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Dans les coulisses du chantier de l’Hôtel de Paris à Monaco

Mis à jour le 13/07/2016 à 05:03 Publié le 13/07/2016 à 05:03
Il manque encore deux étages pour atteindre le sommet de la Rotonde, au pied de laquelle un nouveau restaurant qui ouvrira également en mai 2017.

Il manque encore deux étages pour atteindre le sommet de la Rotonde, au pied de laquelle un nouveau restaurant qui ouvrira également en mai 2017. Photo C.D.

Dans les coulisses du chantier de l’Hôtel de Paris à Monaco

En mai 2017, pour le prochain Grand Prix de F1, la partie arrière de l'Hôtel de Paris sera livrée et ouverte à sa clientèle fortunée. Visite exclusive d'une construction en tous points exceptionnelle

Difficile à imaginer. Après deux heures d'une visite privée de l'impressionnant chantier de l'Hôtel de Paris, on peine à croire Daniel Lambrecht quand il dit : « Dans dix mois, la Rotonde et la partie de l'hôtel donnant sur l'avenue Princesse-Alice seront terminées. Les clients du Grand Prix 2017 pourront y séjourner. »

Difficile à croire, tant il reste à faire… Mais avec un flegme très britannique, et une confiance que sa longue carrière lui permet d'afficher, ce Belge qui dirige l'immobilier de la Société des Bains de Mer l'assure dans un sourire : « Le planning est tendu mais nous sommes dans les délais. » Il n'y a plus qu'à le croire sur parole, lui et le jeune ingénieur qui l'épaule à la tête de ce monstrueux chantier de la place du Casino, qui comprend l'Hôtel de Paris et l'ex-Sporting d'Hiver (lire notre édition du mercredi 6 juillet).

La Rotonde à l'identique

Pour Monaco-Matin, Daniel Lambrecht et Luc Leroy ont pris le temps de jouer les guides de choix dans plusieurs bâtiments fraîchement sortis de terre, qui abriteront dans dix mois - désolé d'insister mais cela reste difficile à croire pour le commun des mortels -, des suites de très grand luxe, un restaurant d'exception, des salles de réunion ou encore de nouvelles boutiques. Au passage, il faudra même déplacer une banque, l'agence LCL, incrustée dans l'Hôtel de Paris depuis plus de cent ans.

Précisément, la visite a porté sur la partie du chantier qui se situe à l'arrière du palace, du côté de l'avenue Princesse-Alice, au sommet de l'avenue d'Ostende. En clair, le volet le plus spectaculaire puisqu'il a consisté à tout raser, à savoir deux corps de bâtiments sur quatre, pour tout reconstruire. Et, très souvent, pour reproduire à l'identique.

C'est en particulier le cas de la Rotonde, l'âme de l'établissement imaginé par François Blanc en 1864, érigée au début du XXe siècle. Six des huit étages sont déjà construits. À ses pieds prendra vie un jardin luxuriant protégé par une grille côté rue. De l'extérieur, promet Daniel Lambrecht, « on ne pourra pas faire la différence avec l'ancienne Rotonde ».

« Nouveau spot »

C'est à l'intérieur que la reconstruction de la Rotonde et du bâtiment mitoyen dévoile tout son intérêt. La réorganisation des espaces et des cloisons permet de créer des suites plus vastes. Le nombre de clés (chambres et suites) reste inchangé - 192 - mais toutes correspondent désormais aux standards internationaux d'un palace.

La principale nouveauté : un restaurant dirigé par le chef triplement étoilé Alain Ducasse, au rez-de-chaussée de la Rotonde et sur une vaste terrasse donnant sur les jardins, surplombant le circuit de Formule 1, tout en étant reliée au Bar américain. Lequel fera l'objet d'une remise à neuf, ultérieurement.

