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Votre enfant n'aime pas l'école? 5 conseils pour éviter le "burn-out parental"

Mis à jour le 16/09/2019 à 08:59 Publié le 01/09/2019 à 08:20
Comment accompagner au mieux sa fille ou son fils réfractaire aux études?

Comment accompagner au mieux sa fille ou son fils réfractaire aux études? Photo Dylan Meiffret

Votre enfant n'aime pas l'école? 5 conseils pour éviter le "burn-out parental"

Tensions autour des devoirs, traque aux smartphones et autres distractions… L'année dernière a été laborieuse et vous redoutez d'affronter cette nouvelle année scolaire? Pas de panique. On a demandé à notre abonné-expert niçois André Giordan, docteur en sciences de l'éducation, de nous donner des clés pour éviter la rupture.

Devoirs, temps d'écran, sommeil, activités extrascolaires, motivation: comment accompagner au mieux sa fille ou son fils réfractaire aux études?

André Giordan, docteur en sciences de l'éducation et auteur de nombreux ouvrages (1)  livre quelques clés pour tenter d'éviter les crises. "Mais, prévient d'emblée il n'y a pas de solution miracle. Le métier de parent est très difficile."

1. Devoirs: instaurer un rituel dès le plus jeune âge

Quand les écoliers et collégiens rentrent de l'école, André Giordan préconise de leur laisser un temps de détente-goûter d'une demie-heure avant de s'attaquer aux devoirs. Un rituel qu'il recommande d'instaurer très tôt, chez les très jeunes.

"S'ils sont à l'école primaire ce sera entre une demi-heure et une heure maximum de travail. Et au collège, 1 heure voire plus."

"Le préalable, insiste-t-il, c'est de donner du sens, d'expliquer à ses enfants à quoi servent les devoirs: notamment à consolider ce qu'on a vu en cours."

L'élève doit aussi chercher à comprendre ce que le professeur attend de lui.

"Au collège lui apprendre à planifier ses travaux, à s'avancer, à ne pas attendre le dernier moment ce qui lui permet éventuellement de se faire accompagner."

Au collège, apprendre à ses enfants à anticiper et à planifier ses travaux.
Au collège, apprendre à ses enfants à anticiper et à planifier ses travaux. Photo Thibaut Parat

Où faire ses devoirs?
"C'est important que ce soit un lieu agréable, organisé, où il n'y a pas de télé, pas de smartphone pour éviter les distractions. Avant de commencer, il doit veiller à avoir sous la main tout ce dont il a besoin. Équerre, rapporteur… s'il s'agit d'un exercice de maths par exemple." Ça évitera que votre enfant s'interrompe pour aller chercher ce qui lui manque.

"Je conseille aux élèves de commencer par ce qui les ennuie le plus. Et de ne pas traîner, car ils font souvent semblant de travailler."

Une astuce? "Je leur dis de se chronométrer. S'ils chassent les pertes de temps, ils disposent ainsi de temps pour faire autre chose."

La situation idéale: avoir dans son entourage une personne de confiance pour aider sa progéniture dans les devoirs. "Ça marche mieux. En revanche quand ce sont les parents qui s'en occupent il y a souvent des blocages."

"Mieux vaut éviter de réagir dans l'instant, à chaud. C'est bien de trouver un temps en fin de semaine, pour revenir sur ce qui a marché, pas marché."

S'il n'y a pas de recette miracle, et que les tensions sont difficiles à éviter, André Giordan recommande aux parents d'être "bienveillant et exigeant".

"Quand on rentre, après une journée de labeur, on est fatigué et donc on n'a pas de patience." La situation peut vite devenir explosive, mais dans ce cas, suggère-t-il: "mieux vaut éviter de réagir dans l'instant, à chaud. C'est bien de trouver un temps en fin de semaine, pour revenir sur ce qui a marché, pas marché."

Autre conseil: "Dédramatiser les mauvaises notes et travailler sur les erreurs: amener les enfants à comprendre pourquoi ils se trompent: est-ce que la leçon n'est pas suffisamment sue, n'ont-ils pas compris la question?"

Il insiste sur la nécessité "d'apprendre aux élèves à réfléchir par eux-mêmes, ce que l'école ne leur apprend pas. Mais ça demande aux parents de savoir comment fonctionne son enfant, quel est son rapport au savoir et au monde."

