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Un club de judo niçois sur le tatami judiciaire

Mis à jour le 10/12/2015 à 05:14 Publié le 10/12/2015 à 05:14
Mohamed Otmane (à droite) avec son équipe vice-championne de France en février dernier.

Mohamed Otmane (à droite) avec son équipe vice-championne de France en février dernier. Julien Leduc

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Un club de judo niçois sur le tatami judiciaire

La police judiciaire a entendu en garde à vue trois cadres de l'Olympic Judo Nice. Son président est soupçonné d'avoir détourné 300 000 euros de subventions de la Région. L'intéressé conteste

Un porte-étendard nommé Loïc Pietri, champion du monde 2013 et vice-champion du monde en titre. Une équipe masculine sacrée vice-championne de France 2015. Des juniors couronnés rois de France il y a quelques jours encore... L'Olympic Judo Nice (OJN) peut s'enorgueillir d'une belle réussite sportive. Mais son nouveau combat se joue sur le tatami judiciaire. Et ce combat-là n'est pas moins relevé.

Trois cadres du club ont passé ces deux derniers jours en garde à vue, à Nice, dans les locaux de la police judiciaire. Mohamed Otmane, 45 ans, a été le dernier à recouvrer la liberté hier soir. Le fondateur et président de l'OJN, qui revendiquait l'an passé 1200 adhérents dont 600 licenciés, doit aujourd'hui clamer son innocence. La justice lui reproche d'avoir détourné d'importantes subventions, versées notamment par la Région. Entre 2007 et 2011, l'OJN aurait perçu indûment pas moins de 310 000 e !

Esprit sportif bafoué ?

Depuis décembre 2013 déjà, le conseil régional réclame son dû à l'OJN. Facture chiffrée : 280 000 e. Ces aides allouées au titre du plan régional pour l'emploi devaient couvrir les salaires d'éducateurs et financer l'achat de matériel, dont trois minibus. « Les éléments de l'enquête, graves et concordants, laissent penser que ces sommes ont été utilisées à d'autres fins... », explique le procureur de la République de Nice, Jean-Michel Prêtre.

Après de longs mois d'enquête, la division économique et financière de la PJ est passée à l'offensive mardi. Mohamed Otmane a été placé en garde à vue avec la comptable de l'OJN et son ex-femme, qui en a, elle aussi, exercé la présidence. Tous trois ont été libérés hier, en attendant les suites de l'enquête préliminaire et une possible convocation en correctionnelle.

Bien sûr, le responsable et ses cadres sont présumés innocents. Mais s'ils venaient à être établis, les « éléments graves et concordants » évoqués par le procureur seraient bien loin de l'esprit sportif...

Mohamed Otmane est soupçonné d'avoir modifié des contrats de travail et falsifié des bulletins de paie, afin de percevoir des aides pour des professeurs... qui avaient quitté le club. « S'il y avait une infraction contractuelle, il s'agirait d'un bug d'ordre purement administratif, corrige son avocat, Me Thibault Pozzo di Borgo. Le dirigeant de l'OJ Nice conteste radicalement le fait d'avoir pu s'enrichir personnellement au détriment de l'association. »

A ce jour, les enquêteurs ne disposent, en effet, d'aucune preuve d'enrichissement personnel. Reste que, selon nos informations, l'intéressé aurait largement reconnu les faits reprochés lors de sa garde à vue. Les justifiant par le seul intérêt de l'Olympic Judo Nice.

Ce club, qualifié par Me Pozzo di Borgo de « fleuron du judo niçois », a bâti son succès en cultivant une politique de recrutement attractive auprès de grands noms des tatamis, tels Loïc Pietri ou le champion d'Europe 2010 Sofiane Milous. Des fonds détournés ont-ils servi à doper cette attractivité ? C'est l'une des hypothèses de l'enquête. Le cas Pietri ne serait pas concerné : selon l'adjoint aux sports de Nice, Gilles Veissière, il bénéficiait d'une subvention municipale en son nom propre.

Placé en redressement

Désormais, l'OJN n'est pas ippon, mais il a un genou à terre. Le voilà placé en redressement judiciaire, à la demande de son avocat. « J'ai anticipé cette difficulté [la créance de 280 000 e réclamée, ndlr] en demandant la protection du tribunal de grande instance », plaide Me Pozzo di Borgo.

Dans le milieu du judo, où la réussite de l'OJN a souvent fait grincer des dents, les langues se délient. L'un de ses anciens judokas parle de « comptabilité opaque », de « club bâti sur des mensonges », qualifie son président de « gourou ». « C'est "Momo" qui faisait tout, acquiesce un ex-salarié, décrivant des méthodes « pour le moins douteuses » mêlant intérêts du club et train de vie personnel.

« En détournant les subventions allouées au fonctionnement du club, c'est l'argent des adhérents qu'il détourne ! », assène l'un de ces observateurs, revanchard.

Aux enquêteurs de faire la part des choses entre accusations fielleuses et faits bien réels. Joint hier soir, Mohamed Otmane a préféré s'en remettre à son avocat.

Offre numérique MM+

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