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À la barre, les époux s’accusent mutuellement de harcèlement

Mis à jour le 03/01/2020 à 09:29 Publié le 03/01/2020 à 09:29
Dans ce tableau ombragé, les juges doivent rendre leur délibéré le 14 janvier. Illustration.

Dans ce tableau ombragé, les juges doivent rendre leur délibéré le 14 janvier. Illustration. Photo Frantz Bouton

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À la barre, les époux s’accusent mutuellement de harcèlement

C’est l’histoire d’un couple, comme tant d’autres venus régler leurs différends devant le tribunal correctionnel de Monaco.

Celui qui est présent à la barre réunit, le temps de l’audience, deux Monégasques quinquagénaires à la suite d’un conflit banal dans un ménage.

Leurs torts? Certainement réciproques… Avoir entretenu cet effet destructeur mutuel sur plusieurs années, de nature à porter atteinte à la personnalité, à la dignité, à l’intégrité physique ou psychique sur une longue période, comme le prétend la victime.

Aujourd’hui, ils sont divorcés. Mais la haine, ferment terrible de la vengeance, ne s’éteint pas par une simple rupture légale du mariage. Ni, une fois dissoute, à la fin du devoir de cohabitation. Cette affaire s’assimile à une mauvaise mayonnaise…

Car la victime veut le dédommagement de l’offensée et la punition de l’offenseur. Pour obtenir ce châtiment, sa revanche sur l’être fort, elle est venue témoigner de la redoutable toxicité de sa situation d’épouse harcelée, imposée par son mari. Ce n’est pas une rancune gratuite. Elle l’explique par une succession de conflits.

"En dépression, elle fouille dans ma vie…"

À force, leur cohabitation s’est disloquée, entraînant sa désignation de bouc émissaire.

Madame souffre de cette trahison au consentement mutuel des époux affirmés devant le maire. Pour étayer ses souffrances, elle raconte la banalisation des contraintes, l’isolement obligé pour éviter de sombrer, la désintrication des maux tels que l’humiliation, les coups, la dégradation, les menaces… Jusqu’à donner l’image d’un couple limité à un pervers et une victime.

Alors, la conduite abusive de Monsieur, par des gestes, paroles, comportements, attitudes répétées ou systématiques, vise-t-elle à dégrader les conditions de vie de sa conjointe à l’époque des faits, courant 2018?

Telle est la complexité de cette notion de harcèlement, surtout située pour les magistrats au croisement des domaines médical, judiciaire et éthique, qu’ils devront juger, voire relaxer ou condamner, à l’issue d’un long délibéré rendu le 14 janvier 2020.

Le président Jérôme Fougeras Lavergnolle s’en tient rigoureusement à cette notion encadrée par le Code pénal monégasque. Mais il a besoin de savoir, entre autres, pour quelle raison le prévenu est resté aussi longtemps au domicile conjugal, bien après la séparation?

"Je n’avais pas de plan B, répond l’intéressé. Où résider? Je n’avais pas le choix. J’ai une résidence secondaire à Auron, mais le trajet est long."

Les insultes et l’humiliation? "C’était partagé. Mon épouse est en dépression depuis 2016. Elle fouille dans ma vie, jusqu’à téléphoner à mon supérieur."

"J’ai eu peur d’autant de violences"

Le magistrat se tourne vers la plaignante, confortée par son conseil Me Alice Pastor.

"Il était menaçant. J’ai eu peur d’autant de violences jusqu’à faire un malaise. Je ne le mérite pas son comportement: je n’ai toujours pas compris ce qui lui est arrivé depuis le mois de janvier. Il a reçu plusieurs blâmes de sa hiérarchie. Une fois sanctionné par une mesure disciplinaire, il était insupportable à la maison…"

L’avocate, après un rappel poignant des souffrances de sa cliente, a réclamé la somme de 15.000 euros.

"Ne vous laissez pas polluer"

Dans ses réquisitions, le premier substitut Olivier Zamphiroff n’a pas apprécié la phrase lancée par le couple "la justice nous ignore!". Il ne se sent pas "concerné par des plaintes étrangères. En Principauté, les services sont suffisamment adaptés et formés pour recueillir les doléances et les faire remonter au parquet".

À l’issue de cette mise au point, une peine d’amende assortie du sursis, laissée à l’appréciation du tribunal au niveau du quantum, a été réclamée.

In fine, Me Christophe Sosso va débiter un moulon de preuves sur le comportement exemplaire de son client dans une interminable plaidoirie. "C’est une personne de grande moralité et estimée décrite par les témoins. Il y a un contraste saisissant avec le portrait fait par la victime. Le dépôt de plainte serait-il intenté pour forcer mon client à accepter le divorce alors qu’il n’est pas consentant? Que d’incohérences! Ne vous laissez pas polluer par des déclarations bien éloignées de la vérité. Cette femme a des torts et le sujet, grave, comporte de nombreux doutes…"

Réponse le mardi 14 janvier.


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