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Le mode d’emploi de la rentrée des classes à Monaco

Mis à jour le 08/05/2020 à 14:35 Publié le 08/05/2020 à 14:33
Pas de prise de la température à l’entrée du lycée, mais la possibilité de faire le test sérologique Medsan.

Pas de prise de la température à l’entrée du lycée, mais la possibilité de faire le test sérologique Medsan. Photo Cyril Dodergny

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Le mode d’emploi de la rentrée des classes à Monaco

À quatre jours de la réouverture des écoles de Monaco, le gouvernement princier est prêt à accueillir les premiers lycéens ce lundi 11 mai, dès 8 heures, en demi-groupe.

Quels élèves vont reprendre les cours lundi ?

Le plan de déconfinement de la Principauté prévoit une reprise graduelle de l’activité scolaire, pour certaines classes seulement, au cours du mois de mai. Lundi 11 mai, ce seront d’abord les lycéens de Première et Terminale qui reprendront les cours ; parce que ce sont « des classes à enjeux », souligne Patrice Cellario, conseiller de gouvernement-ministre de l’Intérieur. Pas question donc d’accueillir les quelque 6 000 élèves que compte la Principauté. « Il faut que la reprise soit progressive et raisonnée afin de traiter l’ensemble des problématiques. »

« Les familles qui ne souhaiteront pas envoyer leurs enfants au lycée seront libres d’agir comme bon leur semble, rappelle Patrice Cellario, mais nous recommandons le retour au lycée. Nous avons ciblé des classes à enjeux qui ont des rendez-vous importants en fin d’année scolaire. »

De son côté, Isabelle Bonnal souligne : « Je voulais accompagner les jeunes jusqu’à la fin. Il était pour moi inimaginable de les laisser du jour au lendemain, en mars. » À quelques semaines de ce qui aurait dû être les premières épreuves du baccalauréat, les lycéens, même s’ils sont notés sur le travail continu, vont pouvoir retrouver le cadre éducatif et leurs enseignants. Alors que certains se posent encore de nombreuses questions sur leur orientation et Parcoursup, ou ont besoin de la « vraie » relation avec l’enseignant pour être à niveau, le retour en classe est indispensable dès lors que les règles sanitaires sont scrupuleusement respectées. Le 18 mai, ce sera au tour des élèves de 6e et de 3e.

Le 25 mai, les écoliers de CP et de CM2 pourront revenir en classe. Les autres enfants n’auront pas de cours jusqu’en septembre. Quel que soit le niveau de classe, les élèves, professeurs et personnels des établissements scolaires devront tous se couvrir la bouche et le nez. Mais les jeunes qui auraient oublié leur masque ne seront pas renvoyés chez eux. Le lycée Albert-Ier, par exemple, dispose d’un lot de 3.000 masques destinés aux élèves.

Le calendrier scolaire va-t-il changer pour s’adapter aux circonstances?

« Il n’y a aucun changement de calendrier scolaire », souligne le conseiller ministre de l’Intérieur, Patrice Cellario. Ainsi, aujourd’hui 8 mai qui n’est pas un jour férié monégasque, les enfants n’ont pas de cours car l’Éducation nationale en avait décidé ainsi, ce vendredi ayant été prévu comme extrêmement embouteillé en raison des préparatifs du Grand Prix historique !

Idem pour le vendredi 22 mai qui était entièrement dédié au Grand Prix de Formule 1 àl ’époque de l’élaboration du calendrier scolaire. Et pas question non plus de raccourcir les vacances d’été ! La fin de l’année est fixée le vendredi 26 juin après la classe alors que la France finit le 3 juillet.

« Nous avions prévu ce calendrier pour permettre aux jeunes de partir en stage dès début juillet » explique Patrice Cellario. Pas sûr toutefois que, cette année, beaucoup d’enfants voyageront pour parfaire une langue ou un apprentissage…

Combien d’heures de cours auront les lycéens ?

