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L'Homme de Grimaldi, type d'Homo sapiens fossile découvert en 1901 près de Menton

L’Homme de Grimaldi est le nom donné à un type d’Homo sapiens fossile découvert par le chanoine de Villeneuve, le 3 juin 1901, dans la grotte des enfants sur le site de Balzi Rossi près de Menton.

Nelly Nussbaum Publié le 04/06/2022 à 14:00, mis à jour le 04/06/2022 à 13:32
La grotte de Balzi Rossi où ont été retrouvés les squelettes. Photo DR

À la frontière, près de Menton, se trouve le site préhistorique nommé les Baoussé Rossé ou Balzi Rossi (la falaise rouge) ou encore grottes de Grimaldi.

Il est constitué d’une série de grottes et d’abris-sous-roche dont les plus connues sont la grotte du prince, la barma grande et, surtout, la grotte des enfants où, le 3 juin 1901, l’abbé de Villeneuve a découvert ses fameux squelettes que l’anthropologue René Verneau (1852-1938) baptisa l’Homme de Grimaldi.

Deux squelettes enlacés

Entre 1873 et 1901, dix-sept squelettes ornés de parures de coquillage, de canines de cerf ou de vertèbres de poisson, et souvent saupoudrés d’ocre rouge sont découverts sur le site.

 

Treize d’entre eux, caractérisés par leur grande taille, semblent être des adultes alors que les deux autres sont sans doute des enfants.

Ils ont été découverts dans ce qui a été naturellement baptisé la grotte des enfants. Ils étaient ornés de ceintures en coquille d’escargot et entourés de nombreux artefacts, outils en pierre et figurines de Vénus.

Au tournant du XXe siècle, le prince-savant, Albert Ier de Monaco charge Léonce de Villeneuve (1858-1946), chanoine de Monaco, archéologue et paléontologue, d’entreprendre de nouvelles fouilles. Le 3 juin 1901, il fait une découverte qui va chambouler les théories existantes sur l’origine des individus ensevelis sur le site.

Les squelettes retrouvés qui paraissent entrelacés sont ceux d’une femme d’une cinquantaine d’années couchée face contre terre et d’un adolescent de 15/17 ans, couché sur le dos. Le crâne édenté de la femme est quelque peu déformé.

Les squelettes sont aujourd’hui exposés au Musée d’anthropologie préhistorique de Monaco. Photo Musée d’anthropologie préhistorique de Monaco.

"Les squelettes étaient remarquablement en bon état (bien que le poids de quelque huit mètres de sédiments ait écrasé les crânes), en particulier celui de la femme" a écrit de Villeneuve.

Pourtant, le chanoine aurait été frappé par le prognathisme (saillie en avant des os maxillaires) des crânes. "Une telle observation aurait pu être provisoire, reprend-il. Mais après études, il peut être établi que la femme avait un état d’orthodontie qui a induit son prognathisme."

 

L’examen de la sépulture semble montrer qu’à l’origine se trouvait d’abord le corps de l’adolescent couché sur le dos et que, dans un second temps, fut disposé celui de la femme.

Une pointe de silex fichée dans la colonne vertébrale de l’enfant atteste de la violence dans les sociétés préhistoriques. Ce sont ces découvertes qui ont donné l’appellation Homme de Grimaldi, en l’honneur du prince.

Une recherche en datation

À l’époque, les techniques de datation étant limitées, on pensait que le peuple Grimaldi appartenait à la fin du paléolithique. Mais, grâce à une faune tropicale trouvée sous les squelettes, soit des restes de rhinocéros de Merck, d’hippopotame et d’éléphant à défenses droites, connus depuis des temps plus anciens, une déduction de l’âge réel a pu être faite et situe ces individus dans la période humide entre 50.000 à 30.000 ans avant notre ère, soit l’époque aurignacienne inférieure (datation archéologique du paléolithique supérieur associé au début de l’homme moderne).

On note d’ailleurs auprès de ces restes, un outillage que les prédécesseurs de Grimaldi ne connaissaient pas. Bien que les squelettes Grimaldi soient très différents de ceux qui avaient été déterrés depuis le début des fouilles, tous sont les premiers représentants de la population Cro-Magnon qui a occupé longtemps la provence littorale. La découverte du chanoine de Villeneuve est exposée au Musée d’anthropologie préhistorique de Monaco.

Différentes théories sur les origines

Contrairement aux robustes Néandertaliens, les Grimaldi étaient minces et graciles, encore plus que les Cro-Magnon également retrouvés dans des grottes azuréennes.

Le peuple baptisé Grimaldi était petit. Alors qu’un Cro-Magnon adulte mesurait généralement plus de 170cm (les grands mâles pouvaient atteindre 190cm), les deux squelettes Grimaldi ne mesuraient pas plus de 160cm. Le garçon étant le plus petit, à seulement 155cm.

Au fil du temps, du fait du prognathisme de la vieille femme, de nombreuses suppositions sont nées. D’après des observations physiques, l’anthropologue sénégalais Cheikh Anta Diop, spécialiste de l’anthropologie africaine, a vu dans ces fossiles la preuve d’une migration africaine.

Mais, pour le paléontologue et paléoanthropologue français Yves Coppens, l’Homme de Grimaldi fait partie d’un ensemble d’Homo sapiens fossiles comprenant Cro-Magnon, Chancelade, ou encore l’homme de Brno, ce qui démontre leur appartenance à une population commune.

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