"Certains jurés sont pointus sur la diction": l'acteur Alexandre Pesle présidera le "Tremplin de l'humour" ce vendredi soir, à Menton

On le connaît pour son rôle de Sylvain Muller dans Caméra Café, série culte des années 2000. Le comédien présidera le 1er tremplin de l’humour de la Riviera, ce vendredi soir, à Menton.

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Célia Malleck Publié le 31/03/2022 à 14:59, mis à jour le 31/03/2022 à 19:51
"C’est toujours vachement délicat de départager les gens, de dire pourquoi on en choisit un et pas un autre", avoue le comédien. Photo Laura Cortès

Sa carrière ne se résume pas à Camera Café. À 58 ans, Alexandre Pesle peut se vanter d’avoir écrit pour l’émission Les Nuls, Groland, H ou encore Arthur. Et de naviguer aussi bien entre les planches de théâtres, qu’entre le petit et grand écran.

Humoriste, comédien, animateur, couteau suisse, Alexandre Pesle a été choisi pour présider le premier tremplin de l’humour de la Riviera, ce vendredi, 20 heures, à Menton. Une soirée qu’il espère "palpitante".

Quels sont vos liens avec la cité du citron?
J’en ai peu et beaucoup. J’ai beaucoup joué dans la région, j’ai passé des vacances à Monaco. Je me souviens avoir croisé Ringo Starr [le batteur des Beatles, ndlr] au Carrefour. Et j’ai plein de potes qui habitent Menton et que je salue, en passant.

Certains seront au tremplin?
Il y aura Jacques Emmanuel Astor, qui fait partie du jury.

Comment avez-vous atterri au tremplin?
Stéphanie Audegon [de l’association Monte Carlo Stand-up & Comedy] est venue voir le Pesletâcle. La metteuse en scène, Caroline Mansard, est son amie d’enfance. Et comme elle a aimé le spectacle, elle m’a proposé de présider le tremplin de l’humour de Menton.

 

"Il y a souvent des batailles entre les jurés"

Vous en aviez déjà fait?
Oui, j’ai été parrain et président. Et je l’ai fait par pure amitié. C’est toujours vachement délicat de départager les gens, de dire pourquoi on en choisit un et pas un autre. Mais le critère est simple: à l’instant T, on voit si une prestation ressort ou pas. Il y a souvent des batailles entre les jurés, certains sont pointus sur la diction. Je m’en fous de ça, pour moi, ce qui compte, c’est l’univers.

Qu’attendez-vous des humoristes?
Il y a une concentration de stand-uppers qui racontent leur vie. Ce qu’on attend d’eux c’est de l’originalité et du professionnalisme. Même si tout n’est pas parfait, il faut qu’on sente leur potentiel, leur travail, leur personnalité et leur sincérité. J’espère que la soirée sera palpitante et que les jeunes apporteront un souffle.

À votre avis, pourquoi le stand-up cartonne?
Parce qu’il y a 3 millions de chômeurs. Il y a des gens à qui on ne propose rien et qui ont des choses à dire sur la société. Les jeunes pensent qu’avec un jean troué et leur basket ils vont révolutionner le rire parce qu’ils font marrer leurs copains. Il y a un peu de désespérance sociale et d’inconscience. Et il faut aimer la scène. C’est une drogue dure et douce. Il y a quelque chose de passionnel qui fout la trouille et apporte de la joie.

"Je suis très admiratif,
surtout des jeunes qui se lancent
là-dedans"

 

Quoi d’autre?
C’est aussi beaucoup plus facile aujourd’hui. L’outil numérique facilite les choses. On peut enregistrer ses spectacles au téléphone pour les retravailler ensuite. Il y a aussi plus de scènes. Toutes les villes, quasiment, ont leur comedy club. Et puis, on vit dans une société égocentrique. Instagram nous le rappelle bien. Tout le monde a envie de raconter sa vie et d’essayer de se valoriser.

On dit souvent qu’il faut aller à Paris pour percer. Mythe ou réalité?
C’est sûr qu’il faut se frotter à la capitale, surtout dans l’univers du stand-up. C’est là qu’il y a les plus grosses productions, qu’on peut avoir ses chances d’être repéré et qu’on peut, surtout, réseauter. Il faut une dose de ténacité et de courage. Je suis très admiratif, surtout des jeunes qui se lancent là-dedans.

Le confinement a été très difficile pour vous, personnellement et professionnellement. Comment allez-vous aujourd’hui?
C’est gentil de demander. Je vais bien : je n’arrête pas de travailler. C’était difficile au deuxième confinement. J’avais eu quatre standing-ovations sur les dernières représentations. Quand tout s’arrête, c’est très difficile. J’étais triste. On s’est enfoncé dans l’hiver et la nuit. J’avais perdu la substantifique moelle qui me rend heureux.

"Aujourd’hui,
la dépression est derrière moi"

Comment l’avez-vous surmonté?
J’en ai parlé autour de moi, en toute humilité. Beaucoup de personnes vivaient la même chose mais n’en parlaient pas. Il y avait une omerta qu’il n’avait pas lieu d’être. Ça m’a fait du bien. J’avais le sentiment de ne pas être tout seul. Aujourd’hui, la dépression est derrière moi.

Que jouez-vous en ce moment?
On tourne avec la pièce le Pesletâcle. On sera à la Comédie de Nice le 17 juin, on a une date à Montpellier et on participera aussi au festival d’Avignon cet été. On joue aussi Le Switch ! avec Capucine Anav, Emmanuelle Boidron.

Et Caméra Café?
On a tourné l’épisode des 20 ans après il y a deux, trois semaines. C’était très émouvant et drôle. L’esprit est très rock’n’roll dans une époque très formatée. Il y a de la provocation et de la fraîcheur. On était tous très heureux de se retrouver, de se marrer. C’était gai et un bonheur de tous se retrouver dans cette période chargée, où le spectacle vivant est chahuté, où on vit au gré des annonces du Covid et de la guerre en Ukraine.

Ce qu’il faut savoir sur le tremplin de l’humour de la Riviera

C’est la première fois que la Ville de Menton organise un tremplin de l’humour pour les amateurs ou semi-amateurs. Sur les 200 candidats venus de France, dix ont été sélectionnés pour animer le festival organisé en partenariat avec le Monte-Carlo Stand up & Comedy Festival, le Spotlight de Lille, Grosse prod’, Directo Production et l’association des humoristes de Cannes.

Il s’agit d’Angie Degrolard, Pascal Jaubert, Thomas Santarelli, Pierre Vitor, Victor Ghesquiere, Ike Mandeng, Pablo Caillault, Yoan Lesavre, Niko et Mouataz.
Le spectacle est prévu ce vendredi à 20 heures au théâtre Francis-Palmero, au palais de l’Europe. Le tarif normal est de 15 euros.

Au terme de cette soirée, un gagnant sera désigné. Il recevra un chèque de 500 euros, une place pour se produire au comedy club Le Spotlight de Lille et sera qualifié pour participer à la finale des Plages du rire 2022 à Nice.

Renseignement au 04.83.93.70.20 et réservations au 04.83.93.70.32. Les places sont également disponibles à l’office du tourisme Menton, Riviera et Merveilles (8, avenue Boyer).

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