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INTERVIEW. Hassan de Monaco, du bloc opératoire aux prémices de la gloire

Mis à jour le 12/09/2019 à 14:45 Publié le 21/08/2019 à 14:00
Hassan Moukfi alias Hassan de Monaco.

Hassan Moukfi alias Hassan de Monaco. DR

INTERVIEW. Hassan de Monaco, du bloc opératoire aux prémices de la gloire

En un mois, il a livré plus de vingt représentations au Festival d’Avignon. Après des vacances méritées, Hassan de Monaco revient pour deux dates à ne pas manquer. L’humoriste anesthésiste et son sourire permanent s’affirment dans un spectacle de plus en plus rodé.

Pas encore assez célèbre pour signer des autographes mais déjà trop connu pour prendre un verre incognito au bar de sa rue, Hassan de Monaco nous reçoit en terrasse, près du port de la principauté.

L’occasion d’évoquer ses origines marocaines, sa fierté d’être monégasque et sa double activité professionnelle. Le trentenaire est en effet anesthésiste le jour et humoriste la nuit (parfois l’inverse).

Mais ces derniers temps, son exercice de comique a pris davantage d’ampleur. Il faut dire que ses premières prestations scéniques ne passent pas inaperçues. Un premier prix au festival Les Fourres du rire de Nice en 2014 lui met le pied à l’étrier. Avant que son sacre aux Best de l’humour ne le propulse définitivement au premier plan.

Sourire désarmant et prestance naturelle, Hassan Moukfi n’a pas l’obsession de la réussite de son père, mais entend bien faire connaître son nom au-delà des frontières monégasques.

Vous débutez votre carrière d’humoriste en 2014, à 32 ans. Quel a été l’élément déclencheur de cette nouvelle aventure?
Tout est parti d’une rencontre avec la comédienne Peggy Semeria. Elle a cru en moi avant même que je ne le fasse.

Elle m’a pris par la main, m’a donné confiance et ensemble, on a écrit le premier sketch avec lequel je me suis rendu au festival Les Fourres de rire à Nice.

C’était de la folie parce que je suis arrivé en dilettante en pensant jouer tout seul devant une poignée de personnes et je me suis retrouvé face à onze concurrents et une salle comble.

J’ai même failli faire demi-tour avant de finir par monter sur scène et remporter ce premier prix.

"Tout le monde fait en sorte que je puisse m’épanouir dans mon aventure d’humoriste."

Depuis votre victoire au festival Les Best de l’humour en 2018, votre activité d’humoriste semble avoir pris une autre dimension. Comment la conjuguez-vous avec votre métier d’infirmier anesthésiste?
J’ai la chance d’avoir une organisation qui me permet de travailler à mi-temps au centre hospitalier Princesse Grace.

Ici à Monaco, tout le monde fait en sorte que je puisse m’épanouir dans mon aventure d’humoriste. C’est le parfait équilibre pour moi car, lorsque je suis à l’hôpital, je me rassure en me disant que je n’ai pas besoin de l’humour pour vivre et quand je monte sur scène, c’est une vraie soupape de décompression.

N’envisagez-vous pas de mettre fin à votre premier métier afin de vous consacrer pleinement au nouveau?
J’y pense de plus en plus car ça marche de mieux en mieux pour moi et je n’ai plus foncièrement besoin de mon salaire d’infirmier.

Mais en réalité, j’appréhende le moment où je ne vivrais plus que de l’humour, je ne veux pas que ça change mon approche de la scène.

Pour le moment, ce n’est pas une profession, juste une passion qui me rapporte un peu d’argent. C’est surtout un temps d’échange avec le public, une rencontre et un don de soi.

Quelles sont vos sources d’inspiration?
J’aime une grande diversité d’artistes de genres très différents. J’ai grandi avec Les Inconnus, je crois que je connais tous leurs sketchs par cœur.

Parmi ceux de la génération actuelle, j’adore Thomas Ngijol, Fabrice éboué et Haroun pour la force de ses textes. J’apprécie également ce que fait Ahmed Sylla, ça ressemble beaucoup à l’humour que je pratique.

Pour finir, j’affectionne l’humour noir même si je n’en fais pas sur scène.


C’est vrai que votre humour se veut très fédérateur avec des thématiques plutôt légères, envisagez-vous de traiter des sujets plus sensibles dans le futur?
Comme pour la plupart des artistes, mon premier spectacle est assez autobiographique car on doit se livrer pour établir un lien avec le public.

C’est un vrai choix d’écriture de ne parler que de choses que j’aime. Pour l’instant, j’ai besoin de me rassurer en pratiquant un humour que je maîtrise.

Si j’aime faire de l’humour noir lorsque je suis avec mes amis, je ne me vois pas le pratiquer sur scène car c’est souvent au détriment de quelqu’un et je préfère livrer un message positif. Mais Jérémy Ferrari le fait très bien par exemple.

Le seul sujet que je refuse d’aborder, c’est la religion, car c’est quelque chose de trop personnel.

Vous faites aussi des chroniques à la radio (sur France Bleu Azur), comment s’adapter à cet exercice en restant drôle?
C’est très différent. C’est un format court de trois minutes où il faut capter l’attention de l’auditeur qui est souvent en voiture et peut prendre la chronique en cours de route.

Mais la radio te rassure dans ta capacité à fournir quelque chose de drôle chaque semaine. Elle m’oblige à suivre l’actualité, à m’intéresser à la politique. Nicole Ferroni est très performante dans cet exercice.

"Ma vie au bloc opératoire m’a appris que tout peut s’arrêter demain. "

En tant qu’artiste, quel est votre rapport aux réseaux sociaux?
Je regrette un petit peu l’importance qu’ils ont pris. C’est quelque chose dont j’aurais aimé me passer. Mais j’ai pris conscience qu’ils étaient inévitables et nécessaires pour ma carrière.

C’est la raison pour laquelle j’alimente fréquemment ma page Facebook. Je me suis même créé un compte Instagram, il y a huit mois, car en 2019 avec la profusion d’artistes, les gens vous oublient rapidement. Donc il faut garder un lien continu avec eux et les réseaux rendent cela possible.

Mais je me suis juré que si ça marchait pour moi à l’avenir, j’engagerai quelqu’un pour s’occuper de tout ça.

Et votre avenir, de quoi sera-t-il fait?
J’aime vivre au jour le jour. Ma vie au bloc opératoire m’a appris que tout peut s’arrêter demain. Mais j’ai deux dates importantes qui arrivent, le 31 août au Jardin Exotique à Monaco et le 21 septembre à Villeneuve-Loubet.

Je peux aussi vous annoncer que j’aurai l’honneur de participer aux Sérénissimes de l’humour au Grimaldi Forum, le 19 mars 2020. J’ai également une tournée qui va débuter à Paris et se poursuivre en Belgique, en Suisse et même au Liban.

Pour finir, j’ai le sentiment que l’humour n’a pas assez de place sur la Côte d’Azur. Mais, j’ai des projets pour y remédier...


Hassan fait son show.
Samedi 31 août, à 21 h. Jardin Exotique, à Monaco.
Complet. Rens. 04.93.15.29.80.
Samedi 21 septembre, à 21 h. Pôle culturel Auguste Escoffier, à Villeneuve-Loubet.
Tarifs: à partir de 10,95 euros. Rens. 04.22.13.60.70.


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