors que vous êtes un rouage parmi d’autres? Vous racontez des approximations! Il y a plus fort que la Covid: la drogue! Ce cancer de notre société! De toutes les façons, avec un simple partage vous commettez une activité illicite. Ce n’est pas rien…"

Me Mouna Jemali, du Barreau de Grasse, fait aussitôt part d’une inaptitude. "Nous n’avons aucun élément en relation avec la Principauté. Rien n’indique une activité de ma cliente sur le territoire monégasque. Tout se passe à Beausoleil. En revanche, elle est inculpée en France. Je demande au tribunal de se déclarer incompétent dans cette affaire."

Un trafic étendu à toute la Côte d’Azur

Il n’en est pas question pour la procureure Alexia Brianti. Car les livraisons de shabu s’effectuaient en plein cœur de Monte-Carlo où cette femme avait une participation dans un contexte de réseaux.

"Outre les nombreux témoignages la mettant en cause de façon unanime, précise la parquetière. Madame à un rôle important dans la propagation des amphétamines en Principauté. Le trafic sévissait également sur la Côte d’Azur! La peine doit être à la hauteur du délit et cohérente avec les autres condamnations prononcées en début d’année. Dix-huit mois d’emprisonnement ferme!"

Après en avoir délibéré, le tribunal a suivi les réquisitions du ministère public. Toutefois, l’avocate réfléchit à un éventuel appel déclaré dans la quinzaine au greffe général.

"La drogue a détruit sa vie et celle de ses enfants"

À nouveau, dans sa plaidoirie, Me Mouna Jemali rappelle la procédure actuelle française. "Ma cliente sera condamnée deux fois pour les mêmes faits. Dès lors, vous devez vous prononcer incompétents. Pourquoi la présente-t-on comme une balance? Dans toutes les auditions, il y a des contradictions des autres prévenus…

Ne faites pas d’amalgame! On a aucun élément probant qui démontre que ces personnes ont travaillé pour Madame. Ce sont des toxicomanes en manque. Les trafiquants sur le territoire monégasque? Ce sont des petites mains délatrices où fourmillent les faux témoignages…

Pourtant, la prévenue faisait confiance à ses amis dans le partage. Ils lui ont donné un coup de poignard dans le dos ? C’est un acharnement ! Vous ne pouvez pas l’enfermer pendant dix-huit mois. Laissez-lui le droit de se reconstruire ? Laissez-lui cette chance car le dépannage ne peut être assimilé à un trafic. Le shabu a détruit sa vie et celle de ses enfants."

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