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Le père d'Albator et l'astronaute français Jean-François Clervoy discutent de l'espace à Monaco.... Et c'est magique!

Mis à jour le 10/03/2019 à 19:53 Publié le 10/03/2019 à 19:53
Leiji Matsumoto (Albator) et l’astronaute Jean-François Clervoy n’ont pas qu’une passion commune pour l’espace.Jean-François Clervoy a voyagé à bord de la navette Atlantis, nom d’un des vaisseaux d’Albator.

Leiji Matsumoto (Albator) et l’astronaute Jean-François Clervoy n’ont pas qu’une passion commune pour l’espace.Jean-François Clervoy a voyagé à bord de la navette Atlantis, nom d’un des vaisseaux d’Albator. Photo Cyril Dodergny

Le père d'Albator et l'astronaute français Jean-François Clervoy discutent de l'espace à Monaco.... Et c'est magique!

A l'occasion du 5e salon MAGIC dédié aux mangas, comics, jeux vidéo et cosplay, ce samedi à Monaco, le créateur d'Albator, Leiji Matsumoto, et l'astronaute français Jean-François Clervoy ont évoqué leur passion pour l'espace, la distorsion du temps, le transhumanisme, la vie extraterrestre et l’avenir de la Terre. Un échange lunaire et magique

L’un a signé une œuvre exceptionnelle devenue culte pour plusieurs générations ; l’autre a effectué trois missions à bord de la navette spatiale américaine, ravitaillé la station russe MIR ou encore réparé le télescope Hubble.

Samedi, le créateur du dessin animé Albator, Leiji Matsumoto, et l’astronaute français Jean-François Clervoy étaient réunis autour d’une table ronde animée par le fondateur-directeur de Iris Intuition Consulting – agence de formation spécialiste de l’intuition –, Alexis Champion. Au menu des échanges : l’espace, bien sûr, la distorsion du temps, le transhumanisme, la vie extraterrestre et l’avenir de la Terre.


Alexis Champion a d’abord rappelé la définition de l’espace des invités de la société monégasque Shibuya Productions, organisatrice de l’événement et dirigée par Cédric Biscay.

"Pour Jean-François Clervoy, vu de là-haut, l’espace est un noir d’encre avec des étoiles colorées. Leiji Matsumoto, lui, représente des étoiles fixes dans le ciel avec de l’encre noire.Il met alors en couleurs l’univers qu’il anime."

Leiji Matsumoto: "Le pilote m’a laissé les commandes du Concorde"


Les deux pionniers de l’espace – aux pères pilotes – ont résumé l’avènement de leur passion commune. Fan de Star Trek et subjugué par la téléportation, Jean-François Clervoy rêvait la nuit qu’il "volait dans l’espace sans scaphandre"."Je m’élevais au-dessus de la ville et voyageais à volonté." Leiji Matsumoto se projetait, lui, en dehors de la Terre, dans l’espoir de découvrir Mars.


Le créateur d’Albator a ensuite partagé son expérience unique à bord d’un Concorde.

"J’ai eu la chance de voler au-dessus de l’Afrique et de monter jusqu’à 14.000 mètres avant de redescendre à 6.000 m. Le pilote m’a même laissé les commandes et j’ai pu ressentir l’apesanteur." Étonnant ? Pas selon l’astronaute Clervoy : "Les deux seuls vaisseaux supersonics avec ailes delta qui ont transporté des passagers sont le Concorde et la navette spatiale américaine".


Là-haut, Mastumoto a pu entrevoir ce que seuls les astronautes perçoivent, "le noir encre" de l’espace, mais n’a pas eu le privilège de l’"overview effect", traduit par Jean-François Clervoy.

"C’est une combinaison de facteurs sensoriels. On voit à 2.500 km à la ronde et on tombe amoureux de la planète. On voit qu’elle est unique, vivante. Si on n’éteint pas les lumières du cockpit, on a l’impression qu’il n’y a que la Terre, la Lune et le Soleil, dans le vide noir de l’infini. Si on éteint les lumières, c’est couvert d’étoiles qui ne scintillent pas parce qu’on ne les voit pas à travers l’atmosphère."

