Pionnier de l’agriculture biologique, Jean Federzoni nous a quittés

Le départ d’un visionnaire. Pionnier de l’agriculture bio, dès les années 70, fondateur de NaturDis, Jean Federzoni s’en est allé, lundi 2 janvier.

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La rédaction Publié le 05/01/2023 à 10:45, mis à jour le 05/01/2023 à 10:06
Photo DR

Un décès qui a provoqué une onde de choc dans le pays grassois – et bien au-delà. Et fait l’effet "d’une bombe atomique au sein de l’entreprise", assure son fils, Philippe, président du groupe et de l’enseigne Le Marchand Bio.

C’est dire la place qu’y tenait toujours le patriarche, même s’il avait laissé les rênes depuis des années à ses fils, Philippe et Bernard: "Il était de toutes les aventures, il avait encore un bureau sur place, souligne le premier. Il nous apportait son regard avisé, nous accompagnait, sans jamais rien imposer. Beaucoup de monde, d’ailleurs, lui demandait encore des conseils." Logique, tant Jean Federzoni a fait, durant plus d’un demi-siècle, pour le milieu agricole. Et pourtant…

Destiné au métier de… frigoriste

Né le 26 mai 1936 au Cannet, il décroche le Bac au lycée Jules-Ferry de Cannes. Avant de s’orienter vers la profession de frigoriste, comme son père avant lui. Et puis… "Il a rencontré ma mère, Christiane, issue d’une famille de paysans, reprend Philippe. Il est tombé amoureux d’elle et de la terre avec." Le couple, uni en 1959, s’installe sur le domaine familial, boulevard Marcel-Pagnol, au Plan. Il n’en partira jamais.

Victime d’une intoxication alimentaire due aux pesticides en 1970, Jean Federzoni prend un virage radical: place au bio, du jour au lendemain. En 1983, NaturDis voit le jour. "Il disait souvent: on est constitués de ce que l’on mange. Il voulait faire prendre conscience à tous que l’alimentation est un facteur de bien-être."

"Durant des années, on l’a pris pour un fou"

Un discours qui coule de source aujourd’hui. Mais à l’époque… "Durant des années, on l’a pris pour un fou. On nous disait: vous y croyez, à ce que vous faites? Mais mon père était un homme de conviction, avec de la suite dans les idées." Et, surtout, il avait raison.

Ce caractère, il l’a mis au service de bien des causes. Dans le syndicalisme agricole, puisqu’il fut, dès 1962, président du groupement local. Il fut aussi administrateur au Crédit Agricole aux niveaux locaux, départementaux, régionaux; membre de la Jeune chambre économique, de la chambre d’agriculture, président de la coopérative agricole d’approvisionnement de Grasse (devenu Gamm Vert). Officier du mérite agricole, aussi.

Obsèques ce jour à Saint-Jacques

Et puis, un mari, un père, un grand-père, un ami. Que tous pleurent aujourd’hui. "On reçoit tant de messages, s’émeut Philippe. Il a été un modèle, un guide. Pour nous, bien sûr, mais pour beaucoup d’autres. Quelqu’un de droit, visionnaire, bienveillant, avec la main toujours tendue. C’est quelqu’un qui aimait la nature, mais aussi l’humain. Sa passion, c’était la vie. On ne s’attendait pas à le voir partir. À nous de relever le défi, d’essayer d’être à sa hauteur."

Une messe en l’honneur de Jean Federzoni sera célébrée aujourd’hui à 15 heures en l’église Notre-Dame-des-Chênes, à Saint-Jacques. Elle sera suivie de l’inhumation au cimetière Sainte-Brigitte. À son épouse Christiane, ses fils Philippe et Bernard, sa sœur Paulette, son frère Robert, sa petite-fille Marion, tous ses proches et tous ceux touchés par son décès, Nice-Matin présente ses condoléances attristées.

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