Les élèves vont avoir un emploi du temps sacrément allégé !

Fini les 30 ou 35 heures de cours hebdomadaires. Ils auront deux matinées ou après-midi de présence en classe. Il s’agit des matières fondamentales. Par exemple, pour les Terminales en économique et social (ES), les lycéens auront des cours d’histoire-géographie, mathématiques, sciences économiques et sociales et anglais.

Les Terminales scientifiques auront, quant à elles, mathématiques, sciences de la vie et de la terre (SVT), science physique et anglais. Certains cours continueront à être dispensés à distance. Par exemple, pour les Terminales ES : philosophie, seconde langue et leur spécialité. Certaines matières comme le sport, l’art plastique ou le théâtre ne sont plus dispensées

Les élèves seront-ils dépistés ?

L’information est d’importance : la prise de température ne sera pas faite à l’entrée du lycée, mais l’ensemble du personnel enseignant, et aussi les élèves, se verront proposer un test diagnostic sérologique pour un dépistage du Covid-19.

« Il s’agit de piquer le bout du doigt pour recueillir une goutte de sang, explique Patrice Cellario, conseiller-ministre de l’Intérieur. C’est le personnel de la Croix-Rouge monégasque, missionné par la Direction des Affaires sanitaires et sociales (Dass) qui effectue les tests. Les résultats sont quasi-instantanés et disent si la personne a ou n’a pas les anticorps. »

Ainsi, soit le jeune n’a jamais été en contac avec le virus (p d’anticorps), soit été ou est porteur tomatique de la maladie (présence d’anticorps). Selon Patrice Cellario, les résultats sont envoyés aux familles et la confidentialité est totalement assurée. Selon Pierre Cellario, proviseur du lycée Albert-Ier, il n’y a eu aucun malade parmi les 62 enseignants.

Quelles mesures pour étudier en toute sécurité ?

Le gouvernement princier et l’Éducation nationale veulent respecter une règle d’or : la santé avant tout ! Les établissements ont donc été équipés pour que chacun soit dans des conditions optimales. Les mesures prises sont nombreuses.

Du gel hydroalcoolique et du savon seront mis à disposition des élèves et du personnel, ainsi que des masques. Adultes et élèves devront systématiquement porter un masque dans l’établissement scolaire.

La distanciation sociale sera strictement respectée : 1,50 mètre entre chaque table et dans les couloirs.

Les salles seront nettoyées et désinfectées chaque midi entre le groupe du matin et celui du soir. Un nettoyage sera également mis en place tout au long de la journée pour aseptiser les locaux et le matériel : les rampes d’escalier, les tables dans les salles de classe, les poignées de portes, les interrupteurs, les supports pédagogiques… Les locaux seront aérés le plus possible. Les établissements scolaires mettront en place plusieurs entrées pour les élèves – il y en aura trois au lycée Albert-Ier – afin d’éviter tout rassemblement de personnes. Il n’y aura pas de cantine, inutile du reste au lycée puisque les jeunes auront cours soit le matin, soit l’après-midi.

Les lycéens n’auront pas la pause de 10 heures pour retrouver leurs amis et discuter dans la cour.

« Il y aura une pause bien sûr, mais pas de récréation », note le conseiller-ministre de l’Intérieur. Dans les couloirs, les salles de classe et même les toilettes, des bandes de ruban adhésif orange sont partout pour marquer la distanciation.

Avis aux bavards : les élèves vont être installés un par table, en quinconce. Le nombre de jeunes présents dans l’établissement étant très diminué, la place sera largement suffisante pour respecter les consignes de distanciation.

