Il crée une guitare électrique (et éco-responsable) et la baptise "Monte-Carlo"

Le musicien Florent Garcia a imaginé, avec le luthier Adrien Painco, cet instrument haut de gamme et écoresponsable, dont la première série a déjà séduit une gamme d’amateurs.

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CEDRIC VERANY Publié le 26/12/2022 à 13:45, mis à jour le 26/12/2022 à 13:37
Florent Garcia sur scène, pour tester le premier prototype de la guitare MC1. Photo DR

"C’est le rêve de tous les guitaristes d’avoir une gratte dessinée par soi-même, où l’on décide de tout. Ça a été le principe de départ : créer une guitare électrique sans compromis et en la dessinant : J’ai pris le meilleur de toutes les guitares sur lesquelles je joue depuis vingt ans ». Sa Monte-Carlo comme il l’a baptisée, Florent Garcia en parle comme de sa progéniture.

Ancien élève de l’Académie Rainier-III, Enfant du pays, musicien, compositeur, professeur ; il conjugue toutes ces disciplines sur sa chaîne YouTube (lire ci-dessous), voulue ludique où il parle musique et techniques d’apprentissage de jeu à 224 000 abonnés depuis son home studio sur les hauteurs de Monaco.

Pour finir l’année 2022, Florent Garcia ajoute une corde à sa gratte avec la naissance de la Monte-Carlo, la première guitare monégasque, qu’il a imaginée avec sa marque, Céleste. Et pour deuxième papa, l’artisan luthier Adrien Painco, responsable des courbes et de la fabrication de l’instrument.

« Une guitare de luthier pour la scène »

Ensemble, les deux trentenaires ont bûché deux ans sur la guitare électrique de leurs rêves. De prototypes en 3D à des patrons en carton, la recherche a été longue pour aboutir à un produit pensé comme de la haute couture, en restant rock. "C’est une guitare de luthier, utilisable en studio ou sur scène, et créée dans une démarche extrêmement qualitative", résume son concepteur.

Le bois provient de forêts du Jura en filière propre. Pour éviter le plastique au maximum, les boutons sont en acier brossé, les micros paraffinés à la main à la cire d’abeille bio. Et la courbe de l’instrument, travaillé dans un atelier de lutherie à Perpignan, pourrait faire penser au tracé d’un circuit de Formule 1. Comme pour légitimer le nom Monte-Carlo

Les dix premières sold out en 24 heures

Sur le fond pour Florent Garcia et son label Céleste, la conception de cette guitare est un grand pari. "Il s’agit d’une nouvelle marque que nous lançons sans soutien, sans investisseurs, sur nos fonds propres comme un coup de poker pour voir si ça marche. La première série de dix exemplaires aurait pu rester une série unique, mais les premières réactions ont été bonnes. Nous allons pouvoir lancer de plus grosses quantités de commandes."

Car l’arrivée de la Monte Carlo sur le marché a créé le buzz fin octobre. Les dix premières MC1 ont été vendues en 24 heures. Et ce malgré un prix haute couture : 2.950 euros pièce.

"Nous sommes dans la fourchette de guitare haut de gamme de série. Ça a été dur de maintenir ces coûts avec les pénuries de matériaux, mais nous avons réussi à ne pas impacter le prix final que nous nous étions fixé."

Les guitares sont en train d’être finalisées pour être expédiées à la fin du mois. Et Céleste prépare la suite : "Avec une logique qui nous est propre : proposer de petites séries limitées tous les trimestres".

Look rock et bois certifié pour la guitare électrique Monte-Carlo. DR.

Sur YouTube, l’optique est de donner envie aux gens de faire de la musique

Habitué des scènes et des studios d’enregistrement, Florent Garcia, depuis cinq ans, est aussi un influenceur de la musique via une chaîne YouTube où il distille conseils et compétences sur sa discipline.

"Je suis très fier de ce qu’est devenue la chaîne, assure-t-il. J’étais prof de guitare au moment où je l’ai lancée pour mes élèves ou des gens se posant la même question que mes élèves. Au fur et à mesure, j’ai eu envie de parler de musique plus globalement, car je ne suis pas que guitariste, je produis aussi de la musique. Et plus j’élargissais les sujets, plus les gens étaient réceptifs", retrace-t-il.

Avec plus de 150 vidéos en ligne sur sa plateforme, le YouTubeur, qui enregistre ses contenus depuis son home studio à quelques encablures de la Principauté, se satisfait aujourd’hui d’avoir attiré à lui un public de mélomanes qui apprend à décrypter le travail des guitaristes ou à comprendre le jeu d’un artiste. "L’optique de donner envie aux gens de faire de la musique. De montrer que ce n’est pas si compliqué, tout en étant très complexe. Mais cela reste accessible et passionnant", continue Florent Garcia, qui espère aussi susciter des vocations de guitariste parmi ses auditeurs.

"Le système d’enseignement ne me convenait pas"

Auditeurs qui pourront aussi s’inspirer de son parcours. Après un cycle classique, enfant, à l’Académie Rainier III, à l’adolescence, Florent arrête la musique.

"Le système d’enseignement ne me convenait pas. À cette époque, j’étais collégien, j’ai acheté une guitare et j’ai appris tout seul, à l’oreille, avec quelques magazines et en m’appuyant sur les bases techniques que j’avais reçues." 

C’est cette énergie qu’il entend faire passer sur YouTube. "On peut apprendre sans le conservatoire, mais cela nécessite d’avoir une certaine indépendance dans l’apprentissage. Tout le monde n’est pas modelé pour ça. Mes vidéos donnent des pistes de travail. A chacun de faire son chemin, en sachant que le plus important en musique, c’est d’échanger avec d’autres musiciens."

Sur YouTube, la chaîne de Florent Garcia compte plus de 200.000 abonnés. DR.

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