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Peu nombreux au sein du Casino de Monte-Carlo... 5 choses à savoir sur le métier méconnu de cartier

Ils sont peu nombreux au sein des casinos mais leur rôle est essentiel. À l’abri des regards, des employés de la Société des Bains de mer passent au crible les cartes, dés et billes qui soulèvent l’adrénaline des joueurs

Thomas Michel Publié le 13/08/2021 à 14:30, mis à jour le 13/08/2021 à 16:33

L’enjeu est si colossal en salle, qu’il est peu dire que la tache demande une rigueur absolue en coulisses. Loin des roulettes et tapis de jeux, chaque jour, les cartiers de la Société des Bains de Mer s’affairent à décortiquer les cartes et dés potentiellement vecteurs de (gros) gains. Un travail manuel assisté de machines et scruté H24 par des caméras ancrées au plafond comme dans un bureau de banque. "Les procédures sont de plus en plus drastiques, confirme Wlady, un jeu qui sort d’ici est suivi de partout".

Une traçabilité totale. "S’il y a un problème on peut remonter toute la chaîne, la traçabilité est complète du fournisseur à la table de jeux". Un fournisseur unique basé en Espagne dont les cartes à jouer transitent via camions frigorifiques à un rythme effréné depuis l’apparition du virus. "Entre le poker, le black jack, le punto banco… C’est à peu près 2.800 à 3.000 jeux par mois qui sont utilisés." Autrefois entourées de cellophane, les cartes sont aujourd’hui scellées dans des decks et conservées à une température ambiante de 20 degrés grâce à des humidificateurs. Le tout dans une pièce étonnante, entre la bâtisse originale du Casino de Monte-Carlo et une extension. Hors du temps.

L’homme et la machine. Une fois jouées en salle, les cartes sont rapatriées illico et sous bonne escorte dans la salle des cartiers. Un "central" où le premier contrôle est visuel. Les cartes sont étalées en soleil pour vérifier qu’aucune tâche et/ou défaut ne révèlent une tricherie. En cela, le système est infaillible, y compris aux tables des croupiers. Les cartes de punto banco sont par exemple munies de code-barres invisible à l’œil nu, qui permet de coter la carte à son passage devant la caméra. D’où la nécessité d’ailleurs d’entretenir les cellules de ces objectifs pour éviter qu’une poussière fausse le contrôle.

Sitôt joués, dame de cœur et roi de pique finissent désormais à l’échafaud. "Avant la Covid-19 ces cartes plastifiées on pouvait les repasser pendant 15 jours. Maintenant, ça joue une fois. En fait, on fait un contrôle avant destruction", confirme Wlady Alexandre. Chaque lot passe également au préalable dans une machine pour s’assurer que le compte est bon. Une compteuse qui édite un ticket, toujours sous le regard de l’homme. "C’est extrêmement rare mais c’est arrivé qu’une carte reste bloquée." Chaque semaine, la police des jeux vient superviser la destruction des cartes avant consignation dans les registres du gouvernement princier.

Le covid a tout changé. "Avant, on faisait deux commandes de cartes par an. Mais avec la Covid les cartes partent très très vite, ce n’est plus le même budget." Les habitudes de travail ont elles aussi été chamboulées pour les cartiers qui ne peuvent plus opérer à plus de deux personnes simultanément dans leurs quartiers. Et doivent laisser un siège vide entre eux.

Capsule temporelle. Derrière la salle de contrôle se cache la réserve et son réassort permanent de… 65.000 cartes! Plus étonnant encore, la petite pièce tout en longueur qui la prolonge. Un corridor témoin du passé où un vieux coffre-fort massif dort la porte ouverte, tout comme de vieilles boîtes de jeux en bois et… des moulures et une verrière nichées entre des plaques de contreplaqué. "Ce qui était la première entrée du Casino, la façade", nous éclaire Charlotte Lubert, responsable du patrimoine à la SBM.

Le saviez-vous? Les billes lancées dans la roulette sont en téflon. Et elles sont toutes passées au crible par un appareil qui détecte l’éventuelle présence de fer en leur cœur. Une arnaque vieille comme le monde. Si le voyant rouge s’allume, le dé est pipé. Si c’est vert, faites vos jeux. Contrairement aux cartes, les billes ne sont pas à usage unique et désinfectées.

Des porte-clés avec les dés. Rien ne se perd, tout se transforme. Depuis deux ans les cartiers fabriquent eux-mêmes des objets souvenirs. "On reçoit les dés par sets de 5. Après vérification de leur calibrage, seulement deux sont utilisés aux tables de jeux. Plutôt que de les jeter on les perce sur place et on en fait des porte-clés." Une perceuse a ainsi été installée dans un coin de la pièce transformé en mini-atelier avec ses outils au mur. Un trou, une attache, et le tour est joué. De l’artisanat et pas de gaspillage. Perforées et neutralisées, certaines cartes sont également vendues en boutique.

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