Comment fluidifier la circulation automobile à Monaco? Le Conseil national presse le gouvernement d'agir

Le Conseil national attend des solutions de la part du gouvernement pour que la circulation soit plus fluide. Un problème complexe qui se heurte à l’exigence de développement du pays.

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Joëlle Deviras Publié le 08/10/2022 à 14:30, mis à jour le 08/10/2022 à 14:28
Les bouchons: une difficulté quotidienne conséquence directe des quarante et un chantiers en ville et des travaux en cours dans les communes limitrophes. Photo Cyril Dodergny

La circulation, c’est bien le sujet qui revient à presque toutes les séances publiques de Budget au Conseil national. Et lundi soir encore, les élus de l’Assemblée ont passé plus de deux heures sur un problème qui est selon eux majeur au point que plusieurs d’entre eux aient soufflé l’idée d’un Plan national pour la mobilité sur le modèle de ce qui fut fait en 2019 pour le logement.

Et le conseiller de gouvernement-ministre de l’Équipement, de l’Environnement et de l’Urbanisme, Céline Caron-Dagioni, d’être sollicitée et parfois poussée dans ses retranchements.

Le ministre d’État Pierre Dartout a lui aussi tenté de donner des explications aux conseillers nationaux exaspérés de ne pas voir de solutions apportées.

41 chantiers en cours sur 2 km²

La présidente du Conseil national Brigitte Boccone-Pagès est claire: "Les résidents attendent des réponses concrètes et pragmatiques."

Nathalie Amoratti-Blanc se dit lasse de patienter sans voir les projets se concrétiser. "Nous restons dans l’attente de la faisabilité des projets suivants, pour qu’ils deviennent une réalité et qu’ils cessent d’être l’Arlésienne de nos échanges. Je veux parler du Transport en Commun en Site Propre (TCSP), de la télécabine, du projet de métro, de la liaison rapide avec le site de la Brasca, de la navette maritime. Alors on y va? Et si oui, quand?"

 

Céline Caron-Dagioni lâche: "Quarante et un chantiers sur un territoire aussi exigu que le nôtre, c’est énorme. Je n’ai pas de baguette magique."

Des réflexions sont en cours. Mais pas de solutions trouvées aux bouchons.

Alors Jean-Louis Grinda lance: "Ça fait des années que je parle de droit à la tranquillité. Ça fait dix ans qu’on en parle et que les choses ne se font pas. Le gouvernement ne veut pas nous entendre. Nous n’avons aucun espoir d’amélioration. Rien. Dont acte. Rendez-vous pour la campagne."

"Des besoins que vous défendez"

Et quand le ton monte, Pierre Dartout prend la parole. "Nous sommes face à des enjeux contradictoires. Nous avons la densité urbaine la plus forte du monde. Personne n’est favorable à ce que nous réduisions les chantiers. On ne peut pas vouloir tout et son contraire. Ces quarante et un chantiers correspondent à des besoins que vous défendez la plupart du temps."

 

Enfin pas complètement note Franck Lobono, qui rappelle que les conseillers nationaux sont favorables aux constructions pour loger les Monégasques, soit "actuellement quatre chantiers sur quarante et un."

Et Le vice-président Balthazar de rajouter: "La majorité des chantiers sont privés. C’est devenu insupportable. On passe des soirées entières à parler de la mobilité."

Mais il n’y a pas une réponse simple à des sujets que le ministre d’État Pierre Dartout juge "éminemment complexes". "Il n’y a pas que Monaco qui est décideur ; mais aussi la France."

Et de lister les contraintes techniques, l’aspect budgétaire, les idées multiples de transports, de parkings de dissuasion, les études et enquêtes auprès des salariés… "Il ne faut pas se tromper dans le choix du vecteur."

Le doyen Daniel Boeri s’agace: "On part du principe que c’est la France qui nous emmerde."

Brigitte Boccone-Pagès a la réplique: "J’en suis à mon sixième ministre d’État. Arrêtons les enquêtes. Commençons quelque chose à Monaco."

À l’Est et à l’Ouest, le pire est à venir

Enclavée dans le territoire français, Monaco n’a pas les coudées franches pour décider et agir librement sur les questions de mobilité des salariés dont la plupart résident en France.

Aussi, Corinne Bertani réclame plus de coordination entre les communes voisines et la Principauté. "Comment peut-on imaginer qu’en même temps des travaux réduisant la voirie, soit en sens unique, soit à des rétrécissements, se produisent en même temps à l’ouest sur la commune de Cap-d’Ail avenue du 3-Septembre - avant le rond-point permettant l’accès à Fontvieille - ; et, de l’autre côté, réduisant l’accès par l’est entre Saint-Roman et le lieu-dit des 4 Chemins. C’est à croire (...) que personne ne se parle entre le Conseil départemental, les communes concernées et les services du gouvernement."

Des idées ont été soufflées. Jacques Rit a suggéré des travaux de nuit par exemple pour les très longs dix-huit mois de chantiers à Roquebrune-Cap-Martin qui vont engendrer, selon lui, des "embouteillages phénoménaux".

Céline Caron-Dagioni a promis d’appeler le maire Patrick Cesari et de partager avec les élus locaux pour tenter de réduire les nuisances. "Du côté de Cap-d’Ail, la coordination a bien eu lieu. Cette entrée va être compliquée pendant un long moment, d’abord pour Cap-d’Ail avec les travaux de voirie et de réseaux. Puis, il ne faut pas perdre de vue qu’il y a un autre chantier qui va être mené par Monaco, et pas des moindres : l’îlot Charles-III." Les travaux vont démarrer début 2023 et les routes vont être dévoyées durant un an, au fur et à mesure de la progression du chantier.

Ça promet de nombreux exercices de patience pour les pendulaires…

Les entrées Est et Ouest de Monaco vont continuer de nombreux mois à être engorgées. Photo Cyril Dodergny.

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