“Rhôooooooooo!”

Vous utilisez un AdBlock?! :)

Vous pouvez le désactiver juste pour ce site parce que la pub permet à la presse de vivre.

Et nous, on s'engage à réduire les formats publicitaires ressentis comme intrusifs.

Je veux bien mais j'ai la freebox

Connectez-vous

pour sauvegarder mes filtres et personnaliser mon flux

continuer sa lecture

lire le journal

Découvrez l’offre abonnés numérique > J’en profite

La plus grande diva du monde travestie et barbue: délire baroque de Cecilia Bartoli sur la scène de l'Opéra de Monte-Carlo

Mis à jour le 24/02/2019 à 12:00 Publié le 24/02/2019 à 11:34
Dans le délire baroque du metteur en scène Christof Loy, Cecilia Bartoli interprète l’homme qui se transforme en femme. Du travesti au second degré!

Dans le délire baroque du metteur en scène Christof Loy, Cecilia Bartoli interprète l’homme qui se transforme en femme. Du travesti au second degré! Photo Alain Hanel - Opéra de Monte-Carlo

Je découvre la nouvelle offre abonnés

La plus grande diva du monde travestie et barbue: délire baroque de Cecilia Bartoli sur la scène de l'Opéra de Monte-Carlo

Standing ovation pour l’extraordinaire représentation de l’opéra baroque de Haendel, "Ariodante", vendredi soir Salle Garnier, où la cantatrice Cecilia Bartoli est apparue – pour la première fois – avec barbe et moustache. Deux représentations sont prévues mardi et jeudi soir

Qui est cet homme qui entre en scène, barbu, chevelu, moustachu, une épée à la main, au début du spectacle ? On croit rêver : ne serait-ce pas la diva Cecilia Bartoli en personne ? Si, c’est elle et bien elle !

À coup sûr, la photo va faire le tour du monde ! On ne l’avait jamais vue ainsi. On l’avait déjà vue interpréter des rôles d’hommes en travesti – cela se fait couramment dans le répertoire baroque qui est le sien – mais portant barbe et moustache jamais !

Telle n’est pas la moindre des surprises de l’extraordinaire représentation de l’opéra de Haendel, Ariodante, Salle Garnier.

Cecilia Bartoli incarne donc le héros – ce chevalier qui veut épouser la fille du roi d’Écosse. La représentation est splendide. Standing ovation du public à la fin, vendredi soir, lors de la première. Cela est rare à Monaco !

Une connivence émotionnelle

Les voix sont superbes. Cecilia Bartoli déroule avec un éblouissant panache les guirlandes de ses vocalises. On est transporté de bonheur. Les chanteurs qui l’entourent sont, eux aussi, exceptionnels. En premier lieu, la soprano Kathryn Lewek et le contre-ténor Christophe Dumaux, mais aussi la soprano Sandrine Piau, la basse Peter Kalman, le ténor Norman Reinhardt.

Dans la fosse, l’orchestre des Musiciens du Prince, dirigé par Gianluca Capuano, fait des miracles. Lorsqu’il a été créé il y a trois ans par Cecilia Bartoli et Jean-Louis Grinda, on pensait que cet orchestre serait bon, mais on n’imaginait pas qu’il nous entraînerait vers de tels sommets.

Une connivence émotionnelle s’établit entre les chanteurs et les musiciens – une relation intime entre le frémissement des voix et le vibrato des violons.
On entend des pianissimos si ténus qu’ils frémissent à la frontière du silence. La salle entière retient son souffle.

Délire baroque

La mise en scène, mêlant costumes modernes et anciens, est un régal. Elle franchit quand même les bornes de l’histoire originale. Dans une sorte de délire baroque, le metteur en scène Christof Loy, imagine qu’à la fin – au bout de quatre heures de spectacle, car le spectacle dure quatre heures ! - – Ariodante devient une femme et la fille du roi un homme. Allez comprendre !

Cecilia Bartoli est donc la femme qui interprète l’homme qui se transforme en femme. C’est du travesti au second degré. Il faut suivre ! On nous donne un repère : la Bartoli, à un moment, perd sa barbe et sa moustache. Seuls ses yeux étincelants vrillent l’obscurité de la salle et éclairent à eux seuls toute la scène. La comédienne en elle s’avère aussi fascinante que la chanteuse. Splendeurs confondantes de l’art baroque !

Dans le délire baroque du metteur en scène Christof Loy, Cecilia Bartoli interprète l’homme qui se transforme en femme. Du travesti au second degré!
Dans le délire baroque du metteur en scène Christof Loy, Cecilia Bartoli interprète l’homme qui se transforme en femme. Du travesti au second degré! Photo Alain Hanel/Opéra de Monte-Carlo

Offre numérique MM+

...


commentaires

Les insultes, les attaques personnelles, les agressions n'ont pas leur place dans notre espace de commentaires.
Tout contenu contraire à la loi (incitation à la haine raciale, diffamation...) peut donner suite à des poursuites pénales.