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VIDÉOS. Ces Niçois sont champions du monde de freefly, leurs acrobaties à 4.000 mètres d'altitude vont vous couper le souffle

Mis à jour le 09/09/2020 à 16:49 Publié le 09/09/2020 à 16:28
En 2019, Grégory Crozier et Karine Joly ont effectué un saut à plus de 4.500 m d’altitude, au-dessus des pyramides de Gizeh, en Égypte.

En 2019, Grégory Crozier et Karine Joly ont effectué un saut à plus de 4.500 m d’altitude, au-dessus des pyramides de Gizeh, en Égypte. Photo DR

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VIDÉOS. Ces Niçois sont champions du monde de freefly, leurs acrobaties à 4.000 mètres d'altitude vont vous couper le souffle

Champions du monde en 2018, les Niçois Grégory Crozier et Karine Joly empilent les titres depuis dix ans dans cette discipline artistique dérivée du parachutisme sportif. Découverte.

Tous les champions du monde ne sont pas des stars. Comme l’équipe de France de football masculine, Gregory Crozier a été titré en 2018, mais il ne peut que le constater: "Personne ne nous connaît!"

Et pourtant, voilà dix ans qu’avec sa compagne, Karine Joly, et leur vidéoman, Baptiste Welsch, les Niçois empilent les titres dans un sport spectaculaire: le freefly.

"Avec le freestyle, ce sont les deux disciplines de parachutisme artistique les plus récentes, déroule-t-il. Elles explosent, comme le snow à une certaine époque. C’est un vol en trois dimensions, pas juste à plat ventre. Il y a dix fois plus de plaisir."

Greg Crozier et Karine Joly.
Greg Crozier et Karine Joly. Photo DR / Ewan Cowie

L’exercice: trente minutes, vol compris. Un saut à 4.000 mètres d’altitude, une chute libre sur 3.000 mètres, qui dure quarante-cinq secondes et pendant laquelle on déroule et on filme la chorégraphie, avant d’ouvrir le parachute.

"Transformer son corps en avion"

Alors qu’au freestyle, il n’y a qu’un performeur en plus du vidéaste, le freefly en a deux. Ce qui veut dire du travail. Beaucoup de travail.

"Ce n’est pas la même chose, poursuit le Niçois âgé, comme sa compagne, de 39 ans. Le freestyle est plus rythmé car il y a beaucoup plus de mouvements. Nous, on a un travail de synchronisation. Ce sont des années et des années de répétition. Pour participer aux championnats du monde, il faut au moins trois ans de travail, à raison de 300 à 400 sauts par an. Au minimum! Et pour les gagner, il nous a fallu dix ans et 2.800 sauts."

Née au début des années 1990, la discipline rattachée à la Fédération française de parachutisme a explosé au tournant des années 2000, avec le développement des souffleries, qui permettent de s’entraîner en intérieur, plus longtemps et sans le stress du déclenchement du parachute.

Il y a dix ans aussi que Karine et Greg, aujourd’hui licenciés au Cercle parachutisme de Nice, se sont pris de passion pour l’exercice. "On a chacun notre façon de l’appréhender, détaille Grégory. Karine adore le sentiment de liberté, de voler en trois dimensions, le fait de ne plus être soumis à un appui sur le sol. Moi, c’est plus pour le sentiment de puissance. Monter et descendre vite, transformer son corps en avion."

Pour Grégory Crozier et Karine Joly, la performance commence dès la sortie d’avion.
Pour Grégory Crozier et Karine Joly, la performance commence dès la sortie d’avion. Photo DR

"Ce sport est cher, mais il n’y a pas d’argent"

Mais cette passion a un coût: une formation à 1.200 euros, puis des sauts à 25 euros l’unité. Sans compter le matériel, ou les déplacements. C’était d’ailleurs ce qui effrayait Greg, alors skipper dans la marine marchande, et Karine, designer, avant de tenter de devenir pro.

D’autant que les sponsors ne courent pas les rues: "Paradoxalement, ce sport coûte très cher, mais il n’y a pas beaucoup d’argent." Ils sont progressivement devenus moniteurs, ce qui leur a permis de baigner dans la discipline.

Leur notoriété s’est élargie au rythme de leur palmarès. Leur titre de champions du monde leur permet d’être invités à des événements prestigieux, comme pour l’inauguration de la plus grande soufflerie du monde, à Abou Dabi.

Et puis, le coronavirus est passé par là aussi. Bien que le sport ait pu reprendre, toutes les dates de stages et invitations ont été annulées. "On est obligés de faire des dates plus nationales, mais c’est du bricolage", reconnaît-il. Mais une bonne nouvelle vient de tomber.

La fédération égyptienne les invite à sauter au-dessus des pyramides, "pour promouvoir le parachutisme civil, encore interdit là-bas", mais l’événement avait été suspendu. Il aura bien lieu, en novembre.

Le "vidéoman", le troisième membre du triangle gagnant

Grégory Crozier estime que leur titre de champion du monde s’est joué à la sortie de l’avion. "Nous avons fait une sortie en rotation forte, qui s’arrête d’un coup et en équilibre. C’est difficile et risqué".

Mais si le "vidéoman" n’avait pas été là, le duo aurait pu faire toutes les acrobaties du monde que ça n’aurait servi à rien. Pas d’images, pas de performance.

"Cette troisième personne qu’on ne voit pas, c’est comme le batteur d’un groupe: on a tendance à ne pas le voir, mais sans lui, il n’y a pas de cadre."

Depuis cinq ans, c’est Baptiste Welsch qui remplit ce rôle. "Il est irremplaçable. S’il se blesse trois mois avant la compétition, c’est terminé. Il faut qu’on se connaisse par cœur."

L’équipe fonctionne en triangle, où chacun se place en fonction de l’autre: "C’est le rôle d’un des performeurs de voler par rapport au vidéoman. Si vous faites une super figure mais qu’elle sort de l’écran ou qu’elle est trop loin, c’est de votre faute."

Karine Joly, Baptiste Welsch et Grégory Crozier.
Karine Joly, Baptiste Welsch et Grégory Crozier. Photo DR

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