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Le lycée Albert-Ier de Monaco a 150 ans: on vous raconte son histoire

Mis à jour le 24/05/2020 à 11:42 Publié le 24/05/2020 à 11:21
 Le collège de Monaco devient lycée Albert-Ier en 1910.

Le collège de Monaco devient lycée Albert-Ier en 1910. Jean-François Ottonello

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Le lycée Albert-Ier de Monaco a 150 ans: on vous raconte son histoire

Le 31 mai 1870, le prince Charles III créait sur le Rocher le collège de Monaco. Cet établissement deviendra l’actuel lycée Albert-Ier.

C’est l’époque où il fallait sauver la situation économique de Monaco. Tout semblait s’effondrer. Menton et Roquebrune se séparaient de la Principauté. Arrivant au pouvoir, Charles III décide d’attirer les fortunes d’Europe, crée le quartier de Monte-Carlo, la Société des Bains de Mer, fait arriver le train, construit le casino, l’Hôtel de Paris, l’opéra mais aussi la cathédrale.

Il fonde aussi quelque chose qui, aux yeux de l’histoire, est passé plus inaperçu, concernant davantage ses sujets que la clientèle internationale : le premier collège de Monaco, l’ancêtre de l’actuel lycée Albert-Ier - à ne pas confondre avec le collège Charles III qui, lui, a été créé en 1989.

Uniforme et punitions corporelles

On est en mai 1870, il y a exactement cent cinquante ans. La décision est annoncée le 31 mai dans le Journal de Monaco, le Journal officiel de l’époque.

Monaco possède alors deux écoles primaires confiées à des religieux, une pour garçons, une pour filles (1). On s’y rendait en uniforme. Les élèves y étaient placés en rang en fonction des notes obtenues à leurs devoirs. On y étudiait l’écriture, l’orthographe, l’histoire sainte, le calcul, les poids et mesures. La discipline était stricte, les punitions corporelles admises jusqu’en 1815 (lire ci-dessous).

Charles III recrute le personnel du nouveau collège chez les pères jésuites. Car jusqu’à Albert Ier en 1910, l’enseignement est religieux.

Commentaire du Journal de Monaco: "Nul n'ignore que les Jésuites possèdent à un très haut degré ces qualités si nécessaires à l'éducation : direction paternelle et instruction solide. Ils ont une grande expérience dans l'art de conduire la jeunesse, et leur force consiste dans l'harmonie de vues existant entre supérieurs et inférieurs."

L’ouverture du collège pourra se faire dès la rentrée d’octobre car le bâtiment existe déjà. C’est l’ancien couvent de la Visitation.

Ce couvent, dont l’actuelle chapelle de la Visitation est un témoignage, avait été créé au milieu du XVIIe siècle pour les jeunes filles de bonne famille par la princesse Charlotte de Gramont, épouse du prince Louis Ier. Agissant ainsi, la princesse voulait peut-être retrouver une caution morale après avoir trompé son mari en devenant la maîtresse… du roi de France Louis XIV en personne !

"Nouvelle source de prospérité"

Pendant la Révolution, le bâtiment est transformé en caserne.

Le collège sera ensuite ouvert aux élèves étrangers. Le prince Charles III y voit des avantages économiques: "Notre Principauté étant habitée par des familles appartenant à la haute aristocratie de tous les pays, cet établissement verra des élèves de toutes les nations venir lui demander non seulement une instruction de premier ordre mais encore les bienfaits du séjour sous un ciel clément. La présence d'élèves étrangers amenant forcément celle des parents, il en résultera une nouvelle source de prospérité pour la Principauté. Combien de pères de famille ne passent pas l'hiver dans la Principauté, parce qu’ils ne peuvent faire donner une instruction élevée à leurs enfants. Ils s'y installeront lorsque le collège fonctionnera."

Les Jésuites assurent leur enseignement jusqu’au début du XXe siècle.

Et le collège devint lycée Albert-Ier

En 1910, Albert Ier transforme l’établissement en lycée public. C’est l’actuel lycée Albert-Ier.

Son histoire remonte à 1870 avec ce souhait exprimé sur un ton on ne peut plus déférent dans le Journal de Monaco du 31 mai: "Espérons que ce nouveau collège établira un nouveau lien d'attachement entre une population fidèle et le Souverain dont tous les actes sont des bienfaits."

Au cours de l’année 1864, le Comité d’instruction publique constate "avec regrets" la malpropreté des mains et du visage des élèves à l’école primaire de garçons de Monaco. "Malgré les recommandations pressantes de l’enseignant et même du maire adressées aux enfants et aux parents, aucun changement n’a pu être enregistré de façon satisfaisante", est-il constaté (1).

Aussi, le Comité va-t-il décider "d’établir dans la classe même (comme cela existe déjà à l’école des filles) une fontaine avec des éponges pour que les enfants malpropres puissent procéder à une toilette élémentaire. Il y est recommandé de se laver les mains toutes les heures entre les cours". Déjà!

On ne badine pas avec la discipline à Monaco au milieu du XIXe siècle. Ainsi en 1858, l’instituteur l’abbé Dufan, qui manie le fouet aussi bien que la grammaire, a appris que l’élève Sébastien Gioan a été vu le dimanche après l’office, jouant du violoncelle au "Bal du moulin". Il menace les parents de mettre leur fils à la porte s’ils ne renoncent pas à lui "faire faire de la musique" dans un bal public.

Devant le refus d’obtempérer, l’élève subit des châtiments corporels et est renvoyé par l’instituteur.

Les parents font appel auprès du Comité d’instruction. Après enquête, celui-ci décide de réintégrer l’élève, ayant appris qu’il se rendait au Moulin pour ramener de l’argent à sa famille. L’abbé Dufan accepta le verdict.

Le prince Charles III a créé le lycée, appelé "collège" à l’époque, en mai 1870.
Le prince Charles III a créé le lycée, appelé "collège" à l’époque, en mai 1870. DR

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