Jean-François Clervoy : "On est les champions de l’antigaspillage dans l’espace"


En découle un autre regard sur l’humanité. "Les humains sont les membres d’équipage du vaisseau spatial Terre. Chacun a une responsabilité, un devoir de permettre à l’humanité de vivre longtemps. Dans l’espace, on ne peut pas manquer de ressources car on est les champions de l’antigaspillage et du recyclage, comme l’urine qu’on transforme en eau potable."

Un message d’alerte face à la crise environnementale qui sévit ici-bas. Repris par le père d’Albator. "Il faut protéger la planète sinon la Terre va devenir une planète rouge. C’est pour ça que les gens doivent continuer à aller dans l’espace : pour chercher des moyens de protéger la Terre."

16 tours du monde par jour !


Omniprésent dans l’œuvre de Mastumoto, le temps a fait l’objet d’une discussion passionnante. "Dans un vaisseau spatial, on vole à 28.000 km/h horizontalement. Tous les astronautes en orbite autour de la Terre font 16 tours du monde par jour ! On se sent hors du temps et, sans montre pour nous rappeler ce qu’on doit faire, on serait en dehors du temps", précise Jean-François Clervoy. "Ca fait partie de mes rêves de travailler autour de ces trous noirs et de la distorsion de l’espace-temps", renchérit Matsumoto.


L’espace où la différence de temps est de "0.0013 secondes avec la Terre", note Matsumoto, auquel Jean-François Clervoy rétorque, qu’au final, chacun est maître de son temps. "Celui qui a un but à atteindre, ne pense qu’à résoudre le problème. Indépendamment du temps qui s’écoule."

 

A 81 ans, Leiji Matsumoto, créateur d'Albator, n'a pas perdu son coup de crayon. Il a dessiné en liive différents de ses personnages culte, accompagné par un quatuor à cordes reprenant les thèmes de ses dessins animés.
A 81 ans, Leiji Matsumoto, créateur d'Albator, n'a pas perdu son coup de crayon. Il a dessiné en liive différents de ses personnages culte, accompagné par un quatuor à cordes reprenant les thèmes de ses dessins animés. Photo Cyril Dodergny

Vie extraterrestre et transhumanisme

Faire sereinement corps avec la machine dans un environnement hostile, c’est la sensation vécue par Jean-François Clervoy dans l’espace. "La navette spatiale américaine est probablement l’objet le plus complexe inventé par l’humain, il y a par exemple 1 000 interrupteurs dans le cockpit (...) On est éduqué à un tel niveau de connaissance et de symbiose avec notre vaisseau qu’on se sent Superman, même face à des tâches complexes."

Pour l’astronaute, le transhumanisme est même une réalité. Il a ainsi vécu une "forme d’augmentation de [ses] capacités" en pilotant un bras automatique "comme [son] troisième bras".

"La vie extraterrestre est l’objectif n°1 des missions"


Quant à la question du surnaturel, pas de tabou avec les X-Files chez l’astronaute. "Les OVNIS, ce n’est pas une histoire de croyance. Le phénomène est avéré, il y a suffisamment de cas avec toutes les preuves qui disent que le phénomène a eu lieu. Maintenant, on ne sait pas ce que c’est. La vie extraterrestre est l’objectif n°1 de toutes nos missions interplanétaires aujourd’hui. Les sondes européennes comme ExoMars recherchent des traces de vie (...) On est capable de voir 40 000 milliards d’étoiles dans les seuls 4 % de l’univers observables, alors c’est difficile de penser qu’on est seuls. J’espère qu’on les rencontrera un jour..."

"Il y a probablement de la vie ailleurs, enchaîne Leiji Matsumoto. Dans mon œuvre, je continue à réfléchir à quel genre de futur il pourrait y avoir."


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