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Une classe pour enfants autistes a ouvert à l'école René Cassin à Menton

Dans le cadre d’un projet porté par l’association Apreh, la Ville de Mentonet l’Inspection académique, l’école maternelle pourra accueillir jusqu’à sept enfants de la circonscription. Une grande avancée.

Alice Rousselot Publié le 04/09/2021 à 16:45, mis à jour le 04/09/2021 à 16:34
Le maire de Menton, Jean-Claude Guibal, est venu rencontrer l’équipe de l’UEMA lors de sa traditionnelle tournée des écoles. (Photo Dylan Meiffret)

C’est une belle – et encourageante – nouvelle de la rentrée. Après Nice et Mougins, Menton est la troisième ville du département à accueillir une unité d’enseignement en maternelle pour enfants avec autisme (UEMA). Jeudi, trois petits originaires de Roquebrune et de Menton ont ainsi intégré l’école René Cassin, accompagnés de leurs parents. L’un après l’autre.

En toute délicatesse. "Il s’agit d’une classe externalisée dans une école lambda", résume Pascal Robeau, directeur du pôle enfance à l’Apreh (1). Soulignant le gros travail mené avec la commune – qui met à disposition une Atsem, et prête les locaux – pour mener à bien ce projet, en lien avec l’ARS et l’Inspection académique. "Le concret commence aujourd’hui. Nous travaillerons à plein temps dès la semaine prochaine. Avec sûrement des ajustements: pour certains la cantine peut être compliquée. Pour d’autres, le fait de venir toute la journée. Le but, c’est vraiment que les enfants soient bien... et les parents aussi. Beaucoup d’entre eux étaient inquiets pour la scolarité de leur petit s’il avait dû se retrouver dans une classe à 29/30 élèves."

L’unité, elle, propose d’accompagner jusqu’à sept enfants âgés de 3 à 4 ans – parce qu’un tel suivi nécessite deux ans de travail minimum. D’autres petits de la circonscription de Menton atteints de troubles autistiques pourront intégrer le dispositif tout au long de l’année. Selon les demandes. "C’est la Maison départementale des personnes handicapées (MDPH) qui les oriente. Pour cette unité, on cible les enfants qui ont un intérêt à faire moins de route. L’un d’entre eux devait aller à Nice avant. Or, 45 minutes de voiture, ça en rajoute vraiment aux difficultés", note Caroline Keller, chef de service éducatif à l’Apreh.

 

L’équipe 100% féminine, principalement constituée d’une neuropsychologue et d’éducatrices spécialisées, a récemment suivi une formation à l’autisme auprès d’un organisme parisien. "L’institutrice, Laura, est venue sur ses congés. Deux parents étaient également présents, notamment pour travailler sur le volet de la communication. Il y avait aussi des gens d’une UEEA de Nice (Unité d’enseignement en élémentaire autisme) pour faire le liant", reprend Pascal Robeau.

Attaché à ce que les écoliers accueillis à René Cassin poursuivent ensuite leur parcours dans un cadre scolaire. "L’idée n’est pas non plus de dire que tous les enfants doivent être à l’école, dans certains cas cela s’apparenterait à de la maltraitance. Mais il faut trouver la bonne dose. C’était important pour nous de réinvestir l’est du département, où on constate une réelle zone blanche pour l’accueil des enfants, des ados et des jeunes présentant des troubles du comportement. Il reste encore un gros chantier, mais ça s’ouvre...", souligne le responsable.

Précisant que la scolarisation est certes importante, mais l’environnement dans lequel les petits gravitent l’est tout autant. Aussi le fait de se trouver dans un centre de loisirs – l’unité travaillera au premier étage de l’école, là où se trouve le centre des Grenouilles bleues – permettra-t-il de mobiliser d’autres leviers d’éveil. "Il s’agira de trouver un rythme entre temps scolaire et périscolaire. Les enfants ne seront pas lâchés entre midi et deux. On entend aussi travailler pour assurer une prise en charge les mercredis, et plus largement pour les accompagner dans nos activités", complète Stéphane Bascoul, responsable du service jeunesse à la Ville. Lui pour qui le projet d’UEAM relève de l’inclusion sociale plus que de la simple inclusion scolaire. De même, quand l’enseignante s’absentera pour poursuivre sa formation, une remplaçante attitrée prendra en charge les élèves, glisse Pascal Robeau. "On ne ferme pas la classe en cas d’absence. Il y aura toujours un accueil."

(1) Association pour la réadaptation et l’épanouissement des handicapés.

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