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"C’est pour m’amuser que je monte sur scène"... l'humoriste Hassan de Monaco se confie avant son spectacle de samedi

Mis à jour le 28/08/2019 à 10:21 Publié le 28/08/2019 à 10:00
Depuis le Jardin exotique, il jouera avec vue sur tout Monaco. La terre qui l’a vu grandir et où il rencontre tant de succès aujourd’hui.

Depuis le Jardin exotique, il jouera avec vue sur tout Monaco. La terre qui l’a vu grandir et où il rencontre tant de succès aujourd’hui. Photo Jean-François Ottonello

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"C’est pour m’amuser que je monte sur scène"... l'humoriste Hassan de Monaco se confie avant son spectacle de samedi

Son spectacle du 31 août prochain au Jardin exotique affiche complet depuis longtemps et la star locale a cartonné à Avignon cet été. On fait le point avec l’étoile montante de l’humour

Rencontrer Hassan de Monaco, c’est comme prendre un grand bain d’énergie positive. Au Jardin Exotique, où nous prenons les photos, il se fait interpeller par le personnel, et même par des touristes marocains qui le félicitent et lui disent leur fierté de voir un jeune originaire de leur pays réussir si bien dans l’humour, et en plus à Monaco.

Car Hassan commence à sévèrement cartonner. C’est au retour de ses vacances qu’on le retrouve, à la fin d’une journée de travail au CHPG où il exerce en tant qu’infirmier anesthésiste.

La rentrée n’a pas le même effet sur lui que sur le commun des mortels: sourire éblouissant, regard pétillant… Tout cela aurait-il un lien avec le succès? En seraient-ce les causes? Ou les conséquences?

Alors, ces vacances? Comment c’était?
C’était génial. J’étais au Maroc. Retour aux sources. C’était particulièrement appréciable, parce que le festival d’Avignon a été vraiment intense.

Comment ça s’est passé là-bas?
J’ai joué tous les jours pendant 24 jours. Donc 24 représentations. C’était un peu tendu. Il y avait beaucoup de monde. C’était plein tous les soirs. C’était vraiment réussi. Ce n’était pas forcément évident, parce qu’il y avait 1.592 spectacles différents chaque jour, il fallait donc sortir du lot. Et j’ai réussi à remplir les salles à 95%. C’est vraiment un succès pour moi. Une belle rencontre avec le public, mais aussi avec les gens du métier, et une tournée qui s’annonce!

Comment vous l’abordiez ce festival?
J’avais eu beaucoup de mises en garde. Il y a beaucoup d’artistes qui partent avant la fin, qui sont épuisés parce que c’est très intense, et que parfois, le succès n’est pas au rendez-vous. J’avais très peur de ne pas réussir à remplir la salle, avec une telle concurrence ! Mais le succès a été au rendez-vous. D’ailleurs, ma metteur-en-scène, Peggy Semeria, me dit de me méfier, parce que pour l’instant j’ai toujours réussi à remplir mes salles. Elle dit que je ne devrais pas m’habituer [rires].

C’est quoi votre recette?
Je crois qu’à Avignon, c’est le bouche-à-oreille qui fonctionne. Le plus dur c’est d’avoir du monde au début. Je crois qu’après les gens parlent, dans les rues, dans les files d’attente… Et ça attire plein de monde.

Alors vous n’avez plus la trouille avant les spectacles?
Bien sûr que si! Tous les soirs! C’est une forme d’appréhension parce qu’on veut bien faire. Je pense que s’il n’y a plus ça, il ne faut plus monter sur scène.

Et pour le Jardin exotique où vous jouerez le 31, la trouille aussi?
Bien sûr! Il faut qu’elle y soit. Il ne faut pas se laisser bouffer. Mais il faut qu’elle y soit. Parce que j’ai toujours envie de bien faire. Pour que ça plaise au public et qu’il y ait un vrai rendez-vous. Pour qu’on rigole tous ensemble. Pour qu’on s’amuse. Pour moi c’est essentiel. C’est pour m’amuser que je monte sur scène. J’ai la chance de ne pas avoir besoin de ça pour vivre, parce que j’ai un bon métier.

