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18 mois après la rupture, scène de ménage sur le port

Le prévenu a été condamné à 1 000 euros d'amende avec sursis pour avoir tenté d'étrangler son ex-compagne. Selon lui, elle n'aurait jamais accepté la séparation…

JEAN-MARIE FIORUCCI Publié le 18/02/2017 à 05:02, mis à jour le 18/02/2017 à 05:02
Michael Alesi

Un Monégasque d'une trentaine d'années était convoqué cette semaine devant le tribunal correctionnel pour y répondre de faits de violences volontaires commises à l'encontre de son ex-compagne, le 29 mai dernier.

Comme le couple est séparé depuis dix-huit mois, il est question, ce soir-là, de se rabibocher. Elle, Américaine, et lui, restaurateur à Monaco, se retrouvent à La Rascasse avec des amis. Mais une dispute éclate. Des reproches et des insultes, on en vient vite aux gestes. Elle le gifle. Le videur de l'établissement, sans état d'âme, les mets dehors. Dans les escaliers qui mènent sur le boulevard Albert-Ier, une seconde baffe part. Elle lui arrache les lunettes et les brise…

« Elle ne veut pas me lâcher »

 

Quelques mètres plus loin, vers 2 heures, excédé, l'homme plaque la jeune femme contre le mur de la caserne des pompiers, sur l'avenue du Port. Il la menace et commence à l'étrangler.

L'altercation fait un tel tapage dans le quartier que des passants, alertés par les cris de la victime, s'approchent du couple. L'agresseur lâche alors son étreinte à la gorge. En sanglot, elle se réfugie dans la caserne et appelle la Sûreté publique. Lui attend devant la porte…

« Votre rupture est très compliquée », remarque le président Florestan Bellinzona. « Cette fille est lunatique, répond le prévenu. Elle ne veut pas me lâcher ! C'était du harcèlement moral et j'étais dépassé par la situation. Je croyais qu'elle avait compris que tout était fini entre nous. Ce même soir, elle comptait passer la nuit avec moi… »

La victime reconnaît l'avoir rejoint « pour parler avec lui. C'est vrai, je l'ai giflé ».

« Soirée cauchemardesque »

Me Christophe Ballerio prend le relais de sa cliente pour évoquer « une soirée cauchemardesque. Elle a quitté les États-Unis pour venir vivre avec le prévenu, et il l'étrangle ! Un certificat médical l'atteste… Cette femme doit la vie sauve aux passants. On essaie de jeter l'opprobre sur la victime ! Dix textos envoyés en six mois : est-ce une preuve suffisante de harcèlement ? Aujourd'hui, ma cliente fait l'objet d'un suivi psychiatrique. Nous réclamons 5 000 € de dommages ».

 

Si ces amours tumultueuses accumulent péripéties et retournements sur fond de passions et de possessions, le premier substitut Olivier Zamphiroff n'écarte pas l'état émotionnel. « Il est à prendre en compte chez ces jeunes couples qui se déchirent et les tourments qui en résultent. Là, c'est une séparation que l'on n'a pas digérée qui relie leurs auteurs au réel. La peine adaptée ? J'éviterai de parler d'emprisonnement. Vous condamnerez le prévenu à une amende de 1 000 €. »

De son côté, Me Christophe Sosso met en exergue les qualités de son client. « Il est extrêmement paisible et doux. Mature et responsable. Il n'a jamais eu d'attitude défavorable. Il a rompu. Elle n'a jamais accepté. Et encore moins qu'il ait une autre compagne. Alors, au sortir de La Rascasse, elle l'a suivi pour trouver une solution à leur problème. Devant les policiers, cet homme s'est rendu compte de l'excès de son geste. Il le regrette ! Tous les deux doivent arrêter de vivre avec le passé. Soyez indulgent. J'aurais préféré que la partie civile réclame l'euro symbolique… »

Le tribunal suivra les réquisitions du ministère public et allouera 1 000 € à la plaignante.

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