« Nous devrions accueillir 130 élèves, lundi matin, au lycée Albert-Ier , explique Pierre Cellario, proviseur, soit 40 élèves par étage, répartis en quatre salles par étage. » Au total, 260 élèves de Première et 255 élèves de Terminales sont attendus, certains le matin, d’autres l’après-midi, certains les lundis et mardis, d’autres les jeudis et vendredis. « Les élèves ne se croiseront jamais, note Patrice Cellario, conseiller de gouvernement-ministre l’Intérieur. Des sens uniques de circulation ont été prévus à cet effet. » De quoi apprendre la discipline…

Et ceux qui ne veulent pas retourner au lycée ou à l’école ?

« Je vais respecter les parents qui veulent garder leurs enfants à la maison. Les jeunes auront un accompagnement pédagogique. » Bien qu’elle encourage vivement le retour en classe, Isabelle Bonnal, directeur de l’Éducation nationale, se montre très compréhensive.

Les conseils pour les élèves poursuivant l’enseignement à distance sont stricts : faire régulièrement ses devoirs, suivre les visioconférences, ne pas hésiter à solliciter le professeur en cas de besoin.

Les parents sont aussi vivement sollicités pour veiller à la bonne assiduité de leurs enfants.

« Pour les parents des élèves poursuivant l’enseignement à distance, il faut faire en sorte de garder la motivation de son enfant en suivant son travail, en veillant à ce qu’il soit régulier et en n’hésitant pas à solliciter le professeur ou la direction de l’établissement scolaire en cas de besoin. »

Mais selon l’administration, les lycéens seraient très minoritaires à rester chez eux. 85 % ont répondu favorablement à un retour en classeàFANB. Au lycée Albert-Ier, Pierre Cellario attend de voir comment les choses se passent pour avoir une juste estimation. À l’évidence, les enjeux des épreuves du baccalauréat sont autant d’encouragements pour les élèves et leurs parents.

Pourquoi des élèves seront-ils obligés d’attendre septembre ?

Certains élèves ne retrouve pas le chemin de leur établissement avantla rentrée du 7 septembre 2020. Poursuivent donc le travail à distance les classes de CE1, CE2, CM1, 5 e , 4 e , 2nde et de mise à niveau (MAN).

« Conformément à notre mission d’aide aux plus fragiles, les élèves en situation de handicap ou présentant des besoins éducatifs particuliers seront, quant à eux, accueillis à plein temps : SEGPA, AIS, Adaptation », note Isabelle Bonnal. Ce choix a été fait en concertation avec les acteurs de la vie éducative.

L’objectif est de mettre l’accent sur les classes charnières où sont enseignés des fondamentaux. « Au primaire, le CP est essentiel pour l’acquisition de la lecture et de l’écriture. De même, le CM2 doit préparer l’entrée au collège. »

Même logique pour le collège avec un suivi présentiel encouragé en 6e et en 3 e . Et pas de panique pour la rentrée de septembre : une remise à niveau sera prévue si besoin.

Et le bac dans tout ça ?

Isabelle Bonnal est claire : « Le but est que les élèves reviennent pour améliorer leurs notes car durant les deux mois de confinement, il a été décidé que les notes ne comptaient pas dans la moyenne. Il va donc s’agir de multiplier les devoirs sur table. Pour cela, les conditions de travail seront exceptionnelles puisque les jeunes ne seront qu’une dizaine par classe. Il faut qu’ils profitent de cette mise en place pour compléter leur formation. »

Et c’est bien cela qui compte aussi, car un arrêt brutal mi-mars avec une assiduité quelque peu aléatoire n’est certainement pas le meilleur moyen d’acquérir les compétences suffisantes pour rentrer dans certains établissements supérieurs.

Les jeunes qui savent déjà qu’ils ont leur bac avec les notes des premier et deuxième trimestres seront-ils tentés de ne pas revenir en classe ?

Patrice Cellario ne veut pas y croire. « Les jeunes ont envie de se retrouver. On ne perçoit pas de démotivation. Ils sont globalement sérieux. »

Et Isabelle Bonnal souligne : « Ceux qui ont des notes proches d’une mention seront plutôt encouragés de venir pour décrocher les quelques dixièmes de points qui leur manquent. »


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