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Petites et grandes histoires des Annales monégasques

Mis à jour le 13/12/2020 à 13:14 Publié le 13/12/2020 à 13:12
Les façades de la cour d’honneur du Palais princier, restaurées par Ferdinand Wagner à partir de 1860.

Les façades de la cour d’honneur du Palais princier, restaurées par Ferdinand Wagner à partir de 1860. Photo Archives Palais de Monaco

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Petites et grandes histoires des Annales monégasques

Le 44e numéro de la revue publiée par les Archives du Palais de Monaco rassemble des moments de vie de l’histoire du pays et en dévoile quelques personnages méconnus.

Fidèle à la tradition, l’équipe des Archives du Palais princier publie, en cette fin d’année, le 44e numéro des Annales monégasques.

Une revue qui compile cette année sept articles traitant de l’histoire de Monaco à différentes époques. Avec en filigrane, l’évocation, chacun dans leur style et dans leur temps, de la façon dont les princes de Monaco ont affirmé leur souveraineté.

La vue de Monaco gravée de 1695 placée en couverture annonce deux articles maturés à l’histoire de l’art.

Le premier raconte des portraits du prince Honoré III réalisés par Marie-Anne Loir, une femme peintre, redécouverts et conservés dans les collections du Palais.

Un deuxième texte se concentre lui, au regard des travaux de restauration des fresques entrepris dans la cour d’honneur du Palais, sur le travail de Ferdinand Wagner.

Introduit au prince Charles III par son beau-frère, Wagner, dans les années 1860-1870, avec deux autres peintres allemands Johann Froschle et Alois Deschler, restaure et reconstitue une partie des décors très endommagés de la cour, notamment la façade de la chapelle palatine.

"Cette restauration veille à faire retrouver l’aspect Renaissance des premiers décors peints au Palais", souligne le directeur des Archives du Palais princier, Thomas Fouilleron, « c’est aussi un symbole sous le règne de Charles III, d’une période de reconstruction de la souveraineté monégasque ».

Albert Ier et Alice, couple en vogue

Bien sûr, le prince Albert Ier tient un chapitre, comme toujours, dans ce 44e numéro des Annales sous la plume de Jacqueline Carpine-Lancre, évoquant cette fois la genèse de son ouvrage La carrière d’un navigateur.

"On a l’appréhension d’un prince littérateur qui utilise son expérience pour être un écrivain de voyage. Ses proches l’encouragent à se faire publier", continue Thomas Fouilleron. L’ouvrage naît d’abord par des articles publiés dans la Revue des deux mondes. Le souverain aura ensuite l’envie de rassembler ces épisodes de sa vie d’aventurier pour constituer l’ouvrage.

Quelques pages plus loin, un autre texte analyse les correspondances de la princesse Alice. Et ses amitiés littéraires avec Pierre Loti ou Oscar Wilde. Témoignant du goût pour la littérature de la princesse, fidèle des salons parisiens de l’époque.

L’occasion de comprendre que le couple formé par la princesse Alice et le prince Albert Ier, rayonnait sur l’Europe au début du XXe siècle, et a fait de Monaco l’épicentre culturel qu’on connaît aujourd’hui.

Savoir +

Annales Monégasques, numéro 44 édité par les Archives du Palais de Monaco. Contributeurs: Julie Anne Sadie Goode, Bernt von Hagen, Jacqueline Carpine-Lancre, Alain Quella-Villégier, Thomas Blanchy, Claude Passet, César Penzo, Nathalie Ubéda Molines. 344 pages. Prix: 30 euros. Renseignements et consultation en ligne: www.annales-monegasques.mc

Martin Dale en 1960, lors de sa prise de fonctions.
Martin Dale en 1960, lors de sa prise de fonctions. Photo Collection Palais princier de Monaco
Le talentueux Mister Dale

Depuis quelques numéros, les Annales monégasques s’attardent à des pans d’existence de la vie du prince Rainier III.

Cette année, c’est à un conseiller du souverain dans les années soixante, Martin Dale, que Nathalie Ubeda Molines consacre un article. Ce jeune diplomate américain, ex-consul de son pays à Nice, est nommé à 28 ans, en 1960, conseiller privé du prince Rainier III pour l’économie.

