"310 logements domaniaux seront attribués le 25 janvier à Monaco: un record!": le satisfecit de la liste Union en amont de l'élection nationale

La commission du 25 janvier à Monaco attribuera un nombre d’appartements record. C’est la bonne nouvelle annoncée ce lundi soir par la liste Union, conduite par Brigitte Boccone-Pagès pour l'élection nationale du 5 février.

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Joëlle Deviras Publié le 11/01/2023 à 11:30, mis à jour le 11/01/2023 à 10:51
"Ce mandat aura réussi à en finir avec la pénurie!", assure Frank Lobono, président de la commission Logement et conseiller national sortant. Photo Jean-François Ottonello

Les vingt-quatre candidats de la Liste Union conduite par la présidente du Conseil national, Brigitte Boccone-Pagès, se mobilisent avant l’échéance du 5 février prochain.

Pour l’heure seuls dans la course aux élections nationales, ils poursuivent gentiment leurs "ré-unions" avec les Monégasques pour écouter les remarques et affiner leur programme politique.

Ce lundi soir au Grimaldi Forum, la présidente sortante Brigitte Boccone-Pagès et six d’entre eux ont pris la parole pour évoquer le logement des Monégasques.

Ce qui était "la priorité des priorités" lors de la dernière campagne menée par Stéphane Valeri est devenu un sujet essentiel certes, mais l’urgence n’a plus de raison d’être.

Et pour cause: le plan national pour le Logement, annoncé par le Prince souverain début 2019, et qui prévoyait la construction de 1.500 appartements en 15 ans commence à porter ses fruits.

Et si une bonne cinquantaine de Monégasques étaient présents lundi soir pour échanger avec les élus, on a bien vu que le temps de la pénurie était passé.

Franck Lobono, président de la commission logement et candidat, dresse un tableau de la situation actuelle.

Combien y a-t-il de logements domaniaux aujourd’hui?

Le parc domanial dépassera bientôt les 3.700 appartements, après les livraisons de la tour Testimonio II bis, du Palais Honoria et d’Ida. Notre bilan est historique. À la Commission du 25 janvier prochain, 310 logements seront attribués: un record! Ce mandat aura réussi à en finir avec la pénurie!

Vous avez dit lundi soir, devant les Monégasques, que la fin 2025 et l’année 2026 pourraient être tendues. Pourquoi et quelles solutions alternatives trouver?

Les deux projets Bel Air et les Lierres/Nathalie ont pris beaucoup de retard. Il faut entre 3 et 4 ans pour construire un immeuble. On peut donc prévoir qu’ils ne seront pas livrés avant 2026. Ces très gros retards expliquent nos craintes pour 2025. Mes espoirs résident dans l’idée que les récupérations obtenues suite aux attributions de 2023 et 2024 permettront de satisfaire une partie des futures demandes en 2025. Il sera aussi important de soutenir la mobilité dans les Domaines et favoriser les échanges avec un meilleur encadrement par le gouvernement. La construction de petites opérations intermédiaires doit aussi se poursuivre.

Les Monégasques ont évoqué le coût important des charges locatives. Or, l’État paie jusqu’à 50% des charges. Faut-il accorder encore plus d’aides?

Les charges locatives inquiètent légitimement les résidents. Avec l’aide des syndics, il faut impérativement s’atteler à limiter les frais, notamment les consommations d’énergie dans les parties communes. L’Etat devra intervenir sur l’électricité car le bouclier énergétique ne s’applique qu’aux foyers et pas aux immeubles. Pour éviter une nouvelle flambée, cette question sera essentielle.

Franck Lobono, conseiller national sortant. Photo Jean-François Ottonello.

Vous avez passé cinq ans à la présidence du Logement. Quels ont été les moments marquants? Les satisfactions et les déceptions?

J’ai pris un immense plaisir à travailler avec le président Stéphane Valeri. Nous partageons les mêmes convictions. Nous avons été très complémentaires et j’ai beaucoup appris à ses côtés. Mon premier budget primitif a été un grand moment qui a débouché sur le Plan National Logement. C’était une belle victoire! Ma plus grande déception: le refus de dialogue de certains propriétaires. C’est frustrant et dommage car sans leur avis, il est difficile de faire avancer le dossier du secteur protégé. Mais mes plus grandes satisfactions sont plus discrètes. J’ai reçu des centaines de personnes qui m’ont confié leurs histoires. Je suis très satisfait quand je peux leur apporter des solutions concrètes ; et déçu quand je n’y parviens pas!