Ce restaurant, qui n'a pas de nom pour l'instant, pourra tabler sur 85 couverts à l'intérieur, le double avec la terrasse, contre une petite trentaine dans le restaurant précédent, plus confidentiel. Là, un nouveau lieu de restauration haut de gamme ouvre en Principauté, « un nouveau spot » qui aura la particularité de servir, outre les trois repas traditionnels, un souper pour les amateurs de culture qui sortent de l'opéra ou du théâtre, et autres couche-tard. Ce restaurant sera complété par un Cercle de vin, lieu de dégustation d'exception puisqu'alimenté par la cave de l'Hôtel de Paris, la plus grande du monde pour un établissement hôtelier, assure-t-on.

Et il paraît que dans à peine dix mois, on pourra boire un verre dans ce bar à vins de grand standing. Difficile à croire…

«Ce chantier a une âme»

Daniel Lambrecht et Luc Leroy, les chefs d’orchestre de la refonte de la place du Casino et de l’Hôtel de Paris, dans une suite du premier étage de la Rotonde.
Daniel Lambrecht et Luc Leroy, les chefs d’orchestre de la refonte de la place du Casino et de l’Hôtel de Paris, dans une suite du premier étage de la Rotonde. Photo C.D.

Ce sont en quelque sorte les chefs d’orchestre de la rénovation de la place du Casino et de l’Hôtel de Paris. Daniel Lambrecht, ingénieur industriel plutôt en fin de carrière, arrivé à Monaco en 2003 pour diriger la construction du Monte-Carlo Bay, et Luc Leroy, chef de projet pour la maîtrise d’ouvrage et lui aussi ingénieur, livrent ici leurs impressions sur ce chantier hors norme.

Que représente pour vous le chantier de l’Hôtel de Paris?
Daniel Lambrecht: Nous sommes deux à le piloter. Pour moi, c’est la cerise sur le gâteau de ma carrière professionnelle. Ce n’est pas le plus gros que j’ai eu à gérer mais il est très particulier. Ce chantier à une âme. L’aspect émotionnel est sans doute plus important que la valeur réelle du bâtiment. On retravaille un palace, on fouille son ADN pour l’amener vers un nouveau siècle. En plus, on redessine la place du Casino, l’héritage de François Blanc.Luc Leroy: C’est un formidable challenge. Dans le domaine du bâtiment en particulier, la SBM sait réaliser des performances comme celle de la place du Casino. C’est passionnant de travailler sur un chantier de cette dimension, qui nécessite une grande polyvalence. Nous avons le sentiment de participer à l’Histoire de Monaco et de la SBM. C’est énorme! En 1909, nos prédécesseurs se sont sans doute dit la même chose…

Quelles difficultés rencontrez-vous?
D.L.: Il n’y a pas de difficulté sur un chantier si tout a bien été programmé. Cela permet d’éviter les aléas qui, eux, créent les difficultés. En tout cas, les délais sont respectés. Tout se passe bien.L.L.: Sur un chantier de ce type, il n’y a pas deux jours qui se ressemblent. On doit prendre une décision tous les quarts d’heure. Ce qui importe, c’est de tenir les plannings. C’est pourquoi nous devons en permanence anticiper les problèmes.

80 m2 au 4è, vue mer et Rocher

Une suite « banale » à l’Hôtel de Paris.
Une suite « banale » à l’Hôtel de Paris. Photo C.D.

Une suite de 80 m2 au 4e étage, vue imprenable sur le Rocher et sur la mer. Même vide et en chantier, on sent d'emblée le potentiel luxueux de la vaste pièce.

Question : combien coûtera la nuit dans cette suite ? «Les prix ne sont pas encore fixés, répond Daniel Lambrecht. Mais cette suite est normale, banale. La plus chère sera au-dessus, sur le toit.»

C'est la célèbre suite Churchill. Une villa sur le toit du bâtiment jouxtant la Rotonde, d'une surface de 550 m2, avec piscine et terasse privatives, ainsi qu'une vue à couper le souffle, paraît-il. Cette suite réservée à des privilégiés fortunés se situera aux 7e et 8e étages, qui n'ont pas encore été contruits. Là aussi, les prix ne sont pas encore fixés. Mais ils devraient grimper haut, très haut...


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