Vous êtes infirmier anesthésiste au Centre hospitalier Princesse-Grace. Comment conciliez-vous votre métier et la scène?
Je me mets en disponibilité. J’ai la chance que ça se passe très bien. Mes collègues et la direction de l’hôpital sont très aidants. J’ai aussi été reconnu artiste par Monaco, et grâce à ce statut particulier, on arrive à trouver des solutions avec la direction pour les dates dont j’ai besoin. Je suis à mi-temps maintenant. Je travaille surtout en début de semaine, pour être libre à la fin de la semaine et pouvoir faire mes spectacles. D’autant plus que maintenant, il y a la tournée qui se dessine.

Racontez-nous un peu ça…
Avant c’était essentiellement dans la région. Maintenant c’est beaucoup à Paris. En Suisse aussi, et en Belgique. J’ai aussi des dates au Liban et au Maroc. Grâce à Avignon. Ce festival permet vraiment de rencontrer des promoteurs et des producteurs. Avant de programmer un artiste dans leur salle, ils veulent voir le spectacle. Tout au long de l’année, ils accueillent du public pendant que les artistes jouent dans d’autres salles. C’est difficile de se rencontrer. Alors qu’à Avignon, on est tous au même moment, au même endroit.

C’est un nouveau spectacle que vous allez jouer pendant cette tournée et au Jardin exotique?
Pas tout à fait. C’est le même spectacle, mais qui a pas mal évolué. Depuis la première fois que je l’ai joué au théâtre des Variétés, il évolue. À Avignon, je l’ai confronté à un public différent, donc il a encore évolué. Je pense que 40 % du spectacle a changé.

Vous avez un nouveau spectacle en préparation?
Bien sûr! Je n’arrête jamais d’écrire. J’écris beaucoup sur l’hôpital. C’est une source d’inspiration incroyable. Ce qui s’y passe est un peu particulier. Les gens ne voient que la souffrance, la douleur, les événements difficiles de la vie. Mais il y a beaucoup d’autres choses. Beaucoup de belles choses. Et puis, comme c’est une très grosse structure, c’est une microsociété: tous les rapports humains sont présents. Ça permet de repérer des choses, et de les extrapoler. Mais sans jamais me moquer. J’aime rire avec les gens, pas à leurs dépens.

Vous parlez beaucoup de vous, de vos parents dans votre spectacle. Quel a été leur rôle dans votre carrière d’humoriste?
Ils se sont donné beaucoup de mal. Ils sont arrivés à Monaco et ont fait tout ce qu’ils pouvaient pour qu’on s’en sorte. Mon père avait deux emplois. Aujourd’hui mon frère est médecin, moi je travaille au bloc opératoire. On n’avait pas vraiment le choix : ils voulaient absolument qu’on réussisse [rires]. Ils nous ont toujours dit: « Vous ne faites pas de vagues, vous travaillez dur, et vous vous intégrez. Plus que les autres." Au début je ne comprenais pas. J’ai toujours voulu être humoriste, et ils n’étaient pas d’accord. Ça me révoltait. Mon père me disait de passer mon bac d’abord, puis de faire des études. Et qu’est-ce que je le remercie pour ça! Aujourd’hui, grâce à leur éducation, je n’ai pas besoin de la scène pour vivre. J’ai un travail que je peux exercer partout dans le monde. Et je voulais vraiment leur rendre hommage pour ça.

Comment voient-ils votre succès?
Ils sont fiers. La première fois qu’ils ont vu le spectacle ils n’en revenaient pas. Et pour mon père, voir d’autres gens rire à mes blagues, c’était une forme de réussite. Mais pour lui, je ne suis encore qu’un infirmier anesthésiste qui fait de l’humour. Je ne serai un vrai humoriste que quand j’aurai fait le "Marrakech du rire". Et je n’en suis pas encore là!

Ici, vous rencontrez un vrai succès. Qu’est-ce que ça fait de se voir sur les affiches en ville?
J’en suis très fier. C’est la première fois que ça m’arrive. Tout ça, c’est grâce à une rencontre. Il se trouve que j’étais à la fac avec la directrice du Jardin exotique. Un jour elle m’a vu au théâtre des Oiseaux à Nice, et elle m’a dit que ça l’intéressait. On est resté en contact et elle m’a proposé de jouer ici. Et c’est incroyable : tout s’est vendu en quelques jours, c’est complet ! Ça me rassure pour la suite ! Parce que je suis programmé aux Sérénissimes de l’humour, le 19 mars. C’est une salle de 800 personnes. Et là, je vais mettre les petits plats dans les grands, il y aura plein de surprises. Être en tête d’affiche avec des gens dont je suis fan, c’est juste incroyable. Je vais tout faire pour que ça se passe bien. J’espère que le public sera au rendez-vous.


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