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PHOTOS. De cocasse à surréaliste... 3 clichés de Valéry Giscard d'Estaing pris à Brégançon décryptés par son auteur Félix Golési

Valéry Giscard d'Estaing aimait beaucoup le Fort de Brégançon et plus largement, sa région. Au cours de ses différents séjours, il a côtoyé Félix Golési, un ancien photographe de Nice-Matin. Ce dernier se souvient de trois clichés marquants, qu'il a pris durant les différents séjours de l'ancien chef de l'Etat dans le Var.

Amandine Rebourg Publié le 03/12/2020 à 15:56, mis à jour le 03/12/2020 à 16:16
Photo prise le 27 octobre 1978 au Fort de Brégançon. Félix Golesi/NICE MATIN

Félix Golesi est un ancien journaliste et chef du service photos de Nice-Matin, entre 1972 et 2002. Il a couvert les séjours varois de huit présidents: de De Gaulle à Macron, leurs séjours au Fort de Brégançon n'ont guère de secrets pour lui. 

Au lendemain de la disparition de Valéry Giscard d'Estaing, il a accepté de revenir sur quelques clichés  de l'ancien chef de l'Etat, pris durant sa carrière dans notre quotidien. 

Un président conscient de l'importance de la communication 

"Giscard est le premier Président ayant ouvert les portes du Fort Brégançon", explique Félix Golési. La marche à suivre était simple: "on envoyait une lettre et il nous recevait", dit-il. Et d'analyser la chose ainsi: "il a rapidement pris conscience de l'importance de la communication et il faisait très attention à son image". Un président avant-gardiste sur ce sujet? Possible à en croire le photographe. "Il travaillait beaucoup son image et faisait très attention à l'image qu'il pouvait donner et prévoyait déjà la réélection de 1981", selon lui. "Il ne voulait pas de contre-plongée, on ne devait pas être en hauteur, il voulait que l'on soit au même niveau. Il faisait extrêmement attention à tout cela", raconte le photographe. 

Giscard d'Estaing et le Fort de Brégançon 

Un œil sur les clichés et on se rend rapidement compte que l'ancien chef de l'Etat y séjournait régulièrement et qu'il semblait trouver la région à son goût. "Chaque année, il y passait un mois l'été et une semaine à Pâques, explique Golési. Il fréquentait l'église de Bormes-les-Mimosas et allait souvent à la messe le dimanche. Il jouait aussi au tennis mais sortait peu du Fort: il ne se mélangeait pas au public". 

 
Juin 1976. Valéry Giscard d'Estaing, toujours à Brégançon, au volant d'une voiture. FELIX GOLESI/NICEMATIN.

Un cliché qui peut paraître anecdotique: un président au volant de sa voiture. Mais pas tant que cela. "Giscard D'Estaing aimait conduire, alors il prenait souvent le volant de la DS. Il venait de l'aéroport de Hyères où il se posait en avion et conduisait jusqu'au Fort. Là, on voit son épouse et sa fille, Jacinthe, et ils arrivent au portail de Brégançon, de nuit", se souvient Félix Golési.

Le couple profite de ses vacances à Brégançon. Photo datant d'août 1980. Photo Félix Golési.

Le couple Giscard d'Estaing nageant dans la Méditerranée, non loin du Fort. "C'est une photo un peu particulière. Ce jour-là, en août 1980, il nous reçoit à Brégançon et on lui explique qu'on souhaite avoir des photos de lui décontracté. On lui demande des photos de vacances et notamment des photos de lui en train de se baigner. On était dans le grand salon de Brégançon, on se serait cru à l'Elysée. D'un coup, on le voit arriver en maillot de bains, pieds nus. C'était surréaliste. Je n'ai pas pris la photo mais cela aurait fait une photo extraordinaire. On descend les marches jusqu'à la plage privée et son épouse nous rejoint. C'est alors que Giscard nous dit: pas de photo quand je rentre dans l'eau, ni quand j'en sors. Il nous voulait pas que les gens sachent qu'il y avait une plage privée à Brégançon", raconte Félix Golési. 

L'ancien Président aimait tellement le Fort, qu'il le qualifiait de "paradis". Photo Félix Golési.

Sur cette photo, on peut voir le chef de l'Etat d'alors, regarder un match de rugby opposant la France à l'Angleterre. "On avait envoyé la lettre et il nous avait dit de venir à 15 heures pour le match de l'équipe de France de rugby, pour le tournoi des 5 Nations. A l'époque, on faisait des diapositives et je devais envoyer les pellicules à Nice-Matin : le motard m'attendait devant le grille du fort, prêt à partir. Le match commence et je fais des photos. Sur l'écran, un joueur apparait, un toulonnais, demi de mêlée Jérôme Gallion. Je le dis au Président et là il nous demande si on aime le rugby et il nous as dit de rester regarder le match avec lui. On a posé les boitiers et durant une heure et demi, on commentait le match de rugby. C'était cocasse. Et pendant ce temps, le motard attendait les pellicules à la grille", raconte Félix Golési. 

 

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