Le logement des Monégasques… Question sociale ou "sociétale"?

Je revendique la paternité de cette expression qui dit que le logement domanial est une question "sociétale" et plus sociale. Quand plus de 70 % d’une population vit dans un secteur d’habitation c’est bien un modèle de société.

Vous avez dit lundi soir que la solution du logement était "un ensemble d’éléments combinés". Outre la construction, quelles sont les solutions annexes?

Les constructions demeurent indispensables à un rythme régulier. Mais il faut chercher des solutions dans le parc actuel. La mobilité et les échanges doivent être largement développés. Il faut aussi privilégier la construction de trois-pièces car cette typologie permettrait à des couples jeunes de s’y établir et d’y accueillir un premier enfant sans avoir à déménager, ou à des retraités qui le demandent, de restituer un grand appartement domanial et de s’y installer tout en conservant une pièce supplémentaire.

Entendez-vous agir sur ces autres éléments au cours des cinq prochaines années?

Avec la Présidente Brigitte Boccone-Pagès nous allons soutenir un ensemble de mesures complémentaires. Elles sont indispensables et s’inscrivent parfaitement dans la nouvelle orientation que nous entendons donner au logement avec la liste de l’Union Nationale. Après la quantité durant le mandat écoulé, on va se concentrer sur le choix des logements et la mobilité.

Quelle réforme souhaiteriez-vous voir aboutir dans les prochaines années?

La réforme la plus importante sera la révision complète du mode d’attribution. Il faut sortir du principe des appels à candidatures annuels et s’orienter vers des attributions au fil de l’eau, avec des commissions très régulières, permettant de réduire les délais et mieux accompagner les demandeurs dans leurs choix. Pour cela, nous préconisons la création d’une "agence domaniale" pour accueillir, gérer et conseiller les candidats, avec une approche personnalisée.

Comment prévoir l’avenir du logement des Monégasques pour les prochaines années?

La politique, c’est la capacité à anticiper. C’est le rôle des institutions et il est donc primordial que le Conseil national prenne pleinement sa part auprès du gouvernement. Les besoins reconnus sont de 100 nouvelles demandes par an. Il faut anticiper et agir en conséquence pour tenir le rythme en combinant toutes les mesures.

Le contrat habitation capitalisation (CHC) est-il encore à améliorer?

Le CHC actuel, tel que nous l’avons largement réformé l’an passé, est complet et présente beaucoup de souplesse. Le problème aujourd’hui est davantage lié au coût des CHC dans les nouveaux immeubles, qui ne sont plus en phase avec les revenus de certains attributaires. La réforme du mode d’attribution devra permettre aux candidats désireux d’y souscrire, d’être orientés vers un appartement plus en adéquation avec leurs capacités financières.

Qu’en est-il du logement des Enfants du Pays?

Là encore, je suis favorable à ce que nous ayons une nouvelle approche car trop souvent, la question des Enfants du Pays se heurte à celle du secteur protégé. J’en ai assez que l’on oppose les propriétaires aux locataires ! Désormais, il faut chercher des solutions ailleurs, assumer la responsabilité de l’État et revoir l’Aide Différentielle de Loyer, en faisant en sorte qu’elle puisse s’appliquer dans d’autres secteurs d’habitation et plus particulièrement celui de la Caisse Autonome des Retraites (CAR).

La question du logement des actifs dans les communes limitrophes devient récurrente (attractivité de Monaco, environnement,…). Le Conseil national est-il force de proposition à ce propos?

Je suis persuadé que Monaco a tout intérêt à construire des logements en périphérie de la Principauté pour ses salariés. Cela doit se faire après négociation avec la France, car il n’est pas question que ces immeubles "monégasques" soient soumis à la loi SRU qui impose des quotas de logements sociaux. Pour cela, nous avons besoin du soutien de tous les élus locaux français qui peuvent défendre cette spécificité territoriale. Je me suis entretenu avec plusieurs d’entre eux et ils y sont très favorables car cela serait bénéfique à tous. Je suis à la disposition de chacun pour faire avancer ce dossier.

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