>> RELIRE. Comment donner aux écoliers et aux collégiens l'envie d'apprendre

"Donner du sens aux devoirs: expliquer à ses enfants qu'ils servent à reconsolider ce qu'on a vu en cours."
"Donner du sens aux devoirs: expliquer à ses enfants qu'ils servent à reconsolider ce qu'on a vu en cours." Photo Denis Charlet (AFP)

2. L'aider à développer des stratégies pour apprendre ses leçons

Pour aider son enfant à mémoriser ses leçons facilement, il conseille de repérer sa "préférence". "Est-il auditif, visuel, kinesthésique, c'est à dire qu'il a besoin de bouger pour apprendre?"
Dans ses livres "Apprendre à apprendre à l'école" et "Apprendre à apprendre au collège", il propose un test pour déterminer la préférence.
Autre possibilité: "Je demande souvent: quand vous pensez aux vacances: ce sont plutôt des sons, des photos, des odeurs, un film qui vous viennent à l'esprit?"

Des livres pratiques à mettre entre les mains de ses enfants.

Si votre enfant est plutôt visuel: "lui conseiller de faire une carte mentale, c'est-à-dire une présentation visuelle sous forme de schéma en arborescence pour avoir une vue d'ensemble." Et noter quelques détails pour compléter.

Si votre enfant est plutôt auditif: "qu'il se raconte la leçon, s'enregistre et se réécoute. C'est important de compléter l'apprentissage par une carte mentale pour avoir une vue d'ensemble."

Si votre enfant est plutôt kinesthésique, il a besoin d'être physiquement actif: "il apprendra mieux en bougeant."
"Dans tous les cas, pour s'assurer que la leçon est sue c'est bien de l'interroger, ou de demander à un frère et ou une sœur de le faire."

D’une manière générale, plus on multiplie les façons de faire, mieux on mémorise. Surtout on se met en situation où on va être interrogé!

3. Activités extrascolaires: ne pas surcharger les enfants

"Une activité sportive et une activité culturelle c'est bien, mais pas plus." A trop vouloir les multiplier les enfants se retrouvent surchargés et les parents courent pour les accompagner. 

Autre conseil: "Quand on démarre le piano, la danse, le foot ou la natation... on va jusqu'au bout de l'année. On ne change pas tout le temps."

Et si sa progéniture ne veut rien faire? "Les parents peuvent proposer, parce que ces activités sont bonnes pour son développement intellectuel et psychique, et puis elles évitent qu'ils restent sur leur console de jeux, leur smartphone…"

4. Limiter le temps d'écran et... montrer l'exemple

A la maison il faut réguler l'usage du smartphone
A la maison il faut réguler l'usage du smartphone Photo d'illustration Istock

"Le smartphone est un outil formidable, ça peut être un dictionnaire, une encyclopédie, l'enfant peut chercher une information pour un devoir, il y a même des jeux pour apprendre l'orthographe, les verbes irréguliers, les multiplications..." Et certaines de ces applis permettent de vérifier le temps de connection, la progression…

"Les parents doivent mettre un cadre à cet usage qui, sans cela, s'avère dévorant"

"Il faut limiter le temps passé sur les écrans pour éviter l'addiction qui est un problème de santé."

Autre risque: l'exploitation des données postées par les ados sur les réseaux sociaux. "Il faut les sensibiliser au droit, à faire attention à ce qu'ils mettent en ligne."
Dans la vie quotidienne, il invite les parents à "montrer l'exemple. A table, c'est un moment d'échange où on se retrouve en famille: pas de smartphone. Si ça sonne, on laisse sonner, ça peut attendre."

5. Sommeil: ne pas céder au chantage

"Entre 6 et 12 ans, 9 à 10 heures de sommeil suffisent. Quand son enfant ne veut pas se coucher: ne pas céder au chantage. Établir un rituel en s'asseyant au bord du lit, lui raconter une histoire, discuter de la journée. Puis lui  faire un câlin, l'embrasser, lui dire bonne nuit et quitter la pièce. Et s'il pleure, le laisser pleurer."

Quant aux ados, leur demander de déposer leur smartphone, en dehors de la chambre, au moins une demi heure avant de dormir.
Une nuit comprend 4 à 6 cycles de sommeil, et chaque cycle est composé de phases lentes et paradoxales. La durée varie selon l'âge de l'enfant. Et mieux vaut ne pas se réveiller au milieu d'un cycle...

(1) Professeur à l’université de Genève et fondateur du Laboratoire de Didactique et Epistémologie des sciences, André Giordan est notamment l'auteur d'ouvrages à destination des enfants et des parents: «Apprendre à apprendre» à l’école et au collège, et "Apprendre à apprendre". Aux éditions PlayBac. Ce dernier livre, lors de sa parution  en 2007, s’est vendu à 200.000 exemplaires. 


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