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Le saviez-vous? En plus d'être écrivain, Prosper Mérimée était peintre... à Cannes

Mis à jour le 17/04/2021 à 14:14 Publié le 17/04/2021 à 15:00
Le Suquet par Prosper Mérimée. Gouache. 35,5 com x 44cm.
(Photo Musée d’Art et d’histoire de Provence)
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Le saviez-vous? En plus d'être écrivain, Prosper Mérimée était peintre... à Cannes

On le connaissait écrivain. Mais cet écrivain avait aussi un violon d’Ingres. Et ce "violon" était… la peinture. C’est ce que nous allons découvrir…

Il devait avoir curieuse allure, ce vieil homme coiffé d’un chapeau de paille qui parcourait les pinèdes des environs de Cannes, suivi par ses deux dames de compagnie portant l’une son carquois, l’autre son matériel à peinture.

Ce vieil homme était Prosper Mérimée, le haut fonctionnaire du Second Empire, membre de l’Académie Française, inspecteur des Monuments historiques nouvellement créés.

Ses deux dames de compagnie étaient des sœurs anglaises, Frances Lagden et Emma Evers, qu’il avait connues lorsqu’elles étaient élèves de sa mère en dessin. Elles le suivirent tout au long de sa vie.

Le carquois permettait à Mérimée de se livrer à une distraction inattendue: tirer à l’arc sur des… pommes de pin!

Avec son matériel à dessin, il s’adonnait à une passion plus sérieuse, quoique pratiquée en amateur: la peinture. Il croquait ainsi les paysages cannois.

Cannes était la ville d’élection de ce célibataire endurci. Il l’avait connue lors d’une première tournée d’inspection pour les Monuments historiques en 1834. En 1858, il y séjourna pour soigner ses poumons. Il décida alors d’y passer tous ses hivers – ce qu’il fit jusqu’à sa mort en 1870.

Il logea d’abord à l’Hôtel de la Poste puis au premier étage de la maison Sicard (aujourd’hui 3, square Mérimée) où il vécut avec ses deux dames de compagnie.

Partageant son temps entre Paris et Cannes, il fréquentait la haute société. À Cannes, il rencontrait les princes russes et les aristocrates anglais – dont ce fin lettré de Lord Brougham. Il recevait les visites depuis Paris de Thiers, Arago ou Viollet-Leduc.

Lumière douce du matin

Il a peint ce tableau du Suquet à Cannes, à une époque où la colline était encore verte, peu habitée et que seule, au sommet, trônaient l’église et son donjon. La vue offre un panorama jusqu’aux îles de Lérins au lointain.

Ce tableau est conservé au Musée d’art et d’histoire de Provence à Grasse. "Mérimée capture dans cette œuvre un instant privilégié d’un début de matinée où la lumière douce d’un soleil léger baigne la colline du Suquet, commente Grégory Couderc, responsable scientifique attaché de conservation au Musée de Grasse. Une attention particulière est donnée à l’étude du ciel qui compose près de la moitié de l’œuvre."

C’est un précieux témoignage de l’époque et du personnage.

Lui-même, en tant que peintre, ne se prenait pas au sérieux. Témoin cette lettre envoyée de Cannes le 5 février 1859 à une certaine Mme de la Rochejaquelein, citée par Jean-Paul Potron, dans ses Paysages de Cannes (aux éditions Giletta).

"Je fais beaucoup de mauvais lavis, et je rapporterai une formidable collection de souvenirs de Cannes. Si vous voulez me le permettre, je vous enverrai à mon retour mon portefeuille et vous ferez votre choix, ou vous me direz quel dessin je dois finir pour le rendre moins indigne de vous, car ce ne sont que des pochades faites pendant mes longues excursions."

Mérimée avait sur ses propres œuvres le regard intransigeant de l’inspecteur des Monuments historiques!

Offre numérique MM+

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