Sa feuille de route: accompagner le développement économique du pays. Ce jeune loup imagine alors faire de la Principauté un pôle financier international fiscalement intéressant et mobilise ses réseaux outre-Atlantique.

Il imagine un Palais des congrès parmi les plus vastes et modernes d’Europe pour 1966, un hôtel de luxe au Larvotto, approche Sheraton ou Pan American. L’ambition est aussi présente d’accueillir une grande industrie cinématographique sur le terrain plein de Fontvieille.

Si les Monégasques le surnomment avec ironie "le boy-scout", ce diplômé de Princeton impulse la création du Monaco Economic Development Corporation, qui propose de la documentation et aide à l’installation des entreprises sur le sol monégasque.

"Celui par qui la crise arrive"

Une quinzaine d’entreprises américaines semblent intéressées. Une façon d’accomplir la volonté fixée par le souverain. Martin Dale avait été aussi choisi pour que la jeune princesse Grace, qui parle encore mal français, puisse côtoyer des compatriotes de sa génération. L’épouse de Martin Dale, Joan, devient proche, à cette époque, de la princesse.

Le parcours de Dale est vu d’un mauvais œil de l’autre côté de la frontière. Il est accusé de favoriser les intérêts américains au détriment de la France.

"C’est un peu celui par qui la crise franco-monégasque du début des années soixante est arrivée", détaille Thomas Fouilleron, "le général De Gaulle avait vu rouge que le prince Rainier III ait comme conseiller spécial un ancien diplomate américain". Le président français refuse même d’être présenté au conseiller du prince lors de sa visite officielle en Principauté le 23 octobre 1960.

Finalement les intérêts franco-monégasques seront confortés. Après la signature de l’accord de 1964, Martin Dale accepte un poste pour développer le port de Freetown aux Bahamas. L’année suivante, le prince Rainier le nommera consul honoraire de Monaco aux Bahamas.

L’escale impossible de la reine Christine de Suède en 1656

Comme à son habitude, la parution annuelle des Archives du Palais princier est influencée par l’actualité et les commémorations en cours. C’est le cas dans ce 44e numéro avec la nomination en mars dernier d’un nouvel archevêque.

L’occasion d’évoquer les armoiries des évêques et archevêques de la Principauté. Ces blasons instaurés au Moyen Âge servaient à être le reflet de la personnalité des ecclésiastiques.

"C’est un sujet qui peut paraître marginal, suranné, mais qui est très d’actualité dans la société actuelle de communication", assure Thomas Fouilleron. L’article évoque notamment le premier évêque de Monaco, en 1887, Mgr Theuret, qui avait apposé son blason sur nombre d’objets dans la cathédrale et dont le portrait surmonté de ses armoiries est conservé dans les archives du NMNM.

La peste sévit en Italie

Autre évocation de l’actualité, le récit d’un épisode de l’histoire nationale. En 1656, la reine Christine de Suède qui voyage depuis Rome veut faire escale en Principauté, alors que la peste sévit en Italie. Les précautions sanitaires de l’époque amènent le prince Honoré II a ce que cette visite ne soit qu’un passage en mer de la souveraine.

Écho à l’année 2020? "J’ai écrit cet article lors du confinement au printemps, en consultant la correspondance de l’époque et en m’intéressant particulièrement aux précautions prises et aux enjeux diplomatiques. Le prince Honoré II avait été très prudent, d’autant que la reine Christine pouvait passer pour un soutien de l’Espagne. Il avait sollicité le roi de France sur l’éventualité de l’accueillir".

La visite n’aura finalement jamais lieu. S’il a le feu vert politique de Paris, le prince Honoré II impose la quarantaine comme condition de l’escale de la souveraine. Finalement, les galères de la reine ne feront qu’un arrêt au large de la Principauté.

Thomas Fouilleron présentant le 44e numéro des Annales Monégasques, accompagné cette année d’un enregistrement d’œuvres du XVIIIe siècle de compositeurs au service à l’époque des princes de Monaco.
Thomas Fouilleron présentant le 44e numéro des Annales Monégasques, accompagné cette année d’un enregistrement d’œuvres du XVIIIe siècle de compositeurs au service à l’époque des princes de Monaco. Photo Geoffroy Mouflet / Archives du Palais

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